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À Milan-Cortina, tous les champions olympiques ne seront pas récompensés de la même manière. D’un pays à l’autre, la valeur d’une médaille varie fortement. La France verse jusqu’à 80 000 euros pour une médaille d’or, tandis que d’autres nations offrent bien plus, ou rien du tout. Au-delà des primes officielles, fiscalité, sponsoring et exposition médiatique influencent fortement les revenus réels des athlètes.
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Les montants des primes accordées aux médaillés varient du simple au triple selon les pays. En France, les athlètes qui monteront sur le podium en 2026 recevront 80 000 euros pour l’or, 40 000 pour l’argent et 20 000 pour le bronze. En Italie, pays hôte des Jeux d’hiver, les montants annoncés s’élèvent à 180 000 euros pour une médaille d’or, 90 000 pour l’argent et 60 000 pour le bronze. À l’inverse, la Norvège et la Suède ne versent aucune prime publique directe à leurs médaillés.
La France se situe dans la moyenne haute des pays européens, sans atteindre les niveaux proposés par certains États d’Europe centrale. En Hongrie, une médaille d’or rapportait environ 140 000 euros en 2024, et jusqu’à 80 000 euros pour le bronze. En Pologne, les récompenses tournent autour de 170 000 euros pour l’or, bien qu’elles ne soient pas toujours officialisées. À l’échelle mondiale, des territoires comme Singapour ou Hong Kong vont encore plus loin, avec des primes dépassant les 600 000 euros.
Les primes françaises en hausse pour les Jeux d’hiver
Les montants annoncés pour Milan-Cortina reconduisent le barème déjà appliqué aux Jeux de Paris 2024. Il s’agit des primes les plus élevées jamais accordées par l’État français pour des Jeux d’hiver. Cette évolution marque une nette rupture avec les montants précédents, comme à Tokyo, où les médailles rapportaient 65 000 euros pour l’or, 25 000 pour l’argent et 15 000 pour le bronze.
Ces primes sont cumulables : un athlète multi-médaillé pourra additionner les récompenses pour chaque podium. Un triple champion français pourrait ainsi percevoir jusqu’à 240 000 euros bruts. Ces sommes sont financées sur les crédits publics dédiés à la mission « Sport », comme l’a confirmé le ministère chargé du dossier.
Des revenus imposables depuis 2021
Depuis les Jeux de Tokyo, les primes versées aux médaillés français sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles s’ajoutent au revenu global de l’athlète, avec un abattement forfaitaire de 10 %. Le fisc les considère comme des revenus exceptionnels, ce qui permet de les étaler sur plusieurs années pour limiter les effets de seuils fiscaux. Le gain net dépend donc à la fois du montant brut et du taux marginal d’imposition de l’athlète.
Cette évolution fiscale continue de faire débat. Plusieurs élus ont réclamé un retour à l’exonération, estimant que les médaillés rendent un service à la nation comparable à celui de certaines fonctions publiques. Les tentatives de modifier la loi sont restées sans effet jusqu’à présent.
Pourquoi certains pays ne versent rien
Le choix de ne pas verser de prime directe, comme en Norvège ou en Suède, repose sur un modèle de soutien structurel aux sportifs. En Norvège, les médaillés bénéficient de bourses, d’aides institutionnelles et de programmes fédéraux à long terme. L’Allemagne suit une logique proche, avec des primes plus modestes (30 000 euros pour l’or), mais exonérées d’impôts. Le Royaume-Uni privilégie également un financement centralisé via UK Sport et la loterie nationale, sans distribution directe aux médaillés.
Ces approches contrastent avec celles des pays qui cherchent à renforcer l’incitation individuelle par des montants élevés. En Italie, les primes sont annoncées comme défiscalisées, ce qui augmente leur attractivité.
Le vrai revenu d’un champion dépend des revenus privés
Les primes publiques ne sont qu’un élément du revenu total d’un médaillé olympique. Les contrats de sponsoring, les bonus liés aux équipementiers ou aux clubs, ainsi que les partenariats privés, peuvent peser lourd dans le bilan économique d’un athlète. Les champions les plus exposés médiatiquement, ou issus de disciplines populaires comme le biathlon ou le ski alpin, disposent d’une capacité de valorisation bien supérieure aux athlètes moins médiatisés.
Dans certains pays, les fédérations reçoivent elles aussi des primes ou des moyens supplémentaires selon le nombre de podiums obtenus, ce qui peut rejaillir sur l’encadrement des sportifs. D’autres systèmes existent, comme le recrutement d’athlètes dans les corps militaires, les forces de l’ordre ou via des bourses nationales à long terme.


