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Samsung introduit pour la première fois dans un smartphone grand public un écran à double couche de sous-pixels. La technologie fonctionne. Elle a un prix.
Le S26 Ultra s’allume. Sur la face avant, 2 600 nits de luminosité maximale, des couleurs calibrées, des angles de vision que Samsung revendique parmi les meilleurs du marché. Rien que la concurrence ne propose déjà depuis deux ou trois cycles. Ce qui change, cette année, tient dans un paramètre discret des réglages : « Écran de confidentialité ».
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Un filtre que personne d’autre ne propose
Le panneau du S26 Ultra comporte deux ensembles de sous-pixels superposés. Les premiers couvrent un angle de vision large, les seconds un angle étroit. Lorsque le mode confidentialité est activé, les pixels grand angle s’éteignent. Depuis un siège voisin dans un train, dans une file d’attente ou au bureau, le contenu affiché devient pratiquement illisible. La personne en face ne voit qu’un écran assombri.
Aucun autre constructeur ne propose aujourd’hui cette architecture intégrée au panneau. Des filtres physiques amovibles existent depuis des années chez des fabricants tiers, pour une vingtaine d’euros en moyenne. Leur principal défaut : ils restent en permanence en place. Ici, la fonction s’active à la demande, par application, par type de contenu, ou automatiquement à l’apparition d’un champ de mot de passe. Un mode dit « confidentialité maximale » assombrit la quasi-totalité de la surface.
Après une semaine de test en conditions réelles, l’effet est net et le réglage par application convaincant. Activer le mode uniquement dans l’application bancaire, ou lors de la réception de notifications, prend moins d’une minute à configurer.
Les compromis d’une première génération
La technologie a un coût technique que Samsung n’a pas encore résolu. En mode confidentialité, la luminosité maximale chute à environ 800 nits, contre 2 600 en fonctionnement normal. Sous un soleil direct, la différence est perceptible. La densité de pixels souffre également de l’extinction partielle du panneau.
Ces contraintes restent acceptables : le mode n’est pas conçu pour un usage permanent, mais pour des instants précis. En dehors de ces moments, l’écran performe au niveau du S25 Ultra, ce qui n’est pas une petite chose. Samsung sera attendu sur l’amélioration de ces paramètres dans les prochaines générations.
Le S26 Ultra perd quatre grammes par rapport à son prédécesseur et s’affine de 8,2 mm à 7,9 mm d’épaisseur. Samsung a également arrondi les coins pour les aligner sur le reste de la gamme S26. Le résultat est plus confortable en main, mais moins identifiable au premier coup d’oeil.
Ce remodelage a une conséquence directe sur le S-Pen : la courbure du logement impose désormais un sens d’insertion précis. Il faut orienter le stylet correctement avant de le glisser dans sa rainure. On s’y fait en quelques jours.
Optique : deux ouvertures revues, un maillon faible persistant
L’objectif principal de 200 mégapixels passe de f/1,7 à f/1,4. Le téléobjectif de 50 mégapixels en zoom optique 5x bénéficie du même élargissement d’ouverture. En basse lumière, les photos nocturnes gagnent en luminosité et en piqué, avec un traitement numérique moins sollicité.
L’objectif de 10 mégapixels en zoom 3x, ouverture f/2,4, reste le point faible de la configuration. Son capteur de petite taille ne lui permet pas de rivaliser avec les deux autres objectifs. Il assure une transition fonctionnelle entre la focale principale et le téléobjectif, sans s’imposer par lui-même. Le grand angle de 50 mégapixels et le capteur frontal de 12 mégapixels sont reconduits sans modification.
En vidéo, Samsung franchit un cap. Un nouveau mode de stabilisation maintient le cadrage stable même lors d’une marche rapide ou d’une rotation physique du téléphone. Aucun autre appareil sur le marché ne propose aujourd’hui un niveau comparable. La résolution vidéo en pâtit légèrement, compromis raisonnable.
Le Snapdragon 8 Elite Gen 5 pour Galaxy, version légèrement surcadencée par rapport à la puce commerciale standard, affiche des gains de 20 % en CPU, 25 % en GPU et 39 % en unité de traitement neuronal par rapport au S25 Ultra. La chambre à vapeur améliorée contient efficacement la montée en température sous charge soutenue.
L’ensemble logiciel intègre des outils d’intelligence artificielle issus de plusieurs fournisseurs. Samsung Photo Assist permet de décrire en langage naturel une retouche photo plutôt que d’en manipuler les curseurs manuellement. Now Nudge analyse le contexte affiché pour proposer des raccourcis : si un contact demande des photos d’un voyage récent, l’outil identifie les clichés concernés et les suggère directement. Ces fonctions sont opérationnelles, mais leur adoption demande du temps pour qui n’a pas l’habitude des assistants proactifs.
60 watts, 5 000 mAh, et toujours pas d’aimants
La charge rapide monte à 60 watts, contre 45 watts sur le S25 Ultra. Avec un chargeur compatible, l’appareil atteint 75 % en trente minutes. La batterie reste à 5 000 mAh. L’autonomie progresse marginalement, essentiellement grâce aux optimisations logicielles. Dix heures d’écran en usage mixte sont atteignables sans effort.
Le S26 Ultra est compatible Qi2, mais toujours sans les aimants nécessaires à l’alignement avec les chargeurs et accessoires compatibles. C’est la lacune la plus frappante d’un appareil à 1 649 euros.
À ce tarif, le S26 Ultra est, dans sa catégorie, le smartphone Android le plus complet disponible en 2026. Il l’est peu ou prou de la même façon que le S25 Ultra l’était en 2025 et que le S24 Ultra l’était en 2024. L’Écran de Confidentialité est une innovation réelle, sans équivalent actuel, qui arrivera en version améliorée dans deux ou trois ans.
Pour un utilisateur qui vient d’un S24 Ultra ou d’un modèle antérieur, la mise à niveau se justifie. Le S26 Ultra est aussi l’un des rares appareils du marché à conserver un stylet numérique intégré, atout devenu rare. Il est proposé à partir de 1 649 euros en configuration 256 Go, dans six coloris. Samsung garantit sept mises à jour majeures d’Android et sept ans de correctifs de sécurité.


