Football : combien gagneront les joueurs de l’équipe de France à la Coupe du monde 2026 ?

Entre 60 000 et 500 000 € : ce que peut toucher un Bleu selon son parcours au Mondial

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La FIFA a fixé l’enveloppe totale de la Coupe du monde 2026 à 727 millions de dollars, dont 655 millions de prize money distribués au mérite sportif. Un chiffre inédit, en hausse sensible par rapport aux 440 millions de dollars alloués au Qatar en 2022. Mais l’argent ne va pas directement dans la poche des joueurs. Il transite par les fédérations, qui décident seules des règles de redistribution.

Ce que verse la FIFA — et à qui

La structure de la dotation est claire. La FIFA distribue les primes aux fédérations nationales, non aux joueurs. En 2026, le champion recevra 50 millions de dollars. Le finaliste, 33 millions. Les équipes éliminées au premier tour empochent 9 millions, auxquels s’ajoutent 1,5 million par sélection qualifiée au titre des frais de préparation. Le plancher garanti pour chaque équipe présente au tournoi s’établit donc à 10,5 millions de dollars, quelle que soit la performance sportive.

C’est la fédération — en l’occurrence la FFF — qui décide ensuite du montant reversé au groupe, de la clé de répartition entre joueurs et staff, et des critères retenus. Le mécanisme est peu transparent et ne fait l’objet d’aucune obligation de publication.

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La règle des 30 % : l’unique repère connu

En 2022, la FFF avait communiqué sur un taux de redistribution de 30 % de la dotation FIFA au profit du groupe joueurs et staff. Ce pourcentage constitue aujourd’hui la seule référence publique disponible pour estimer les montants 2026. Sur cette base, et en appliquant la même logique — 26 joueurs plus un staff équivalant à quatre parts supplémentaires —, Europe 1 calculait un ordre de grandeur de 402 000 euros par joueur en cas de victoire finale.

Pour Qatar 2022, RTL avançait un montant total de 490 000 euros perçu par un joueur des Bleus sur l’ensemble du tournoi, combinant prime de performance (280 000 euros) et primes liées au droit à l’image (30 000 euros par match). La FFF n’a pas encore arrêté sa position pour 2026, ni rendu publique une éventuelle révision de ce taux. Tout calcul définitif reste donc conditionnel à cette décision.

Primes de match et droits à l’image : le deuxième flux de revenus

Parallèlement aux primes de performance, les joueurs de l’équipe de France perçoivent une rémunération liée à l’exploitation de leur image lors des matches internationaux. Ce mécanisme, distinct de la prime sportive, fonctionne comme un flux régulier tout au long du tournoi.

Les montants documentés varient selon les sources et les périodes : La Croix évoquait 25 000 euros par rencontre en 2022, quand RTL citait 30 000 euros pour le même Mondial. Cet écart reflète la variabilité des termes négociés entre le groupe joueurs et la fédération, selon le cadre de la compétition et les clauses contractuelles en vigueur. La question du contrôle de l’image des Bleus a par ailleurs généré des tensions publiques à plusieurs reprises, faisant de ce poste un point sensible des relations entre joueurs et FFF.

Scénarios chiffrés : ce que peut espérer un joueur en 2026

En conservant le taux de 30 % appliqué en 2022 et en intégrant les nouvelles dotations FIFA, voici les fourchettes envisageables selon le parcours des Bleus :

Une élimination au premier tour (dotation FFF de l’ordre de 3,15 M$ à redistribuer) représenterait, avec les primes de match sur trois rencontres, un total compris entre 60 000 et 100 000 euros par joueur. Un parcours jusqu’en quart de finale — dotation FFF de 4,5 à 5,7 M$ — porterait l’enveloppe individuelle entre 150 000 et 220 000 euros. En cas de victoire finale (15 M$ à redistribuer sur la base de 30 % de 50 M$), le montant par joueur pourrait dépasser 500 000 euros, primes de match incluses.

Ces estimations restent indicatives : elles dépendent du taux effectivement retenu par la FFF, de la composition exacte du staff pris en compte dans la répartition, et des éventuels bonus individuels négociés en marge de l’accord collectif.

Sponsors personnels : le Mondial comme accélérateur, pas comme guichet

La Coupe du monde ne déclenche pas automatiquement des versements supplémentaires des sponsors personnels des joueurs. Son impact sur les revenus privés est plus indirect : elle amplifie l’exposition médiatique mondiale, ce qui se traduit ensuite par des renégociations contractuelles, l’activation de clauses de bonus ou la signature de nouveaux partenariats.

L’effet varie considérablement selon le statut du joueur. Un titulaire indiscutable qui rayonne lors d’un tournoi peut enregistrer une revalorisation substantielle de sa valeur commerciale dans les mois suivants. Un remplaçant peu exposé en profitera marginalement. La FIFA ne versant rien directement aux joueurs à ce titre, les revenus sponsors restent entièrement déterminés par le droit privé et les contrats individuels, dans un cadre fiscal et juridique complexe qui distingue notamment les revenus d’image des revenus professionnels selon les montages retenus.

L’argent FIFA qui va aux clubs, pas aux joueurs

Un flux financier passe souvent inaperçu dans les analyses consacrées aux rémunérations des internationaux : la compensation versée par la FIFA aux clubs qui libèrent leurs joueurs pour le tournoi. Pour Qatar 2022, ce mécanisme — le Club Benefits Programme — a représenté 209 millions de dollars au total, soit environ 10 950 dollars par joueur et par jour de mise à disposition.

Ces sommes ne transitent pas par les joueurs : elles sont versées aux clubs via les associations nationales. Elles pèsent néanmoins dans l’équilibre économique du football international, en partie pour compenser les clubs des risques liés aux blessures ou à la fatigue accumulée lors des grandes compétitions. Pour les dirigeants d’entreprise et décideurs économiques qui suivent l’écosystème du football professionnel, ce poste illustre la complexité des flux financiers qui structurent la relation clubs-sélections au sommet du jeu mondial.

Ce que l’augmentation FIFA change réellement

La hausse des dotations de la FIFA entre 2022 et 2026 est substantielle. Elle ne se répercute pas mécaniquement sur les salaires des joueurs. La décision appartient à la FFF, qui peut conserver son taux de 30 %, le réviser à la hausse ou à la baisse, ou revoir la clé interne de répartition. Tant que la fédération française n’a pas communiqué sa position, toute projection précise reste une extrapolation. Ce que l’on sait avec certitude : l’enveloppe à distribuer est plus grande qu’en 2022, et le plancher garanti pour les Bleus — quelle que soit l’issue sportive — est désormais supérieur à dix millions de dollars.



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