De nouveaux Rafale discrètement envoyés au Moyen-Orient

La France porte à 24 le nombre de Rafale déployés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, sans annonce officielle.

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Selon des informations révélées par L’Express, l’armée de l’air française a plus que doublé son dispositif au Moyen-Orient sans aucune annonce officielle. Vingt-quatre Rafale sont désormais déployés entre la Jordanie et les Émirats arabes unis — contre dix en configuration normale. Depuis le déclenchement des frappes iraniennes, ces appareils s’engagent quotidiennement dans des interceptions à haute cadence.

En configuration standard, la France stationne quatre Rafale sur la base H5, en Jordanie, et six sur la base Al Dhafra, au sud d’Abu Dhabi. Ce contingent de dix chasseurs vient d’être multiplié par 2,4, portant l’effectif total à vingt-quatre appareils répartis sur ces deux emprises. Aucun communiqué du ministère des Armées, aucune déclaration publique n’a accompagné ce renforcement.

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Depuis que la République islamique a déclenché ses frappes dans la région, les Rafale français s’engagent dans des rotations serrées, principalement dans l’espace aérien émirati. « Les Rafale décollent et rentrent au bout de trois quarts d’heure, leurs munitions épuisées », indique une source au fait des opérations, citée par L’Express. Des dizaines de drones ont été abattus, à un rythme témoignant d’un engagement de combat soutenu, très au-delà d’une simple posture de dissuasion.

Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’air, s’est rendu sur les bases ce week-end. Aucun ministre, aucun responsable politique ne l’accompagnait. Ce déplacement strictement militaire signale une gestion opérationnelle assumée en dehors du circuit politique visible — un découplage qui n’est pas anodin dans le contexte d’une opération non déclarée.

Pourquoi la France tait ses opérations au Moyen-Orient

Cette discrétion s’inscrit dans une logique française bien établie : maintenir une présence opérationnelle sans endosser publiquement une posture de cobelligérance. Afficher l’engagement reviendrait à contraindre Paris sur le plan diplomatique — vis-à-vis de Téhéran, mais aussi vis-à-vis de ses partenaires régionaux. Le silence n’est pas une omission : c’est un choix stratégique. La France combat, mais sans le dire.



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