BHV accusé d’étouffer une PME artisanale

La marque artisanale Flowrette accuse le BHV Marais de ne pas avoir payé plusieurs dizaines de milliers d’euros. Cette situation met en péril la survie de l’entreprise.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

La marque française de fleurs durables Flowrette, réputée pour son artisanat et son engagement en faveur d’une consommation responsable, se dit aujourd’hui confrontée à une crise majeure. Selon ses dirigeants, un impayé de plusieurs dizaines de milliers d’euros de la part du BHV Marais, avec qui elle collaborait jusqu’à l’été 2025, mettrait gravement en péril la santé financière de l’entreprise.

A LIRE AUSSI
Frédéric Merlin, l’homme qui a fait entrer Shein au BHV

Installée récemment dans un nouvel atelier près de Nantes, Flowrette avait quitté son showroom parisien en août dernier, officiellement non par stratégie commerciale mais par nécessité économique. L’enseigne de grands magasins n’aurait pas honoré ses factures depuis plus d’un an, selon les cofondateurs Margot Prévost et Vincent Morio, mettant ainsi en danger la trésorerie de leur structure.

Des conséquences lourdes pour l’artisanat local

Contrairement à d’autres marques ayant récemment quitté les grands magasins pour des raisons de positionnement face à la fast-fashion ou aux nouvelles habitudes de consommation, Flowrette invoque ici un différend financier aux conséquences immédiates. L’entreprise assure avoir continué à approvisionner le BHV sur la base de promesses de règlement qui ne se sont jamais concrétisées. Résultat : des pertes de marchandise importantes et une fragilisation de son modèle économique.
« Quand un géant de la distribution refuse de payer une petite structure, il ne fait pas qu’une erreur comptable : il étrangle l’artisanat français », dénoncent les dirigeants dans des termes particulièrement directs. Ils rappellent que leur modèle repose sur des engagements clairs : production locale, qualité artisanale et relocalisation.

Une action en justice aux allures de combat éthique

Face à l’impasse, Flowrette engage aujourd’hui une action judiciaire contre le BHV, mais également contre son dirigeant, Frédéric Merlin, à titre personnel. Une démarche rare dans le paysage entrepreneurial, que les fondateurs expliquent par un refus d’être relégués au rang de « victime collatérale silencieuse ». L’entreprise cherche à faire valoir ses droits et à mettre en lumière les rapports déséquilibrés qui peuvent exister entre petites structures et grandes enseignes.

Cette action s’inscrit dans une volonté affichée de défendre non seulement leur activité, mais plus largement un tissu économique composé de petites entreprises artisanales, souvent invisibilisées dans les rapports de force commerciaux.

Un « bouquet manifeste » comme appel au soutien

Pour transformer cette crise en opportunité de mobilisation, Flowrette lance une opération symbolique : la vente d’un bouquet tricolore baptisé « Le Franc-Parler ». Ce produit, présenté comme un geste de solidarité, permet aux clients de soutenir directement la marque, ses salariés et ses projets de relocalisation. L’initiative entend fédérer une communauté attachée à des valeurs de production éthique et locale.
« Nous n’avons pas leur logistique automatisée, mais nous avons une âme », revendiquent Margot Prévost et Vincent Morio. Leur message est clair : chaque commande est un acte militant, un vote en faveur d’un modèle de consommation alternatif.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire