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Le 30 décembre 2025, au dernier jour de l’année, le gouvernement promulguait la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. L’un de ses articles relève de 1,4 point le taux de la Contribution Sociale Généralisée sur une partie des revenus du capital. Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus concernés, entraînant mécaniquement la montée du Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % à 31,4 %.
Sont visés les plus-values mobilières sur actions, obligations et parts de fonds, les gains réalisés sur les crypto-actifs, et les revenus tirés de la location meublée non professionnelle. Tout détenteur d’un compte-titres ordinaire se retrouve donc dans le périmètre de la hausse.
D’autres placements en sortent indemnes. Les revenus fonciers issus des locations nues restent taxés à 17,2 %, de même que les plus-values immobilières. L’assurance-vie est également épargnée, tout comme les intérêts des PEL et CEL ouverts avant le 1er janvier 2018, et les produits des PEP exonérés d’impôt sur le revenu. La hausse, présentée comme uniforme dans le débat public, est en réalité sélective.
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Case 2OP : l’option que peu de contribuables activent
Page 3 de la déclaration principale, la case 2OP permet de renoncer au PFU pour soumettre l’ensemble des revenus mobiliers au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Elle n’est jamais pré-cochée. Pour les foyers dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, ou pour ceux qui détiennent des titres anciens ouvrant droit à des abattements pour durée de détention, l’option peut réduire sensiblement la note.
La contrainte est sévère : le choix est global et irrévocable pour l’année entière. Il s’applique simultanément aux dividendes, aux intérêts et aux plus-values de cession, sans possibilité de panachage. Cocher la case pour bénéficier du barème sur les dividendes contraint aussi à l’appliquer sur les plus-values, même si cela s’avère défavorable.
La seule méthode fiable consiste à utiliser le simulateur en ligne de l’administration, en testant les deux configurations. Une alerte automatique s’affiche parfois si l’option est avantageuse, mais l’administration ne garantit pas sa systématicité.
Les détenteurs de crypto-actifs disposent d’un mécanisme analogue. La case 3CN du formulaire 2042-C permet d’opter pour le barème progressif plutôt que pour la flat tax à 31,4 %. Elle reste ignorée par la majorité des contribuables concernés, y compris parmi ceux qui auraient intérêt à l’activer.
Crypto : le fisc reçoit les données des plateformes étrangères
Depuis le 1er janvier 2026, les plateformes de crypto-actifs établies hors de France sont soumises à la réglementation européenne DAC 8. Elles transmettent automatiquement à l’administration fiscale française l’identité de leurs clients résidents et le détail de leurs opérations.
Les omissions que certains contribuables jugeaient improbables à détecter le sont beaucoup moins. En cas de contrôle, l’administration peut remonter jusqu’à six ans en arrière. Le redressement peut s’accompagner de majorations atteignant 80 % des sommes dues.
Un point d’attention particulier concerne les foyers avec enfants. Si un mineur ou un jeune majeur rattaché au foyer fiscal a ouvert un compte sur une plateforme sans en informer ses parents, les pénalités éventuelles seront imputées au foyer parental.
Trois formulaires structurent les obligations déclaratives. Le 3916-bis recense tous les comptes détenus sur des plateformes étrangères, y compris les comptes inactifs ou soldés à zéro, sous peine de 1 500 euros d’amende par compte et par an. Le formulaire 2086 détaille chaque cession imposable, opération par opération. Les montants nets sont ensuite reportés sur le formulaire 2042-C, en case 3AN pour les gains et 3BN pour les pertes. Le seuil d’exonération s’établit à 305 euros de cessions totales dans l’année.
LMNP : 18 100 euros de plus à la revente
Les propriétaires qui louent un bien meublé sous le régime réel font face cette année à une double contrainte. La hausse de la CSG porte les prélèvements sociaux sur leurs revenus locatifs à 18,6 %. Mais la modification la plus lourde de conséquences sur le long terme est antérieure : elle date du 1er mars 2025.
Depuis cette date, lors de la revente d’un bien loué en meublé, les amortissements déduits fiscalement pendant la période de location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable. La base taxable s’établit désormais selon la formule suivante : prix de vente, moins prix d’achat, plus les amortissements déduits.
Sur un bien acheté 200 000 euros, revendu 300 000 euros, avec 50 000 euros d’amortissements cumulés, l’impôt dû passait de 36 200 euros avant la réforme à 54 300 euros après. La différence atteint 18 100 euros pour cet exemple type. Les résidences services, EHPAD, résidences étudiantes et résidences de tourisme classées, sont explicitement exclues du dispositif.
Cette mesure ne modifie pas la déclaration des loyers perçus en 2025. Elle affecte en revanche le calcul de rentabilité de tout propriétaire qui envisage une cession dans les années à venir.
Pensions, PER, dons : les déductions que le fisc ne remplit pas
Les charges déductibles du revenu imposable ne figurent presque jamais dans les données pré-remplies. Trois postes méritent une vérification systématique avant validation.
Les pensions versées à un enfant majeur dans le besoin sont déductibles jusqu’à 6 855 euros pour les revenus 2025, qu’il soit hébergé chez ses parents avec justificatifs ou logé ailleurs. Sans justificatif, le plafond tombe à 4 039 euros. Pour un enfant marié ou pacsé dont les parents assument seuls la charge, le plafond atteint 13 710 euros.
Les versements effectués en 2025 sur un Plan d’Épargne Retraite sont déductibles dans des limites revalorisées : 10 % des revenus nets 2024 pour les salariés, avec un plafond fixé à 37 094 euros ; jusqu’à 87 135 euros pour les travailleurs non-salariés ; 4 637 euros au minimum pour les inactifs et retraités. Les plafonds non utilisés les trois années précédentes sont reportables et mutualisables entre conjoints mariés ou pacsés, un mécanisme qui permet à un épargnant n’ayant pas alimenté son PER depuis plusieurs exercices de bénéficier d’une enveloppe de déduction considérablement élargie.
Pour les dons, la réduction d’impôt de 75 % s’applique aux versements aux associations d’aide aux personnes en difficulté dans la limite de 1 000 euros, dispositif prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Une modification est entrée en vigueur le 14 octobre 2025 pour les dons au patrimoine : le plafond ouvrant droit au taux de 75 % auprès d’organismes comme la Fondation du Patrimoine ou le Centre des monuments nationaux est relevé de 1 000 à 2 000 euros. Au-delà de ces seuils, le taux revient à 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Trente jours pour répondre au fisc
Le calendrier de dépôt s’ouvre le 9 avril. La déclaration papier doit parvenir à l’administration avant le 19 mai. En ligne, les délais varient selon le département : le 21 mai pour les départements 01 à 19 et les non-résidents, le 28 mai pour les 20 à 54, le 4 juin pour les 55 à 976. Un retard expose à une majoration comprise entre 10 % et 40 % de l’impôt dû. Le taux de prélèvement à la source recalculé à partir de cette déclaration entrera en vigueur sur les revenus dès août 2026.
L’article 60 de la loi de finances 2025 a par ailleurs élargi les pouvoirs de contrôle de l’administration. Elle peut désormais réclamer des justificatifs sur certains crédits d’impôt, garde d’enfants et emploi à domicile notamment, dans un délai de trente jours. Passé ce délai, les dépenses contestées sont écartées du calcul sans mise en demeure supplémentaire. Les justificatifs doivent être conservés même après la validation de la déclaration en ligne. En cas de difficulté, le numéro vert 0809 401 401 reste accessible gratuitement.


