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En 1946, Guy et Roger Brunel fabriquaient leur première cire à parquet dans leur appartement de Lille. Le premier avait fait des études de chimie, le second de commerce. Ils livraient leurs boîtes grâce au camion d’un voisin chaudronnier. Quatre-vingts ans plus tard, leur marque, rebaptisée Starwax en hommage à l’Amérique du chewing-gum et du jazz, revendique 33,2 % de parts de marché en valeur sur le circuit des magasins de bricolage spécialisés, et une croissance de 37 % en valeur entre 2021 et 2025, selon les données GFK.
La marque appartient depuis 2010 au groupe Altaïr, qui a lui-même été absorbé par l’investisseur Eurazeo. Le groupe a dégagé 190 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et emploie près de 500 personnes, avec des sites en France et en Espagne. Starwax en constitue le socle historique.
494 000 robots vendus : un marché à prendre
Le lancement le plus emblématique de 2026 cible un segment que la marque n’avait pas encore adressé. En 2024, 494 000 aspirateurs-robots ont été vendus en France, dont 85 % intégraient une fonction de lavage des sols. Aucun nettoyant formulé spécifiquement pour ces appareils n’existait jusqu’ici en grande surface de bricolage. Starwax y répond avec un produit concentré sans mousse, compatible avec tous les robots laveurs, au dosage d’un demi-bouchon par litre d’eau, pour environ 60 lavages. Prix de vente conseillé : 14,90 euros le bidon d’un litre.
La gamme s’élargit aussi sur le segment des absorbeurs d’humidité. Après un format mini lancé en 2025, la marque introduit à partir du 15 août un format maxi couvrant jusqu’à 40 m², fabriqué à 97 % en plastique recyclé, vendu 34,95 euros avec deux recharges. Les gammes Fabulous et Soluvert suivent le même calendrier : savon détachant au fiel de bœuf en format stick (7,95 euros les 40 g), dosettes hydrosolubles de bicarbonate et percarbonate, déboucheur à base de soude caustique certifiée Ecocert agissant en trente minutes à 8,95 euros le flacon de 90 cl.
Noyelles-lès-Seclin, de Seveso à l’électricité verte
Le site de production, installé depuis 2014 sur un ancien terrain Michelin à Noyelles-lès-Seclin, résume à lui seul la trajectoire industrielle du groupe. Autrefois classé Seveso en raison de la nature de ses produits, il a progressivement réduit son risque industriel en substituant des formulations végétales aux composés les plus dangereux. Il traite aujourd’hui ses effluents en interne, ne génère aucun rejet dans les sols et maîtrise ses émissions atmosphériques sous le seuil réglementaire grâce à un système de captation à charbons actifs réactivés, procédé qui évite, selon l’entreprise, le rejet de 37 tonnes de CO₂ par an par rapport à l’ancien système d’incinération.
Depuis 2014, 35 millions d’euros ont été investis sur ce site de 66 000 m². En 2025, plus de 3 millions supplémentaires ont financé sept nouvelles lignes de production, portant leur nombre total à dix-sept. Le site conduit 250 études de R&D par an et emploie 200 personnes.
42 % de réduction d’émissions visés d’ici 2030
En 2023, le groupe Altaïr a fait valider ses objectifs climatiques par la Science Based Targets initiative, référence internationale alignée sur l’Accord de Paris. Les engagements pris : réduire de 42 % les émissions directes et indirectes de production (scopes 1 et 2) d’ici 2030 par rapport à 2021, et de 25 % celles liées au cycle de vie des produits (scope 3). Entre 2021 et 2025, les émissions issues de la formulation et des emballages ont déjà reculé de plus de 18 %, soit 16 000 tonnes de CO₂ évitées.
L’outil qui pilote cette trajectoire est un système de scoring interne fondé sur vingt-trois critères, formulation, emballage, fabrication, distribution, utilisation, fin de vie, développé sur trois ans en conformité avec les normes européennes d’analyse de cycle de vie et validé par un cabinet externe. Depuis 2024, toutes les innovations sont soumises à cette grille dès la phase de conception. À ce jour, 50 % des références du catalogue ont été analysées. Le plan de décarbonation repose sur quatre leviers : l’énergie, la formulation, les emballages et le transport, avec notamment le développement du fret ferroviaire pour réduire les émissions logistiques.


