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Léa Salamé aurait rencontré cette semaine la direction de France Télévisions pour mettre en place les modalités de son retrait du 20 heures de France 2 dès le mois de mars. Ce départ temporaire serait directement lié à l’annonce imminente de la candidature de Raphaël Glucksmann à l’élection présidentielle de 2027. Jean-Baptiste Marteau, joker attitré du JT, est désigné pour prendre le relais jusqu’à la fin de la campagne.
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Les modalités encore en discussion
Selon nos informations, la réunion de cette semaine entre Léa Salamé et la direction de France Télévisions avait pour objet de caler le calendrier d’une mise en retrait anticipée. L’idée centrale : faire coïncider le départ de la présentatrice avec l’officialisation de la candidature de Raphaël Glucksmann, attendue dans les prochaines semaines. L’objectif est d’offrir à son remplaçant le temps nécessaire pour s’installer avant l’entrée dans la phase la plus intense de la campagne présidentielle.
Le retrait envisagé ne serait pas définitif. Il s’agirait d’une mise en retrait pour la durée de la campagne, avec la possibilité d’un retour à l’antenne après l’élection. Plusieurs points restent en cours de négociation : le périmètre exact du retrait — limité au JT ou étendu à certains magazines d’actualité —, la durée précise et les conditions d’un éventuel retour. À ce stade, ni France Télévisions ni Léa Salamé n’ont fait de communication publique sur ce calendrier.
L’audition parlementaire du 2 février : un engagement qui lie les deux parties
Ce qui distingue cette situation des précédentes mises en retrait de la journaliste, c’est la portée de l’engagement qu’elle a pris devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, le 2 février 2026. Interrogée sur l’hypothèse d’une candidature de son compagnon à la présidentielle, Léa Salamé a déclaré devant les députés qu’elle « sortira de l’antenne » si Raphaël Glucksmann est candidat, précisant qu’elle quitterait immédiatement le 20 heures.
La séquence, diffusée en direct, a été largement reprise. Elle rappelle qu’elle se considère avant tout comme une journaliste indépendante, mais reconnaît que son maintien à la tête du JT deviendrait intenable en cas de candidature présidentielle de son compagnon. Prononcé dans le cadre d’une commission parlementaire, cet engagement lie autant la journaliste que la direction de France Télévisions, qui ne peut désormais ignorer cet engagement public sans en assumer les conséquences institutionnelles.
Des audiences solides mais une position fragilisée
Les discussions interviennent dans un contexte d’audiences intermédiaires. Le 24 février 2026, le 20 heures de France 2 a réuni 3,88 millions de téléspectateurs pour 21,5 % de part de marché, contre 4,62 millions et 25,3 % pour Gilles Bouleau sur TF1 (Médiamétrie). Une performance en progression par rapport aux débuts de Léa Salamé à la rentrée de septembre 2025, où le JT oscillait entre 3,7 et 3,8 millions de téléspectateurs autour de 20 % de part d’audience, mais qui avait marqué un creux en janvier 2026 avant de se redresser.
France 2 n’a pas attendu la réunion de cette semaine pour se préparer. Dès l’automne 2025, la rédaction du 20 heures travaillait sur différents scénarios en cas de retrait de sa présentatrice, avec Jean-Baptiste Marteau désigné comme successeur naturel pour assurer l’intérim. La logique retenue est celle d’un basculement complet vers le joker, et non d’une alternance entre les deux présentateurs qui brouillerait les repères du téléspectateur.
Ce dispositif s’appuie sur les précédents de 2019 et 2024, lorsque Léa Salamé s’était déjà mise en retrait de certaines émissions du service public pendant les campagnes européennes, pour éviter tout conflit d’intérêts lié à la tête de liste du Parti Socialiste et Place Publique qu’était alors Raphaël Glucksmann. La présidentielle change cependant radicalement l’échelle du problème : il ne s’agit plus d’une campagne de quelques semaines, mais d’une élection qui structurera durablement le paysage politique et médiatique français.
Glucksmann : la candidature désormais inévitable
Depuis le score de Raphaël Glucksmann aux élections européennes de juin 2024, sa candidature à la présidentielle de 2027 est entrée progressivement dans le domaine du probable. En mai 2025, il refusait encore de se projeter explicitement, déclarant au Monde ne pas vouloir « participer à une foire d’ego ». Mais au fil du second semestre 2025, l’eurodéputé a multiplié les prises de parole programmatiques, la présentation de propositions économiques et européennes, ainsi que la promotion d’un livre d’entretiens — autant de signaux d’une pré-campagne structurée.
En janvier 2026, plusieurs analyses politiques qualifient sa candidature de « probable » voire d’« inévitable ». C’est dans ce contexte de quasi-certitude que s’inscrivent les discussions sur l’avenir de Léa Salamé à l’antenne : le calendrier de son retrait est désormais directement indexé sur celui de l’annonce officielle de son compagnon.
Gestion des conflits d’intérêts dans l’audiovisuel public
Au-delà du cas individuel, cette séquence pose une question structurelle à France Télévisions et, plus largement, à l’ensemble de l’audiovisuel public : comment gérer, de façon transparente et crédible, les situations où la vie privée d’un journaliste crée un risque objectif pour l’indépendance éditoriale d’une rédaction ?
La mise en retrait conditionnelle de la présentatrice du premier journal télévisé du service public constitue une réponse pragmatique à cette question. Si la candidature de Raphaël Glucksmann est officialisée dans les prochaines semaines, la gestion de ce dossier par France Télévisions sera scrutée bien au-delà du seul cas Salamé. Les décisions prises dans ce contexte pourraient servir de référence pour d’autres situations similaires dans le paysage médiatique français, à mesure que la campagne présidentielle de 2027 prendra forme.


