IPTV : la lutte contre le piratage se durcit

L'IPTV illégale coûte 1,5 milliard d'euros par an à la France. Les autorités frappent fort avec 13 000 sites bloqués. Pour quel résultat ?

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Le 2 février 2026, une opération coordonnée depuis La Haye a frappé un nouveau coup contre le piratage audiovisuel à grande échelle. Sous l’égide d’Eurojust et d’Europol, cette offensive transnationale a visé 31 suspects accusés d’avoir monté plusieurs services IPTV pirates à l’échelle mondiale, engrangeant plusieurs millions d’euros de revenus mensuels. L’opération a mobilisé sept pays — Italie, Roumanie, Espagne, Royaume-Uni, Canada, Kosovo et Corée du Sud — et des experts d’Europol déployés sur le terrain pour traquer une organisation soupçonnée de diffusion non autorisée de contenus payants, d’accès illégal à des systèmes d’information, de fraude informatique et de blanchiment.

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Ce coup de filet illustre la montée en puissance d’une répression qui ne cible plus seulement des sites pirates isolés, mais une économie parallèle structurée, appuyée sur des infrastructures internationales et drainant plusieurs milliards d’euros. Derrière les abonnements à 40 euros par an pour « tout le foot et toutes les chaînes », les autorités décrivent désormais un système industriel alimentant des réseaux criminels. En réponse, les États multiplient blocages dynamiques, ordonnances visant les intermédiaires techniques comme les DNS ou les VPN, et incriminations pénales aggravées. Pourtant, comme le reconnaît la Commission européenne elle-même dans son évaluation du 20 novembre 2025, le niveau global de piratage ne recule pas vraiment.

Un marché parallèle à plusieurs milliards d’euros

L’ampleur du phénomène justifie cette intensification répressive. En 2022, un rapport mené par l’université de Bournemouth pour l’Audiovisual Anti-Piracy Alliance évaluait à 17,1 millions le nombre de consommateurs de services IPTV pirates en Europe, population des 16-74 ans, soit 4,5 % de la population de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Le manque à gagner pour les offres payantes légales atteignait 3,21 milliards d’euros, tandis que les opérateurs illicites captaient 1,06 milliard d’euros de revenus.

Les dernières analyses de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle, portant sur la période 2017-2023, confirment que les internautes européens accèdent en moyenne dix fois par mois à des contenus protégés via des services illégaux. La télévision, y compris l’IPTV, représente à elle seule environ la moitié de ces accès illicites. Les visites de sites d’inscription à des services IPTV pirates ont augmenté d’environ 10 % en 2023. Pour la première fois, l’EUIPO a tenté de mesurer spécifiquement l’IPTV : ses simulations suggèrent qu’au moins 1 % des internautes de l’UE-27 ont été abonnés à un service IPTV pirate sur la période 2022-2023, avec une tendance à la hausse et un « stock de potentiels utilisateurs » en expansion.

En France, le phénomène n’est plus appréhendé seulement en termes de « piratage », mais de choc macro-économique. Selon une étude d’impact socio-économique commandée par l’Arcom au cabinet PMP et publiée le 28 novembre 2024, le manque à gagner global lié à la consommation illicite de contenus audiovisuels atteint 1,5 milliard d’euros par an pour l’économie française. L’audiovisuel hors sport concentre 1,2 milliard d’euros de pertes, dont 710 millions d’euros pour la vidéo, 190 millions d’euros pour la télévision payante et 160 millions d’euros pour l’exploitation en salle. Le sport représente environ 290 millions d’euros de pertes, soit 15 % d’un marché légal estimé à 1,9 milliard d’euros en 2023. L’impact sur les finances publiques est également documenté : l’étude estime à environ 230 millions d’euros le manque à gagner annuel en TVA, et à près de 190 millions d’euros celui lié aux cotisations sociales et impôts, pour un total de l’ordre de 420 millions d’euros par an.

