Afficher le sommaire Masquer le sommaire
La France cultive une singularité précieuse : une épargne réglementée à la fois sûre, disponible, fiscalement avantageuse et encadrée par l’État. Mais encore faut-il savoir par où commencer. Car tous les livrets ne se valent pas. Chacun a ses contraintes, ses plafonds, son accessibilité et, surtout, son rendement.
Un contribuable peu ou pas imposé peut aujourd’hui cumuler Livret A, LDDS et LEP pour placer jusqu’à 44 950 euros en toute sécurité. En ajoutant un PEL et un CEL, le plafond grimpe à 120 000 euros. De quoi couvrir un large éventail de besoins, du matelas de précaution aux projets immobiliers.
Cette mécanique typiquement française reste une rareté en Europe. Certains y voient un rempart contre les aléas économiques. D’autres y lisent une incitation à l’inaction financière. Mais le débat ne dispense pas de faire un choix éclairé.
A LIRE AUSSI
Placements durables : que vaut le nouveau Plan d’Épargne Avenir Climat (PEAC) ?
Le LEP, premier de la classe en 2026
Six critères structurent l’arbitrage entre les différents produits : rendement, plafond, accessibilité, disponibilité, sécurité, et usage des fonds. Et en 2026, un nom s’impose en tête : le LEP. À 2,50 %, il dépasse le Livret A et le LDDS, plafonnés à 1,50 %. Une performance due à sa formule de calcul avantageuse — inflation ou Livret A majoré d’un demi-point — et à un coup de pouce politique.
Le Livret Jeune n’est pas en reste : réservé aux moins de 25 ans, il garantit au minimum le taux du Livret A, mais souvent plus. À l’autre extrémité du spectre, le PEL se distingue par sa capacité d’accueil (jusqu’à 61 200 euros), au prix d’une fiscalité et de règles de retrait plus strictes.
Voici les données essentielles, à jour en février 2026 :
- Livret A : 1,50 %, plafond 22 950 €, aucun impôt
- LDDS : 1,50 %, plafond 12 000 €, aucun impôt
- LEP : 2,50 %, plafond 10 000 €, aucun impôt
- Livret Jeune : au moins 1,50 %, plafond 1 600 €, aucun impôt
- PEL : 2 % brut (1,4 % net), plafond 61 200 €, fiscalité appliquée
- CEL : 1 %, plafond 15 300 €, fiscalité appliquée
Plafonds, conditions : ce que vous pouvez ouvrir
Les conditions d’accès varient : le Livret A reste universel, ouvert à tous, sans condition de revenus ni d’âge. Le LEP, lui, s’adresse aux ménages dont le revenu fiscal de référence reste sous 23 028 euros pour une part. Plus de 30 millions de Français seraient éligibles, mais une majorité n’en profitent toujours pas.
Les plafonds ont été revus à la hausse ces dernières années. Le LEP, par exemple, a vu le sien relevé à 10 000 euros en octobre 2023. Mais seul le PEL permet de dépasser largement ce cadre, avec son plafond de 61 200 euros — à condition de respecter un rythme de versements annuels minimum (540 euros).
L’argent est-il disponible à tout moment ?
Côté disponibilité, le Livret A fait figure de référence : retraits à tout moment, dès 10 euros. Idem pour le LDDS, le LEP, le Livret Jeune et le CEL. Le PEL est plus contraignant : aucun retrait partiel possible.
La garantie varie également : l’État protège intégralement le capital des Livret A, LDDS et LEP. Les autres — PEL, CEL, Livret Jeune — dépendent du FGDR, comme tout compte bancaire classique, dans la limite de 100 000 euros par client et par établissement.
À chacun son livret, selon son profil et ses priorités
Enfin, l’usage des fonds. Derrière chaque livret, un fléchage précis : logement social, infrastructures publiques, PME ou transition énergétique. La Caisse des Dépôts centralise une partie de ces ressources — 60 % pour le Livret A et le LDDS, 50 % pour le LEP —, le reste étant utilisé directement par les banques pour financer l’économie.
En résumé, l’ordre d’ouverture dépend du profil. Éligible au LEP ? Il passe en tête. Moins de 25 ans ? Le Livret Jeune est à explorer. Souhait d’utilité sociale ? Le LDDS peut être une option. Besoin de placer de gros montants ? Le PEL devient incontournable, malgré ses contraintes.


