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En quelques jours, l’Olympique de Marseille a basculé dans une crise de gouvernance sans précédent. Frank McCourt a repris le contrôle du club, déclassant son président Pablo Longoria après cinq ans à la tête de l’OM. En coulisses, un départ du dirigeant espagnol est désormais jugé inévitable.
Le 5-0 face au PSG, détonateur d’une crise en série
Tout commence au Parc des Princes. La lourde défaite concédée face au Paris Saint-Germain — cinq buts à zéro — a déclenché une séquence dont l’OM peine encore à mesurer les conséquences. Dans la foulée de ce naufrage, la direction a choisi de « démissionner » Roberto De Zerbi, recruté pour incarner un projet sur la durée. Il aura tenu moins d’une saison complète.
Le timing est d’autant plus brutal que Pablo Longoria, seize jours seulement avant ce licenciement, comparait publiquement l’avenir souhaité de De Zerbi à celui de Diego Simeone à l’Atlético de Madrid. Une sortie qui, à la lumière des événements, a sévèrement entamé la crédibilité du président marseillais.
McCourt débarque à Marseille et change tout
Face à l’ampleur de la crise, Frank McCourt s’est déplacé personnellement à Marseille — signal fort d’un propriétaire qui, habituellement, administre le club à distance. À l’issue de cette visite, un communiqué officiel a acté une refonte en profondeur de l’organigramme.
Le message est sans ambiguïté : Longoria est déclassé de ses fonctions exécutives. Dans le même mouvement, McCourt a réhabilité Mehdi Benatia, le directeur du football qui avait présenté sa démission dans les heures suivant le limogeage de De Zerbi. Une décision que Longoria n’avait pas anticipée — ou pas souhaitée.
La trajectoire de Mehdi Benatia résume à elle seule les luttes de pouvoir qui traversent le club. Démissionnaire, retenu, puis finalement réhabilité par le propriétaire contre l’avis implicite du président : l’ancien défenseur international est devenu le symbole d’un rapport de force que Longoria a perdu.
Selon plusieurs médias spécialisés, les relations entre les deux hommes se sont considérablement dégradées ces dernières semaines, au point de rendre leur cohabitation quasi impossible. Les désaccords portaient autant sur la gestion sportive quotidienne que sur la réponse à apporter à la crise.
Neuf entraîneurs, 542 millions : le vrai bilan Longoria
Cinq ans après son arrivée comme directeur général du football à l’été 2020, puis sa nomination à la présidence en février 2021, Pablo Longoria laisse derrière lui un bilan sportif marqué par une instabilité chronique. Sous son autorité, l’OM a aligné neuf entraîneurs différents — sans compter les intérims — aucun n’ayant accompli deux saisons complètes.
Sur le marché des transferts, le club a enregistré 145 mouvements en cinq ans : 66 arrivées, 79 départs. La facture dépasse les 542 millions d’euros en indemnités versées, pour 336,5 millions récupérés sur les ventes. Soit plus de 100 millions nets dépensés chaque saison. Près de la moitié des recrues ont quitté le club avant leur deuxième saison.
Cette instabilité structurelle a progressivement épuisé une base de supporters parmi les plus mobilisées d’Europe. L’OM tourne à plus de 61 000 spectateurs de moyenne en Ligue 1 — premier du championnat à ce titre — et la plupart des rencontres se jouent à guichets fermés.