Le baromètre 2024 de la consommation illicite de programmes sportifs indique qu’environ 18 % des Français ont regardé au moins une fois des retransmissions sportives de manière illégale en 2024, contre 19 % en 2023, témoignant d’une stabilisation à un niveau élevé. Dans ce total, 16 % déclarent être passés par des sites de streaming illégaux et 12 % par des solutions d’IPTV. L’Arcom estime par ailleurs qu’environ 11 % des internautes français ont déjà recouru à une offre d’IPTV illégale.

Les travaux récents de l’Arcom dessinent un profil de l’usager très éloigné du cliché du « hacker » isolé. L’âge moyen des usagers d’IPTV illicite est d’environ 35 ans, contre 49 ans pour l’ensemble des internautes. Surtout, 88 % de ces usagers sont également abonnés à au moins un service légal, SVOD ou télévision payante, et leur dépense moyenne avoisine 14,40 euros par mois pour l’IPTV illicite, soit environ 29 % de leur budget média. Autre signal préoccupant : la part des « nouveaux venus ». En 2024, 41 % des utilisateurs d’IPTV illicite déclarent s’y être mis depuis moins d’un an, contre 26 % en 2023, signe que le vivier se renouvelle rapidement.

L’arsenal répressif français se renforce

Face à cette économie parallèle, la France a considérablement durci son dispositif législatif. La loi LOPMI du 24 janvier 2023 a introduit le délit d’« administration illicite d’une plateforme en ligne » à l’article 323-3-2 du Code pénal, permettant de viser directement les opérateurs de plateformes illégales, notamment d’IPTV. En 2025, une loi sur le « piratage audiovisuel aggravé » a encore haussé les plafonds, avec jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende pour l’exploitation de services IPTV illégaux, et un an de prison et 15 000 euros d’amende pour ceux qui en font la promotion, notamment sur les réseaux sociaux.

En théorie, l’utilisateur final peut également être poursuivi pour contrefaçon, passible de trois ans de prison et 300 000 euros d’amende, ou pour recel de contrefaçon, qui expose à cinq ans de prison et 375 000 euros d’amende en cas de connaissance de l’origine frauduleuse. Dans les faits, les sanctions prononcées contre les simples utilisateurs restent très en-deçà de ces maximums, mais le signal est clair.

La France revendique des résultats tangibles. Selon le bilan 2024 de la lutte contre le piratage, l’Arcom a contribué au blocage de plus de 13 000 noms de domaine depuis 2022. Le rapport remis à l’Assemblée nationale sur « les enjeux et les instruments de lutte contre le piratage » affirme que l’audience des services illicites a reculé de 35 % entre 2021 et 2025. Dans le même temps, la proportion de demandes de blocage visant spécifiquement des services IPTV a explosé : 6 % des demandes en 2023, 28 % en 2024, et déjà 40 % sur les trois premiers trimestres 2025. L’Arcom met également en avant le blocage de 3 797 services de diffusion illégale d’événements sportifs pour la seule année 2024.

2026 : les intermédiaires techniques dans le viseur

Le durcissement ne se limite plus aux sites pirates. Il vise désormais l’ensemble de la chaîne technique qui permet de les atteindre, marquant une rupture stratégique dans l’approche répressive.

Dès janvier 2026, l’Arcom a obtenu du tribunal judiciaire de Paris une ordonnance imposant au résolveur public Google DNS de bloquer 19 noms de domaine liés à du streaming sportif illégal pendant toute la saison 2025-2026 de Ligue des champions, avec la possibilité pour le régulateur d’ajouter de nouveaux domaines en cours de route. Cette décision du 12 janvier 2026 transforme un opérateur d’infrastructure globale en auxiliaire du filtrage de contenus.

En parallèle, l’Arcom a transmis à Google, le 11 décembre 2025, une liste de plus de 600 sites pirates, ramenée à 326 portails distincts après élimination des doublons, que le moteur de recherche doit déréférencer ou bloquer pour les internautes français.

