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- Éligibilité 2026 : le calcul qui détermine tout
- Entre 48 et 277 euros : ce que vous pouvez toucher
- Chèque papier, e-chèque : comment le recevoir en 2026
- Les droits cachés du chèque énergie que personne ne lit
- Réforme 2025 : ce qui disparaît, ce qui s’élargit
- Arnaques au chèque énergie : les quatre pièges à éviter
En 2024, 5,7 millions de foyers recevaient leur chèque énergie sans avoir à lever le petit doigt. Un an plus tard, ce nombre est tombé à 3,8 millions. Près de deux millions de ménages éligibles n’ont rien perçu.
La raison tient à une modification administrative passée quasi inaperçue. Jusqu’en 2023, la taxe d’habitation sur les résidences principales servait de pivot pour identifier les bénéficiaires : les fichiers existaient, le croisement était simple. Sa suppression a contraint l’État à reconstruire le mécanisme d’identification à partir d’un autre socle, le croisement entre les données fiscales de la Direction générale des finances publiques et les numéros de point de livraison d’électricité des logements. Ce nouveau système couvre moins de terrain.
La loi de finances pour 2025, publiée au Journal officiel le 15 février 2025, a acté ce basculement. Les foyers que le croisement des fichiers ne parvient pas à identifier doivent désormais formuler eux-mêmes leur demande via un guichet numérique. Sur le million de personnes concernées en 2024, moins de 200 000 ont effectué la démarche.
L’adoption tardive de la loi a ajouté une difficulté concrète : les chèques, habituellement envoyés en avril, ne sont partis qu’à partir du 3 novembre 2025. Selon le médiateur national de l’énergie, 35 % des bénéficiaires ont déclaré en avoir subi des difficultés de paiement directes. En 2026, les envois reprennent dès le 1er avril.
Éligibilité 2026 : le calcul qui détermine tout
Revenu fiscal et unités de consommation
Un seul critère financier détermine l’accès au dispositif : le revenu fiscal de référence divisé par le nombre d’unités de consommation du foyer doit rester sous 11 000 euros. Le revenu fiscal de référence figure sur l’avis d’imposition et agrège l’ensemble des revenus déclarés, imposables ou non. Pour le chèque 2026, c’est le revenu fiscal de l’année 2024, mentionné sur l’avis reçu en 2025, qui sert de référence.
Le nombre d’unités de consommation est fixé selon la composition du foyer. Une personne seule compte pour une unité. Un foyer de deux personnes correspond à 1,5 unité. Trois personnes représentent 1,8 unité, et chaque personne supplémentaire ajoute 0,3 unité au total.
Appliqué au plafond de 11 000 euros par unité de consommation, ce barème donne les seuils de revenus suivants. Une personne seule ne doit pas dépasser 11 000 euros de revenu fiscal de référence. Un couple sans enfant peut aller jusqu’à 16 500 euros. Avec un enfant, le plafond monte à 19 800 euros, et à 23 100 euros pour un couple avec deux enfants.
Trois conditions à remplir en plus des revenus
Deux exigences s’ajoutent au critère de revenus. Le foyer doit avoir sa résidence principale en France et avoir déposé sa déclaration de revenus dans les délais, même si ceux-ci sont nuls ou très faibles. Il doit également être titulaire d’un compteur électrique rattaché au logement : c’est ce numéro de point de livraison qui permet à l’Agence de services et de paiement de localiser les bénéficiaires dans ses fichiers.
Entre 48 et 277 euros : ce que vous pouvez toucher
Le barème est identique à celui de 2025. Le montant varie selon le niveau de revenu fiscal par unité de consommation et la taille du foyer.
Pour une personne seule, le chèque atteint 194 euros lorsque le revenu fiscal par unité de consommation est inférieur à 5 700 euros, 146 euros entre 5 700 et 6 800 euros, 98 euros entre 6 800 et 7 850 euros, et 48 euros pour les revenus compris entre 7 850 et 11 000 euros. Pour un foyer de deux personnes, les montants s’échelonnent respectivement à 240, 176, 113 et 63 euros selon les mêmes tranches. Les foyers de trois personnes et plus perçoivent 277, 202, 126 ou 76 euros.
