Elon Musk coupe Starlink à la Russie sur le front ukrainien

L’Ukraine affirme avoir désactivé les terminaux Starlink utilisés par les forces russes, grâce à un nouveau système de filtrage mis en place avec SpaceX. Une mesure qui pourrait bouleverser les capacités de communication de Moscou sur le front.

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Depuis le début de l’invasion russe en 2022, la constellation Starlink, exploitée par la société américaine SpaceX, joue un rôle central dans la guerre en Ukraine. Fournissant une connexion internet à haut débit dans les zones dépourvues d’infrastructures terrestres, ce réseau permet aux forces ukrainiennes de maintenir des liaisons sécurisées, même en pleine zone de conflit.

La plateforme est devenue essentielle pour la coordination des unités, le pilotage des drones, la transmission d’images en temps réel et le fonctionnement des services publics et énergétiques. Cette dépendance a poussé Kiev et ses alliés à encadrer strictement l’usage militaire de Starlink, notamment par le biais de contrats avec le Pentagone et de dispositifs de sécurité conçus pour empêcher son utilisation par les forces adverses.

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Malgré les restrictions annoncées par SpaceX, qui affirme ne jamais avoir vendu Starlink à la Russie, des terminaux sont apparus dès 2023 dans les zones occupées. Selon les autorités ukrainiennes, ces équipements ont été acquis par des canaux indirects : sociétés écrans, revendeurs non agréés ou achats via des pays tiers.

L’accès à cette technologie aurait permis aux forces russes d’améliorer la coordination de leurs unités, de guider des frappes de drones en temps réel et de contourner les systèmes de brouillage ukrainiens. Des analystes estiment que cette connectivité a réduit l’avantage technologique initial de Kiev, en offrant aux troupes russes des capacités de communication équivalentes.

Un nouveau système de blocage mis en œuvre par l’Ukraine et SpaceX

Face à cette situation, les autorités ukrainiennes ont intensifié leur coopération avec SpaceX pour mettre en place une solution technique. Depuis début février 2026, un système de « liste blanche » a été activé. Il permet d’autoriser uniquement les terminaux enregistrés auprès du ministère ukrainien de la Défense à se connecter à Starlink dans la zone de guerre.

Les numéros de série des terminaux autorisés sont vérifiés via une plateforme sécurisée. Tous les autres équipements sont automatiquement exclus du réseau ou soumis à des restrictions sévères. Selon les responsables ukrainiens, ce filtrage aurait permis de désactiver une partie des terminaux utilisés par les forces russes sur le front.

SpaceX confirme lutter contre les usages non autorisés et se dit en capacité de désactiver à distance des terminaux liés à des entités sanctionnées. L’entreprise n’a cependant pas fourni de détails techniques, invoquant des raisons de sécurité.

Des effets opérationnels visibles mais à relativiser

Des canaux proches des forces russes, notamment des blogueurs militaires, rapportent des pertes de connexion, des difficultés à guider les drones et à assurer la logistique. Ces perturbations affecteraient en particulier la guerre des drones FPV et la coordination des frappes à distance.
Toutefois, plusieurs experts notent que l’armée russe conserve des réseaux de communication alternatifs, notamment radio, filaires et satellitaires. La coupure de Starlink complique ses opérations, mais ne les paralyse pas.

La Russie sans alternative crédible à court terme

Privée de l’accès à Starlink, la Russie ne dispose pas, pour l’instant, d’alternative équivalente en termes de couverture, de débit et de latence. La constellation OneWeb, exploitée par Eutelsat, reste moins dense et en cours de déploiement. Les projets russes et chinois de constellations à large bande n’ont pas encore atteint une maturité opérationnelle suffisante.

Cette dépendance à une infrastructure privée occidentale met en lumière un déséquilibre stratégique. Elle alimente également des craintes croissantes autour de la militarisation de l’espace et des risques d’escalade.

En 2021, la Russie avait déjà suscité l’inquiétude internationale en détruisant l’un de ses propres satellites lors d’un test antisatellite, provoquant un nuage de débris menaçant la Station spatiale internationale. Ce précédent a ravivé le spectre du « syndrome de Kessler », un scénario où les collisions orbitales en chaîne rendraient certaines orbites inutilisables.

Plusieurs experts estiment qu’une attaque contre Starlink — qui compte plus de 5 000 satellites actifs — aurait des conséquences systémiques, affectant les services spatiaux civils et militaires dans le monde entier.



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