Surtout, la France a franchi un nouveau cap sur les VPN. Le 14 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par Canal+ sur le fondement de l’article L.333-10 du Code du sport, a ordonné à NordVPN et Surfshark de filtrer l’accès depuis la France à 16 plateformes IPTV illégales, accusées de diffuser notamment la Premier League à prix cassé. L’ordonnance qualifie ces VPN d’« intermédiaires techniques essentiels à la transmission des données » et les soumet à une astreinte de 500 à 1 000 euros par jour de retard en cas de non-exécution.

Des analyses juridiques publiées fin janvier et début février 2026 insistent sur la portée de cette décision : le VPN en tant que technologie reste légal, mais les serveurs de sortie spécifiquement identifiés comme facilitant le contournement d’ordonnances de blocage peuvent désormais être ciblés par des injonctions de blocage dynamiques. Dans une fiche d’information mise en ligne le 7 janvier 2026, l’Arcom rappelle que l’IPTV en soi est un simple protocole, mais que 11 % des internautes français déclarent avoir utilisé des offres IPTV illégales et s’exposent à des poursuites, tout en faisant courir des risques à leurs données personnelles et à leurs moyens de paiement.

Piracy Shield : le laboratoire italien et ses failles

Sur le plan européen, l’Italie est souvent citée comme laboratoire d’un modèle de blocage en temps réel. La loi numéro 93 de 2023 a confié à l’Autorité de régulation des communications, l’AGCOM, une plateforme dédiée, Piracy Shield, chargée de coordonner le blocage quasi instantané de flux pirates, notamment de football.

Dès février 2024, l’AGCOM revendiquait le blocage de 65 résolveurs DNS et 8 adresses IP impliqués dans la diffusion illégale de la 23e journée de Serie A, dans les 30 minutes suivant le signalement. En 2024-2025, le champ de Piracy Shield a été étendu aux fournisseurs de VPN et de DNS alternatifs, et à des contenus au-delà du seul football.

Mais ce système fait l’objet de critiques nourries. EuroISPA, qui représente les fournisseurs d’accès européens, dénonce dans une prise de position du 16 avril 2025 un dispositif coûteux, juridiquement fragile au regard du statut d’« hébergeur technique » et générateur de risques de sur-blocage, en particulier lorsqu’il conduit à bloquer des adresses IP partagées entre services illicites et légitimes.

Une étude technique publiée le 13 février 2026 par des chercheurs de l’université de Twente sur la plateforme RIPE Labs documente des coupures touchant des services parfaitement légitimes, y compris des services de cloud grand public, du fait de blocages ciblant des IP partagées. L’étude pointe également l’absence de prise en charge d’IPv6, qui offre de facto des voies de contournement aux pirates. Ces failles techniques et ces effets collatéraux questionnent la soutenabilité à long terme d’un modèle présenté comme exemplaire.

L’offensive transnationale s’industrialise

La montée en puissance des blocages nationaux s’accompagne d’une judiciarisation internationale qui passe du stade du « whack-a-mole » — frapper au hasard des cibles qui réapparaissent aussitôt — à une coordination systématique des enquêtes.

Le 26 novembre 2024, l’opération « Taken Down », coordonnée par Eurojust et soutenue par Europol, a visé un service présenté comme l’un des plus importants réseaux de streaming illégal au monde, fort de plus de 22 millions d’utilisateurs, diffusant plus de 2 500 chaînes et encaissant environ 250 millions d’euros de recettes mensuelles pour un préjudice estimé à 10 milliards d’euros par an pour les détenteurs de droits. Au total, 102 suspects ont été identifiés, 11 personnes arrêtées, 29 serveurs et 270 boîtiers IPTV saisis, ainsi qu’environ 1,6 million d’euros en cryptomonnaies et 40 000 euros en numéraire.

L’opération du 2 février 2026, coordonnée depuis La Haye, s’inscrit dans cette même logique d’industrialisation. Les 31 suspects visés sont accusés de diffusion non autorisée de contenus payants, d’accès illégal à des systèmes d’information, de fraude informatique et de blanchiment, pour des revenus estimés à plusieurs millions d’euros par mois. La mobilisation de sept pays et le déploiement d’experts Europol sur le terrain témoignent d’une montée en compétence des autorités judiciaires dans le démantèlement de ces structures transnationales.

