Les JO de Milan Cortina victimes de hackers russes

L’ouverture des JO s’annonce électrique, entre hackers russes et manifestations annoncées.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

À deux jours de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, le ton est monté à Rome. Le gouvernement italien affirme avoir déjoué une vaste cyberattaque visant à la fois le ministère des Affaires étrangères et des infrastructures liées à l’événement. En ligne de mire : un groupe de hackers russes, qui revendique l’opération comme une riposte au soutien italien à l’Ukraine. Dans un climat déjà chargé, la sécurité autour de Milan et Cortina se resserre.

A LIRE AUSSI
Ce que révèle la première cyber attaque IA sans opérateur humain

Une attaque d’ampleur, des cibles sensibles

Antonio Tajani, en déplacement à Washington, n’a pas mâché ses mots. Le chef de la diplomatie italienne évoque une attaque coordonnée, ciblant plusieurs sites du ministère, y compris à l’étranger, ainsi que des lieux liés aux Jeux olympiques, notamment des hôtels dans la région de Cortina d’Ampezzo. Pour lui, l’origine est claire : la Russie. Pas plus de détails pour l’instant, mais une alerte prise au sérieux dans un pays qui s’apprête à accueillir des milliers de visiteurs et de responsables étrangers.

Le ministère a précisé par la suite que 120 sites avaient été touchés. Tous auraient été sécurisés. Le groupe Noname057, déjà connu dans les cercles de cybersécurité, revendique l’opération sur Telegram. Il justifie son action par la politique « pro-ukrainienne » du gouvernement italien. Le choix de la méthode n’étonne guère : une attaque DDoS, qui consiste à inonder un site de requêtes jusqu’à le rendre inaccessible. Classique, mais efficace. L’AFP, de son côté, n’a pas pu vérifier l’origine du canal Telegram utilisé pour cette revendication, tout en notant qu’il correspond aux publications habituelles suivies par les analystes.

Un dispositif en alerte dès janvier

L’Italie, de son côté, dit avoir anticipé. Depuis le 26 janvier, des spécialistes de la cybersécurité sont déployés sur les principaux sites concernés. L’épisode réveille les souvenirs des JO de Paris l’an dernier, lors desquels 141 incidents avaient été recensés, sans conséquences sur le déroulement des épreuves.
Dans ce climat sous tension, Matteo Piantedosi a présenté mercredi le plan de sécurité du ministère de l’Intérieur. L’occasion pour lui de tenter d’éteindre une polémique née ces derniers jours : la présence en Italie d’agents de l’ICE, la police américaine de l’immigration. Le ministre a insisté : ces agents n’ont, et n’auront, aucun rôle opérationnel sur le sol italien. Selon lui, ils ne dépendent pas des unités connues pour leurs méthodes controversées aux États-Unis.

Une mobilisation massive sur le terrain

Les chiffres témoignent d’un effort massif : 6 000 policiers, des tireurs d’élite aux skieurs en passant par les unités cynophiles, seront mobilisés pendant toute la durée des Jeux. S’y ajoutent près de 2 000 militaires, appuyés par 170 véhicules, radars, drones et avions. Le gouvernement a mis 30 millions d’euros sur la table pour la sécurité en 2025, et en prévoit 114 millions de plus en 2026. L’attention se concentre sur Milan, où plusieurs personnalités politiques, dont le vice-président américain JD Vance, sont attendues vendredi pour l’ouverture.
Mais l’agenda officiel ne sera pas le seul à dicter le tempo. Des manifestations sont annoncées dès jeudi, à l’arrivée de la flamme olympique à Milan. Parmi les premiers mobilisés : des militants pro-palestiniens. D’autres rassemblements sont prévus vendredi et samedi, dans un mélange de revendications politiques et environnementales. À quelques heures du coup d’envoi, les JO de Milan Cortina s’ouvrent dans un climat électrique.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire