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C’est une cession qui en dit long. En plein redressement judiciaire de plusieurs de ses marques, IDKids s’apprête à vendre sa pépite, Jacadi, à un fonds d’investissement américain. Le groupe, ex-gloire de la distribution pour enfants, joue ici une carte à double tranchant : soulager sa trésorerie, mais perdre son joyau.
Début février, le tribunal de commerce de Lille a placé en redressement judiciaire Okaïdi, Obaïbi, Oxybul, ainsi que la plateforme logistique IDLOG. Une bouée de sauvetage judiciaire pour un groupe à bout de souffle, après plusieurs exercices en déclin. Le but : gagner du temps, alléger les charges, retenter une restructuration. Sauf qu’en coulisses, le nerf de la guerre est ailleurs.
Jacadi, valeur refuge devenue monnaie d’échange
Car une seule marque surnage : Jacadi. Elle n’est pas concernée par la procédure. Mieux, elle progresse : +35 % de rentabilité en un an. Une performance qui en fait une valeur rare, sinon unique, dans un portefeuille laminé. Le groupe ne cache plus son intention : céder ce qu’il a de plus précieux pour rester à flot.
L’acheteur, Blue Water Venture Partners, n’est pas un inconnu aux États-Unis. Le fonds, monté par Joseph Hernandez — entrepreneur aux ambitions politiques — a fait une offre ferme. Il promet de préserver le positionnement haut de gamme, l’image « à la française », les codes classiques et le savoir-faire perçu comme synonyme de qualité à l’international. Jacadi, vitrine du chic enfantin made in France, passerait sous pavillon américain mais resterait tricolore dans l’esprit.
Une ambition outre-Atlantique qui change la donne
La direction voit dans cette vente un levier de développement vers l’Amérique du Nord. Un marché qu’elle juge porteur pour ce type de marque. L’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient resteront servis, affirme-t-elle. Mais la bascule est nette.
Pour IDKids, ce mouvement acte une forme de renoncement. En se séparant de son actif le plus solide, le groupe joue le court terme contre l’avenir. Ce n’est plus une réorganisation : c’est une déconstruction en cours.


