Trump assistait à un combat de MMA pendant que Vance annonçait l’échec des négociations avec l’Iran

Pendant que son vice-président rentrait du Pakistan bredouille, Trump regardait des combats de MMA à Miami. Une soirée qui dit tout sur sa méthode de gouvernement.

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Selon une enquête de Katie Rogers, correspondante du New York Times à la Maison-Blanche, Donald Trump regardait des combats de MMA à Miami samedi soir pendant que son vice-président annonçait depuis le Pakistan l’échec des négociations avec Téhéran. Le président n’avait pas regardé son téléphone de la soirée.

Quelques heures plus tôt, en route vers la Floride, Trump avait répondu à des journalistes qui l’interrogeaient sur les négociations. « Nous gagnons, quoi qu’il arrive, a-t-il indiqué. Nous les avons défaits militairement. » La formule était identique à celle qu’il employait avant même que les pourparlers ne s’ouvrent. Elle précédait l’échec, elle ne le commentait pas.

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Miami, samedi soir

Le sol de la cage portait déjà des traces de sang séché quand Donald Trump a fait son entrée dans l’arène de l’Ultimate Fighting Championship, à Miami, au son d’une chanson de Kid Rock. Trump s’est installé au bord de la cage, les yeux fixés sur deux combattants qui s’échangeaient des coups, pendant que la foule scandait son nom. Les caméras ne l’ont plus quitté.

À ses côtés ce soir-là : le secrétaire d’État Marco Rubio, plusieurs de ses enfants, le chanteur Vanilla Ice, l’ancien directeur adjoint du FBI Dan Bongino, le présentateur Joe Rogan, et des responsables de l’UFC. Jared Kushner, le mari d’Ivanka, était absent, retenu au Pakistan avec le vice-président et l’émissaire Steve Witkoff.

À la même heure, au Pakistan, JD Vance s’avançait devant les caméras. « La mauvaise nouvelle, a-t-il déclaré, c’est que nous ne sommes pas parvenus à un accord. » Il n’y aurait pas de deal avec Téhéran. La guerre que Trump avait ordonnée restait sans issue négociée.

Rubio penché, Trump les bras le long du corps

Debout au bord de la cage, Trump regardait les combats sans laisser paraître ni irritation ni inquiétude. Des collaborateurs venaient à lui, lui glissaient des informations à l’oreille, puis repartaient. Rubio, téléphone en main, s’est penché à plusieurs reprises pour lui montrer son écran.
Trump n’a pas sorti le sien de la soirée.

Quelques sourires ponctuels pour les caméras. Des pouces levés pour saluer les vainqueurs. On ignore si le président avait été informé de l’échec des négociations au moment de son entrée dans l’arène : la Maison-Blanche n’a répondu à aucune question sur l’état du fragile cessez-le-feu avec Téhéran, ni sur la situation au détroit d’Ormuz. Les collaborateurs interrogés ont tous renvoyé à Trump la décision sur la marche à suivre.

Dans l’arène comme en meeting

Après une semaine passée largement hors de vue à attaquer ses adversaires sur les réseaux sociaux, Trump a retrouvé à Miami ce que ses rassemblements politiques lui procurent : la foule qui scande son nom, les combattants qui lui font signe, les photographes qui se retournent autant vers lui que vers le ring. Ses enfants ont posé pour des photos, agité les poings, ri à gorge déployée. Une publicité diffusée dans l’arène a annoncé un combat de l’UFC prévu à la Maison-Blanche cet été, avec pour accroche : « L’histoire est faite d’idées révolutionnaires. »

Trump se tenait debout, immobile, bras le long du corps, au bord de la cage. Avec Rubio, il regardait sur un grand écran un montage vidéo des meilleurs moments d’un combattant victorieux.
C’est dans cet instant que Vance, à des milliers de kilomètres, déclarait l’échec.

Vance a quitté le Pakistan les mains vides. Trump est resté assis à Miami, pendant que la cage se maculait de sang et que les hommes continuaient de se frapper.



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