Ces actions s’inscrivent dans une continuité : aux Pays-Bas, une opération de mai 2023 avait déjà démantelé un service fournissant plus de 10 000 chaînes et 15 000 films et séries à plus de 100 000 utilisateurs en Europe, pour environ 10 euros par mois, débouchant sur l’arrestation de quatre suspects et la saisie de liquidités, véhicules et comptes.

Le paradoxe central : durcissement sans résultat

Pourtant, malgré cette sophistication croissante de la répression, le bilan global reste contrasté. Dans ce contexte, la Commission européenne tente d’imposer un cadre commun. Sa recommandation du 4 mai 2023 sur la lutte contre le piratage des événements sportifs et autres événements en direct invitait les États membres à recourir à des blocages dynamiques et à accélérer le traitement des notifications, sans toutefois créer de nouvelle obligation légale.

Deux ans plus tard, son évaluation officielle, publiée le 20 novembre 2025, est sévère : malgré « quelques développements positifs » — multiplication des injonctions de blocage dynamiques dans certains États, meilleure coopération entre autorités nationales — la recommandation « n’a pas permis de réduire de manière significative le niveau global de piratage des événements en direct ».

Les données consolidées par l’EUIPO et analysées notamment par le cabinet Grant Thornton pour la Live Content Coalition sont édifiantes. En 2024, au moins 10,8 millions de notifications portant sur des retransmissions illicites d’événements live ont été adressées aux intermédiaires, et au premier semestre 2025, ce volume a bondi à 26,2 millions, soit une hausse de 142 % en 18 mois.

Malgré cette avalanche de notifications, 89 % d’entre elles n’ont pas donné lieu à suspension de flux, et seulement 2,7 à 6 % des infractions ont été traitées dans les 30 minutes suivant la notification, alors que la recommandation insistait précisément sur l’urgence d’agir pendant la durée de l’événement. Les fournisseurs de serveurs dédiés concentrent 46 % des notifications en 2024, mais 91 % de ces notifications n’aboutissent à aucune suspension.

La Commission en tire une conclusion sans ambiguïté : sans instrument contraignant, la coopération de certains intermédiaires techniques — hébergeurs, CDN, proxys, clouds — demeure insuffisante, et le recours aux seuls blocages dynamiques, aussi sophistiqués soient-ils, ne parvient pas à infléchir le niveau global de piratage.

Les chiffres de l’EUIPO confirment cette stagnation. Les internautes européens maintiennent en moyenne dix accès illicites par mois, tous types confondus. Les visites de sites d’inscription à des services IPTV pirates ont augmenté d’environ 10 % en 2023, et l’Office constate un « stock de potentiels utilisateurs en expansion ». Autrement dit, malgré 13 000 noms de domaine bloqués en France depuis 2022, malgré les 31 suspects visés le 2 février 2026, le piratage audiovisuel en ligne reste stable à un niveau élevé.

Risques démocratiques et effets collatéraux

L’extension des injonctions à des acteurs comme Google DNS, NordVPN ou Surfshark transforme des opérateurs d’infrastructure globaux en auxiliaires de la censure de contenus, avec des risques avérés de sur-blocage. L’étude de l’université de Twente sur Piracy Shield, publiée le 13 février 2026, documente des coupures affectant des services légitimes sans lien avec le piratage, du fait de blocages d’IP partagées. Des services de cloud grand public se sont ainsi retrouvés inaccessibles sans qu’aucun recours rapide ne soit prévu pour les opérateurs légitimes touchés.

Ces dérives soulèvent des questions juridiques. Le statut d’hébergeur technique, qui protège normalement les intermédiaires de toute responsabilité éditoriale, se trouve fragilisé lorsque ces acteurs sont contraints de filtrer activement les contenus. EuroISPA souligne que cette transformation crée un précédent dangereux, potentiellement extensible à d’autres types de contenus.

