Un contrat en or pour STMicroelectronics

STMicroelectronics devient un acteur clé du cloud avec AWS. Un partenariat crucial pour l’avenir de l’IA générative.

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C’est un virage déterminant pour STMicroelectronics. Le groupe franco-italien a annoncé, le 8 février, l’élargissement de son partenariat stratégique avec Amazon Web Services (AWS), à travers un contrat pluriannuel de plusieurs milliards de dollars. L’accord porte sur la fourniture de composants essentiels aux data centers hyperscale du géant américain. La Bourse a immédiatement salué la nouvelle : le titre ST a bondi de 6,5 à 10 % dans la foulée.

Des puces au cœur des performances IA d’AWS

Dans les détails, le contrat prévoit la livraison de briques technologiques au cœur de la performance et de l’efficacité énergétique des serveurs cloud : solutions de connectivité à haut débit, microcontrôleurs avancés pour la gestion de l’infrastructure, circuits analogiques et de puissance. Ces composants visent à répondre à la montée en puissance des besoins en calcul et en gestion thermique dans les fermes de serveurs IA. Une extension logique de la coopération nouée en 2025 entre les deux groupes autour de la photonique sur silicium. Leurs ingénieurs avaient alors mis au point une puce 300 nm combinant interconnexion IA (Sipho PIC100) et connectivité optique (BiCMOS), capable d’atteindre des débits de 800 Gbps à 1,6 Tbps.

Mais le contrat va plus loin. STMicroelectronics entend s’appuyer sur les services cloud d’AWS pour accélérer la conception de ses propres composants. Objectif : tirer parti des outils EDA (electronic design automation) mis à disposition pour raccourcir les cycles de développement. Un mouvement qui traduit une transformation plus large dans l’industrie des semi-conducteurs, sous pression constante pour innover plus vite.

Pour ST, dont l’essentiel du chiffre d’affaires provient encore des capteurs MEMS, des circuits analogiques et des microcontrôleurs, cette percée dans les infrastructures cloud change la donne. Le segment représentait moins de 14 % de ses ventes en 2025. Mais le contrat avec AWS élargit la base clients au-delà des traditionnels géants industriels et technologiques – Apple, Tesla – pour toucher un secteur en plein essor, dopé par les besoins massifs en IA générative. Avec un chiffre d’affaires de 11,8 milliards de dollars en 2025 et une marge brute de 33,9 %, le groupe dispose d’une assise solide pour affronter ce virage.

AWS muscle ses data centers

Du côté d’AWS, l’enjeu est tout aussi stratégique. L’entreprise multiplie les investissements pour muscler ses infrastructures IA. Le patron Andy Jassy évoque jusqu’à 200 milliards de dollars d’investissements pour 2026, dont le très ambitieux « Project Rainier », prévoyant l’intégration de 500 000 puces Trainium2 destinées à soutenir Anthropic. En parallèle, AWS a ajouté 3,8 GW de capacité de data centers en un an. Les composants ST se retrouvent ainsi embarqués dans les architectures Trainium et Inferentia, contribuant à optimiser les charges de travail IA, tout en assurant la scalabilité et la rentabilité des déploiements.

La structuration financière du contrat illustre l’engagement des deux partenaires. ST a consenti à AWS des warrants portant sur l’acquisition de 24,8 millions d’actions, soit 2,7 % du capital, sur une période de sept ans. L’exercice de ces options dépendra du volume d’achats réalisés, à un prix fixé à 28,38 dollars l’unité. Une mécanique incitative comparable à d’autres accords de la tech, comme ceux signés entre OpenAI et AMD ou encore Nvidia et Nokia. Elle traduit un niveau d’engagement bien supérieur aux 706 millions de dollars avancés par certains analystes. En renforçant ses positions dans la chaîne de valeur du cloud et de l’intelligence artificielle, STMicroelectronics franchit un cap.



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