Le montant moyen s’établit à 150 euros. Les résidents de logements-foyers conventionnés APL, d’EHPAD et de logements en intermédiation locative, intégrés au dispositif depuis août 2025, reçoivent un montant forfaitaire de 192 euros.
Chèque papier, e-chèque : comment le recevoir en 2026
Pour les foyers identifiés automatiquement, aucune démarche n’est nécessaire. Le chèque part par courrier à partir du 1er avril 2026 et reste valable jusqu’au 31 mars 2027.
Depuis l’été 2025, une version dématérialisée existe : le e-chèque énergie, accessible depuis l’espace personnel sur chequeenergie.gouv.fr. Le solde s’utilise en plusieurs fois auprès des fournisseurs partenaires, et un chèque papier peut être converti en e-chèque à tout moment depuis ce même espace.
Les foyers éligibles mais non identifiés automatiquement ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour déposer une demande, en ligne sur chequeenergie.gouv.fr via FranceConnect ou par courrier postal. À partir du 1er avril, ces foyers seront prévenus par courriel, SMS ou courrier. Le numéro d’assistance gratuit 0 805 204 805 répond du lundi au vendredi de 8h à 20h.
Les droits cachés du chèque énergie que personne ne lit
Recevoir un chèque énergie ouvre des droits qui ne figurent sur aucun courrier d’accompagnement.
Les frais de mise en service lors d’un déménagement sont pris en charge jusqu’à 31,93 euros pour l’électricité et 21,95 euros pour le gaz. En cas de facture impayée, les frais de rejet ne sont pas facturés, et les délais de régularisation sont allongés de 30 jours après la première relance, puis d’un dernier délai de 20 jours, un traitement sans commune mesure avec celui appliqué aux autres consommateurs.
Du 1er novembre au 31 mars, la trêve hivernale interdit toute coupure d’électricité pour impayé. En dehors de cette période, si une coupure est exécutée, les frais de déplacement du fournisseur sont réduits de 80 %.
Ces droits courent du 1er avril de l’année d’émission jusqu’au 30 avril de l’année suivante. Depuis 2021, ils s’activent automatiquement pour tout foyer ayant reçu un chèque au moins une fois dans les trois années précédentes, sans présentation du chèque au fournisseur.
Réforme 2025 : ce qui disparaît, ce qui s’élargit
Le chèque énergie ne peut plus financer de travaux de rénovation. Depuis le 15 février 2025, il est strictement limité aux dépenses d’énergie liées au logement : factures d’électricité, de gaz, de fioul, de bois, de GPL et charges de chauffage collectif. Les chèques travaux antérieurs à cette date restent utilisables jusqu’à leur expiration.
Le même texte a élargi le dispositif aux occupants de logements-foyers conventionnés APL, de logements en intermédiation locative et d’établissements médico-sociaux pour personnes âgées, une extension qui parachève l’ouverture aux résidents d’EHPAD engagée depuis 2021.
Arnaques au chèque énergie : les quatre pièges à éviter
Les envois de chèques génèrent chaque année les mêmes tentatives de fraude : faux e-mails ou SMS aux couleurs des services officiels, appels téléphoniques réclamant des identifiants fiscaux ou des coordonnées bancaires, faux chèques papier accompagnés d’un numéro surtaxé, démarcheurs se présentant à domicile pour « faciliter » l’obtention de l’aide.
L’administration n’envoie jamais de lien de paiement, ne demande pas de coordonnées bancaires et ne pratique aucun démarchage téléphonique. Les deux seuls sites officiels sont chequeenergie.gouv.fr et guichet.chequeenergie.gouv.fr. Les tentatives d’arnaque se signalent au 33700 ou sur signal-spam.fr.


