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La Smart City est une thématique forte pour laquelle la mobilité, la gestion des déchets ou encore les services aux citoyens ont le vent en poupe. Cependant, au‑delà de ces thématiques très visibles, on oublie souvent qu’à la base de ces grandes transformations de nos villes se trouvent la connectivité et les réseaux ; En leur absence, les initiatives se développent de manière indépendante, limitant la cohérence et la mutualisation à l’échelle de la ville.
Dans cette tribune, Sébastien Claret (Alcatel-Lucent Enterprise), redonne à l’infrastructure numérique ses lettres de noblesse.
L’IT, nerf vital de la Smart City
Pour pouvoir proposer ses différents services, la Smart City doit être en mesure de circuler l’information en temps réel entre ses multiples composantes : capteurs IoT, feux de circulation, transports, bâtiments, réseaux énergétiques, services de sécurité. Et clairement, cette interconnexion ne peut exister sans le socle robuste formé par des réseaux sécurisés, performants et résilients.
Plusieurs exemples en France montrent comment la qualité des infrastructures réseaux contribuent à l’innovation urbaine. Entre autres, le projet OnDijon a centralisé sur un poste de pilotage unique la gestion de l’éclairage public, de la voirie, de la circulation ou encore de la sécurité grâce à un réseau de capteurs interconnectés. À Lyon, le quartier de la Confluence teste des smart grids et des réseaux intelligents de gestion de l’énergie et de l’eau, avec supervision en temps réel. De même, à Angers, un immense réseau IoT a été déployé pour optimiser la consommation d’eau, d’énergie et surveiller la qualité de l’air. IssyGrid, pionnier des smart grids de quartier à Issy-les-Moulineaux, ou encore le projet SunRise à Lille, qui interconnecte réseaux d’eau, d’électricité et de chauffage à l’échelle d’un campus universitaire sont aussi des illustrations ambitieuses des smart cities à la française.
À l’international, la même logique prévaut partout dans le monde. Citons la ville d’Hokkaido, au Japon, qui a déployé une plateforme reliant habitants et services essentiels, ou encore la ville américaine d’Ocala, récompensée par un IDC Smart City Award et dont les infrastructures réseaux permettent aux hôpitaux, écoles et entreprises de bénéficier d’une connectivité haut débit.
A contrario, que se passe-t-il lorsque les infrastructures réseaux et la connectivité sont mal pensées ?
Les risques d’une infrastructure numérique et d’une connectivité défaillante
Imaginons une grande ville qui déploie massivement capteurs et objets connectés pour analyser la qualité de l’air, optimiser l’éclairage et mieux gérer les flux de circulation. Si tout cela repose sur un réseau saturé, mal sécurisé ou trop fragile, le château de cartes s’effondre. Les données ne sont plus collectées, les services s’arrêtent et les budgets sont consommés sans produire de valeur durable.
Dans un scénario plus critique encore, une cyberattaque visant les caméras ou les feux de circulation pourrait suffire à bloquer toute la ville. Autrement dit, sans connectivité solide et protégée, la Smart City n’apporte pas de progrès réel : elle devient un frein au développement urbain et un danger potentiel pour ses citoyens.
Construire des réseaux durables
C’est pourquoi une ville intelligente doit avant tout être une ville bien connectée. Cela implique :
- des infrastructures évolutives (Wi-Fi7, réseaux hybrides filaire et sans fil),
- des arbitrages entre les différentes typologies de connectivité pour optimiser l’empreinte numérique de la collectivité,
- une cybersécurité intégrée dès la conception (segmentation, IA pour détecter les anomalies, contrôle d’accès strict aux objets connectés),
- une interopérabilité réelle : les services publics ne doivent pas être des silos numériques, mais des maillons d’une même chaîne de valeur.
La ville intelligente commence par le réseau
Nous devons changer de paradigme. La Smart City n’est pas une accumulation de services numériques « gadgets » mais une infrastructure de confiance garantissant la continuité, la fluidité, la sécurité et enfin la durabilité des services urbains.
Autrement dit, sans connectivité fiable et infrastructures réseaux solides, une ville ne peut être “smart”.
Sébastien Claret
Business Development Director chez Alcatel-Lucent Enterprise


