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Jean-Marc Morandini a annoncé lundi 9 février son retrait temporaire de l’antenne de CNews. Il affirme avoir proposé cette décision à la direction « afin de rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction », sans en préciser la durée. Officiellement, il ne quitte pas le groupe Canal+, dont il reste salarié. Mais en réalité, ce retrait s’inscrit dans un contexte de rejet croissant en interne et d’un désaveu net au plus haut niveau de la chaîne.
La décision intervient après la confirmation, mi-janvier, par la Cour de cassation de sa condamnation à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour corruption de mineurs, en lien avec des échanges à caractère sexuel avec trois adolescents entre 2009 et 2016. La justice lui interdit également toute activité en contact avec des mineurs et l’a inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
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Un malaise interne devenu insoutenable
Dans les coulisses de CNews, la présence de Jean-Marc Morandini à l’antenne était devenue un sujet de discorde majeur. Plusieurs journalistes ont exprimé leur exaspération, et la rédaction a vu partir des figures importantes, dont Sonia Mabrouk. La crise s’est étendue au politique, avec des élus décidant de boycotter Morandini Live. Loin d’être le fruit d’une décision individuelle, ce retrait est surtout l’aboutissement d’un rapport de force interne. D’après plusieurs sources proches de la direction, la hiérarchie de CNews désignait désormais Morandini comme « le boulet », embarrassée par la gestion de son cas mais freiné jusqu’ici par des considérations d’audience.
La direction contrainte d’agir face à l’isolement croissant de l’animateur
Initialement, le groupe Canal+ avait choisi de maintenir l’animateur à l’antenne malgré sa condamnation, assumant publiquement cette position mi-janvier. Mais face à la levée de boucliers interne, au climat de défiance généralisé dans la rédaction et à la pression extérieure, la direction a revu sa stratégie. Le retrait de Jean-Marc Morandini marque un tournant, dicté bien plus par la volonté de préserver la cohésion de la rédaction que par une initiative personnelle.
Officiellement, aucune démission n’est annoncée. Mais en interne, ce retrait est perçu comme une mise à l’écart déguisée. La direction de CNews doit désormais trouver un remplaçant pour la case de fin de matinée, tout en gérant les conséquences d’une crise qui a terni l’image de la chaîne et relancé le débat sur la responsabilité des médias en matière d’éthique publique.


