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Le 16 avril 2026, Emmanuel Macron a réuni par vidéoconférence les dirigeants de plusieurs États membres de l’Union européenne pour coordonner une réponse législative commune face à l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Ursula von der Leyen, Giorgia Meloni, Pedro Sánchez, Friedrich Merz, Micheál Martin et Kyriákos Mitsotákis ont participé à cette réunion organisée depuis la Cité internationale de la langue française, à Villers-Cotterêts. La présence du chancelier allemand a été particulièrement remarquée : Berlin avait, jusqu’ici, affiché des réserves constantes sur ce dossier.
L’objectif fixé par l’Élysée était d’établir « une coalition pour que se génère une majorité qui permette d’avancer dans cette direction ».
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Pourquoi l’interdiction plutôt que le contrôle parental
Macron a ouvert la séance en rejetant les dispositifs de contrôle parental au profit d’une interdiction directe. L’argument avancé tient à leur inefficacité documentée auprès des familles les moins à l’aise avec le numérique. « Pour les familles qui ont moins de ressources pour se repérer dans l’environnement numérique, cela ne fonctionne pas », a-t-il déclaré.
La France a traduit ce diagnostic en législation. Une loi fixe l’accès aux réseaux sociaux à 15 ans minimum. Les téléphones mobiles seront interdits dans les établissements scolaires français dès septembre prochain. Macron a également proposé, lors de cette réunion, l’instauration d’un « jour sans connexion » mensuel pour les jeunes.
La responsabilité de la vérification d’âge doit incomber aux plateformes elles-mêmes, a-t-il précisé, sans détailler les mécanismes de contrainte envisagés.
Von der Leyen a annoncé que la Commission européenne dispose d’une application techniquement opérationnelle pour vérifier l’âge des utilisateurs sur les plateformes numériques. Les États membres peuvent l’intégrer dès maintenant dans leur portefeuille numérique national. La France, le Danemark, la Grèce, l’Italie, l’Espagne, Chypre et l’Irlande ont indiqué leur intention de le faire. « J’espère que davantage d’États membres et le secteur privé le feront, afin que chaque citoyen puisse utiliser prochainement cette application », a-t-elle déclaré.
Une douzaine d’États engagés, une vingtaine favorables
La coalition comptait six membres à son lancement. Selon Macron, une douzaine d’États ont désormais engagé ou finalisé des processus législatifs nationaux pour fixer un âge de majorité numérique. Une vingtaine d’autres examinent la question ou ont exprimé une opinion favorable. Sánchez a annoncé en février 2026 son intention d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Lors de la réunion, il a cité les études médicales et académiques sur les risques liés à l’exposition des mineurs aux plateformes numériques : polarisation, exploitation de l’image, contenus illicites, consommation addictive.
Le DSA, la loi européenne sur les services numériques, ne fixe pas d’âge minimal pour l’accès aux réseaux sociaux. Il laisse cette décision aux États membres au titre du principe de subsidiarité. La France a retenu 15 ans, l’Espagne 16, l’Autriche 14. L’Élysée table sur une convergence de fait autour de 15 ans pour la majorité des pays. Les pays qui choisissent un seuil plus élevé ne compromettent pas l’élargissement de la coalition, selon les mêmes sources. Le cap politique est posé. C’est l’arithmétique des âges qui reste à trancher.


