Afficher le sommaire Masquer le sommaire
La courbe de la natalité française ne s’affaisse pas : elle s’effondre. Face à ce vide démographique qui menace, à terme, le financement de nos retraites, l’État a sorti son carnet de chèques. Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau « congé de naissance » est né. Mais attention à ne pas vous laisser éblouir par les annonces : la mécanique de ce dispositif cache une facture salée et un calendrier à retardement.
A LIRE AUSSI
Congé maternité 2026 : quel montant pouvez-vous vraiment toucher ?
La fin du Congé Parental d’Éducation
C’est une rupture brutale avec l’ancien monde. Souvenez-vous du « Congé Parental d’Éducation » (PreParE). C’était une aumône : 448 euros par mois. Une somme dérisoire qui excluait de facto les pères et précarisait les mères. Ce système est mort, ou presque, tué par son inefficacité.
Le nouveau dispositif change la règle du jeu. L’indemnisation n’est plus forfaitaire, elle devient proportionnelle. Le calcul est simple : l’État vous verse 70 % de votre salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois.
Prenons un exemple concret. Pour un salaire moyen, c’est un gain de pouvoir d’achat immédiat par rapport à l’ancien système. Mais il y a un plafond, et il est implacable. L’indemnisation est calculée dans la limite du Plafond Mensuel de la Sécurité Sociale (PMSS), fixé pour 2026 à 4 005 euros. Si vous gagnez plus, tant pis pour vous : l’État ne subventionne pas les hauts salaires. C’est la limite de la générosité publique.
L’engrenage du calendrier
Mais voici le détail que beaucoup oublient, et qui risque de créer des déceptions. Nous sommes en février 2026. Si votre enfant naît aujourd’hui, vous êtes théoriquement éligible, puisque la loi couvre les enfants nés à partir du 1er janvier. Or, vous ne toucherez pas un centime tout de suite.
Le dispositif n’est techniquement accessible qu’à partir du 1er juillet 2026. C’est un décalage administratif classique : le droit est ouvert, mais le guichet est fermé. Les parents d’enfants nés cet hiver devront donc patienter, ou bricoler avec des congés payés, en attendant l’été pour débloquer cette nouvelle manne.
Un pari économique
Pourquoi ce délai ? Parce que la machine administrative est lente, certes, mais aussi parce que ce nouveau droit coûte cher. Très cher. En remplaçant une allocation de 448 euros par un quasi-salaire, la Sécurité sociale s’engage dans une dépense massive. C’est un pari économique : payer les parents aujourd’hui pour fabriquer les cotisants de demain.
Reste une interrogation : cette indemnisation plus généreuse suffira-t-elle à relancer la natalité ? Rien n’est moins sûr. L’argent aide, c’est une certitude. Mais il ne remplace pas la confiance en l’avenir. Et ça, aucun chèque de la CAF ne peut l’acheter.