L’efficacité technique de ces dispositifs est elle-même limitée. L’absence de prise en charge d’IPv6 dans Piracy Shield offre des voies de contournement faciles aux réseaux pirates, qui disposent de capacités de redéploiement rapides. Les opérateurs illicites peuvent changer de domaine, d’IP ou de serveur en quelques heures, rendant la course technologique asymétrique : la défense doit identifier, signaler, obtenir une ordonnance et bloquer, là où l’attaque se contente de migrer son infrastructure.

La variable oubliée : l’attractivité de l’offre légale

Dans le même temps, les études Arcom comme celles de l’EUIPO convergent sur un point essentiel : une part significative des usagers illicites se déclarent prêts à se tourner vers le légal. Selon l’étude d’impact socio-économique de l’Arcom, 70 % des consommateurs de contenus audiovisuels illicites affirment qu’ils basculeraient vers une offre légale si l’accès pirate disparaissait. Pour le sport, la proportion est de 45 %, mais elle monterait à 82 % en cas d’offre jugée plus attractive.

Ce chiffre révèle un paradoxe : 88 % des utilisateurs d’IPTV illégale sont également abonnés à au moins un service légal, et leur dépense moyenne pour l’illégal, 14,40 euros par mois, démontre une capacité et une volonté de payer. Le problème ne semble donc pas uniquement tarifaire, mais renvoie à des questions d’accessibilité, de simplicité et de complétude de l’offre légale.

Le succès à long terme de la lutte contre l’IPTV illégale se joue donc autant sur le terrain de l’offre — simplification des bouquets, prix, accessibilité — que sur celui de la répression. La multiplication des abonnements nécessaires pour accéder à l’ensemble des compétitions sportives, par exemple, alimente mécaniquement la demande pour des offres pirates qui promettent « tout le foot » pour quelques dizaines d’euros par an.

Pourtant, cette dimension structurelle de l’équation demeure largement absente des stratégies publiques, focalisées sur l’intensification des blocages et des poursuites. La Commission européenne reconnaît elle-même qu’en l’absence d’une refonte du modèle économique des droits sportifs et audiovisuels, le recours aux seuls instruments répressifs ne suffira pas à inverser la tendance.

Une bataille structurelle sur une ligne de crête

En 2026, la lutte contre l’IPTV illégale ne se résume plus à la fermeture ponctuelle de quelques sites : elle s’est muée en conflit structurel entre, d’un côté, des réseaux pirates industrialisés, mondialisés, capables de se redéployer en quelques heures après un blocage, et, de l’autre, un empilement de dispositifs nationaux et européens dont l’efficacité globale reste questionnée.

L’opération du 2 février 2026 contre 31 suspects, les ordonnances visant NordVPN et Google DNS en janvier 2026, l’évaluation sans concession publiée par la Commission européenne en novembre 2025, les opérations coordonnées d’Eurojust contre des groupes engrangeant plusieurs millions d’euros par mois dessinent le paysage d’une répression toujours plus sophistiquée. Mais les chiffres de l’EUIPO — dix accès illicites par internaute et par mois, une IPTV en progression, un stock d’utilisateurs en expansion — rappellent que, jusqu’ici, le « coup d’arrêt » promis n’a pas eu lieu.

Entre la tentation d’un filtrage en temps réel toujours plus intrusif, avec ses risques de sur-blocage et ses atteintes aux libertés numériques documentées par l’étude de l’université de Twente, et la nécessité de repenser un modèle économique des droits sportifs et audiovisuels qui a lui-même alimenté l’explosion de l’IPTV pirate, l’Europe avance sur une ligne de crête. C’est sur cette ligne — entre efficacité répressive, soutenabilité démocratique et attractivité de l’offre légale — que se jouera, au-delà des chiffres de blocage et des communiqués d’arrestation, la véritable issue de la bataille contre l’IPTV illégale.



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