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La loi de finances pour 2025 ressuscite une contribution sur les hauts revenus, réduit de moitié l’avantage fiscal des loueurs Airbnb et alourdit la facture de l’épargne. Pour des millions de contribuables, la déclaration annuelle prend cette année un tour inédit.
Instaurée par la loi de finances pour 2025, la Contribution Différentielle sur les Hauts Revenus (CDHR) soumet les ménages aisés à un taux d’imposition minimal de 20 %. Le seuil d’entrée est fixé à 250 000 euros de revenu fiscal de référence pour un célibataire, 500 000 euros pour un couple domicilié en France. La mesure est présentée comme temporaire par le gouvernement, sans que la loi en précise à ce stade l’échéance exacte.
La CDHR ne surgit pas dans un vide. La loi de finances pour 2025 s’inscrit dans une trajectoire de consolidation budgétaire que Bercy a fixée à 4,7 % du PIB de déficit public en 2026, puis 3 % en 2029. Pour atteindre ces cibles, plusieurs textes adoptés fin 2024 et début 2025 modifient simultanément les règles d’imposition. Le barème progressif de l’impôt sur le revenu n’est revalorisé que de 1,8 % en 2025, contre 4,9 % l’année précédente, quand le gouvernement avait cherché à amortir le choc inflationniste. L’écart produit un glissement fiscal discret : des contribuables voient leur charge augmenter sans que leur situation nominale ait changé.
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Meublés de tourisme : l’abattement divisé par deux
La loi « Le Meur » du 19 novembre 2024 met fin au régime fiscal le plus généreux de la location meublée courte durée. Pour les meublés classés et les chambres d’hôtes encaissant jusqu’à 77 700 euros par an, l’abattement forfaitaire dans le régime micro-BIC tombe de 71 % à 50 %. Les loueurs de meublés non classés sont frappés plus durement encore : leur abattement passe à 30 %, et le plafond de recettes éligibles à ce régime simplifié chute à 15 000 euros annuels.
En pratique, pour un propriétaire non classé déclarant 15 000 euros de recettes, la base imposable était de 4 500 euros sous l’ancien abattement de 70 % ; elle atteint désormais 10 500 euros. La base taxable a été multipliée par plus de deux. Cette niche figurait parmi les plus avantageuses du régime micro ; sa réduction s’inscrit dans une tendance plus large de régulation des plateformes de location courte durée, déjà engagée dans plusieurs métropoles européennes.
Épargne : 1,4 point de CSG de plus
Le budget de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une hausse de 1,4 point de la contribution sociale généralisée. Cette augmentation s’applique aux gains encaissés à compter du 1er janvier 2025, portant les prélèvements sociaux globaux de 17,2 % à 18,6 % sur un large spectre de produits : valeurs mobilières, droits sociaux, crypto-actifs, mais aussi rachats d’assurance-vie et de plans d’épargne retraite. Sur 10 000 euros de plus-values mobilières, la charge sociale supplémentaire atteint 140 euros.
Des incertitudes pèsent par ailleurs sur la fiscalité patrimoniale. Des discussions parlementaires examinent l’instauration d’une taxe de 2 %, voire 20 % dans certains amendements, sur les actifs non professionnels logés dans des sociétés holdings patrimoniales. Des propositions visent également à réformer l’impôt sur la fortune immobilière. Ces projets n’ont pas encore abouti à des textes définitifs adoptés.
Les pourboires versés aux salariés dont la rémunération ne dépassait pas 1,6 fois le Smic bénéficiaient d’une exonération d’impôt sur le revenu. Ce dispositif s’éteint au 31 décembre 2025 : les sommes concernées redeviendront imposables dès la prochaine déclaration.
Le crédit d’impôt de 25 % pour l’installation d’équipements adaptés aux personnes âgées ou handicapées dans la résidence principale disparaît à la même date. Ces deux suppressions touchent des publics distincts, salariés de service d’un côté, ménages en situation de dépendance de l’autre, mais procèdent du même arbitrage : réduire le coût des dépenses fiscales dans un contexte de contrainte budgétaire.
Ce qui reste avantageux
Certains dispositifs sont maintenus ou renforcés. Les contribuables qui investissent en 2025 dans une PME ayant le statut d’entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS) ou de société foncière solidaire (SFS) bénéficient d’une réduction d’impôt portée à 25 %, contre 18 % pour un investissement classique au capital de PME non cotées. Pour les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) spécialisés dans les jeunes entreprises innovantes, un bonus de 30 % s’applique aux souscriptions réalisées entre le 28 septembre et le 31 décembre 2025, soit une fenêtre de quatre mois.
Le taux de réduction exceptionnel à 75 % pour les dons, plafonné à 2 000 euros, est prolongé et étendu à trois cas distincts. Il couvre les versements à la Fondation du patrimoine pour la rénovation d’édifices religieux dans les communes de moins de 10 000 habitants, du 15 février au 31 décembre 2025. Il s’applique également aux dons aux associations d’aide aux victimes du cyclone Chido à Mayotte, pour les versements effectués entre le 1er janvier et le 17 mai 2025. Le volet aide aux victimes de violences domestiques, lui, a expiré le 15 février 2025.
Enfants majeurs, mariage, divorce : les arbitrages de situation familiale
Un enfant célibataire de moins de 21 ans au 1er janvier 2025, ou de moins de 25 ans s’il poursuit des études, peut demander son rattachement au foyer fiscal de ses parents. Ce choix ouvre droit à une demi-part supplémentaire de quotient familial, mais l’économie d’impôt qui en résulte est plafonnée à 1 791 euros en 2025.
L’alternative existe : renoncer au rattachement et déduire à la place une pension alimentaire versée à l’enfant dans le besoin, dans la limite de 6 794 euros pour 2025. L’option pension est mécaniquement plus intéressante dès lors que la tranche marginale d’imposition du foyer est élevée et que les revenus de l’enfant restent faibles. Aucune règle automatique ne tranche entre les deux : une simulation reste indispensable.
Pour les événements de vie survenus en 2025, mariage, Pacs, divorce ou rupture, la loi impose un signalement dans les 60 jours via le service en ligne des impôts, afin que le taux de prélèvement à la source soit ajusté. L’année d’un mariage ou d’un Pacs, le couple peut choisir entre une déclaration commune et des déclarations séparées.


