DSPM : Pourquoi votre entreprise ne sait probablement pas où sont vraiment ses données

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Les entreprises produisent aujourd’hui des volumes de données vertigineux. Fichiers clients, bases RH, historiques d’achats, logs techniques, sauvegardes cloud, exports oubliés sur un serveur interne. Tout s’empile. Tout circule. Et pourtant, une question simple met souvent mal à l’aise : savez-vous précisément où se trouvent vos données sensibles ?

C’est là qu’intervient la gestion de la posture de sécurité des données, plus connue sous l’acronyme DSPM. Pour comprendre en détail ce que recouvre ce concept et ses implications concrètes, on peut se référer à cette ressource dédiée au DSPM, qui en explique les fondements et les usages dans les environnements modernes. Le DSPM ne remplace pas un antivirus. Il ne bloque pas directement une attaque. Il joue un autre rôle, plus stratégique. Il permet d’identifier, de cartographier et d’évaluer l’exposition des données sensibles au sein d’un système d’information, en particulier dans le Cloud.

Une cartographie des données à l’ère du Cloud

Depuis dix ans, l’architecture IT des entreprises s’est profondément transformée. Les applications ne sont plus seulement hébergées dans un data center interne. Elles sont réparties entre AWS, Azure, Google Cloud, des outils SaaS comme Salesforce ou Microsoft 365, sans oublier les bases de données locales et les environnements de test.

Résultat : la donnée est partout. Et elle se duplique. Un fichier exporté pour une analyse marketing peut se retrouver stocké sur un espace partagé. Une base de test peut contenir des données réelles. Un stockage Cloud mal configuré peut devenir accessible depuis Internet.

Le DSPM intervient pour rendre visible cette complexité. Il analyse les environnements afin de détecter automatiquement les données sensibles. Il identifie par exemple les informations personnelles, les numéros de carte bancaire, les données de santé ou les informations financières. Il ne se contente pas de les repérer. Il les classe selon leur niveau de sensibilité et selon les réglementations applicables, comme le RGPD en Europe. Ensuite, il examine les droits d’accès. Qui peut consulter ces données ? Combien de collaborateurs disposent d’autorisations étendues ? Existe-t-il des comptes techniques oubliés mais toujours actifs ?

Ce travail de cartographie est fondamental. Car dans de nombreux cas, les incidents de sécurité des données ne proviennent pas d’un piratage sophistiqué. Ils sont liés à des erreurs de configuration ou à des accès trop larges.

Vous avez peut-être déjà entendu parler de bases de données exposées publiquement sans mot de passe. Ce type d’erreur n’est pas marginal. Il est souvent le résultat d’un empilement d’outils et de configurations mal documentées. Le DSPM apporte donc une vision globale et dynamique de l’exposition des données. Il aide les équipes à comprendre où se situent les risques, et à prioriser les actions correctives.

Un outil de lucidité plus qu’un simple outil de protection

Il est tentant de considérer la cybersécurité comme un ensemble de barrières défensives. Pare-feu, antivirus, systèmes de détection d’intrusion. Ces briques restent indispensables. Mais elles ne répondent pas à une question essentielle : que protège-t-on exactement ?

La gestion de la posture de sécurité des données propose un changement de perspective. Plutôt que de sécuriser un périmètre réseau, elle s’intéresse directement à la donnée elle-même. Où se trouve-t-elle ? Dans quel contexte ? Avec quels niveaux d’exposition ?

Cette approche est particulièrement pertinente à l’heure du multi-cloud et des architectures distribuées. Les frontières traditionnelles ont disparu. Les collaborateurs travaillent à distance. Les partenaires ont des accès temporaires. Les environnements évoluent rapidement. Dans ce contexte, maintenir une vision claire de la surface d’exposition des données devient un enjeu stratégique. Sans visibilité, il est difficile de prioriser les investissements ou d’anticiper les risques.

Le DSPM s’intègre généralement à d’autres outils de sécurité comme les solutions de gestion des identités ou les plateformes de supervision des événements. Il ne fonctionne pas en silo. Il enrichit l’écosystème existant en apportant une couche d’analyse centrée sur la donnée.

Concrètement, une entreprise qui adopte une démarche DSPM peut découvrir que certaines bases contiennent des données personnelles non chiffrées. Elle peut identifier des comptes disposant de privilèges excessifs. Elle peut repérer des environnements de développement contenant des copies complètes de bases de production.

Ce sont souvent ces zones grises qui représentent le plus grand risque. On parle beaucoup d’attaques sophistiquées et de menaces géopolitiques. Mais dans la pratique, une part significative des incidents découle d’un manque de visibilité. Le problème n’est pas toujours la malveillance. Il est parfois organisationnel. En ce sens, le DSPM agit comme un révélateur. Il met en lumière les incohérences, les oublis, les approximations. Il permet de passer d’une sécurité déclarative à une sécurité mesurée. Si vous dirigez une entreprise ou si vous êtes responsable IT, la question n’est peut-être plus de savoir si vous avez mis en place des outils de protection. Elle consiste plutôt à vérifier si vous disposez d’une vision précise et actualisée de vos données sensibles.

À mesure que les réglementations se renforcent et que les volumes de données continuent de croître, cette capacité de cartographie devient un atout stratégique. Elle ne garantit pas l’absence d’incident. Mais elle réduit l’angle mort. Et dans un environnement numérique en constante évolution, réduire l’angle mort est déjà une forme d’avance.



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