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C’est une singularité française. Une entreprise capable de construire à la fois des avions de chasse et des jets d’affaires, de livrer des Rafale à l’armée française et des Falcon à des dirigeants du monde entier. Depuis sa renaissance sous l’impulsion de Marcel Dassault en 1945, Dassault Aviation tient sa ligne : indépendance, innovation, exigence. Résultat, un acteur qui pèse dans l’industrie mondiale, avec ses 14 589 salariés et ses 22 sites répartis sur le territoire français.
Le Rafale, une trajectoire commerciale ascendante
Longtemps, il a été l’avion que la France achetait mais que le monde regardait sans signer. Et puis, en 2015, tout bascule. L’Égypte ouvre le bal. L’Inde suit. Les Émirats arabes unis frappent fort en 2021 avec un contrat à 14 milliards d’euros pour 80 appareils. La Grèce, la Croatie, l’Indonésie, la Serbie s’ajoutent les années suivantes. En 2026, le compteur affiche 533 commandes fermes, dont 220 encore à livrer.
Pour suivre le rythme, Dassault accélère la cadence : cinq Rafale doivent sortir chaque mois. À ce jour, 273 appareils sont partis à l’export. La France, elle, en compte 234. Un basculement symbolique, qui consacre le Rafale comme vitrine de l’aéronautique tricolore.
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Mirage, le socle historique de la puissance exportatrice
Bien avant le Rafale, le Mirage. Le Mirage III, d’abord. Un pionnier : 870 exemplaires, 21 pays utilisateurs, des performances inédites pour l’époque. Le Mirage 2000 suit, entré en service en 1984. 601 unités produites, dont près de la moitié à l’export. Dans les airs en 2025, il reste un pilier pour plusieurs armées. Le Mirage F1, autre succès, s’impose surtout en Afrique et au Moyen-Orient avec 725 exemplaires. Et puis le Mirage IV, moins connu du grand public mais crucial : bombardier stratégique de la dissuasion nucléaire française pendant plus de quarante ans.
Falcon, le luxe à haute altitude
Dans l’aviation d’affaires, Dassault trace sa route, à contre-courant des géants américains. Le Falcon 20, en 1963, donne le ton. Plus de 2 700 Falcon livrés depuis, dans 90 pays. Le Falcon 50, puis les 900, 2000, 7X, 8X, 6X… Chaque modèle pousse un peu plus loin la technologie et le confort. Le 7X inaugure les commandes de vol électriques. Le 6X, en service depuis 2023, vise les vols très longs. Le 10X, attendu pour 2027, promet une autonomie de 13 900 kilomètres.
Un segment exigeant, mais stratégique. Il permet de faire tourner la machine industrielle même en période de creux militaire. Et d’exporter une image de haute technologie et de raffinement français.
L’innovation comme fil rouge
Le drone furtif nEUROn, le programme SCAF (avec l’Allemagne et l’Espagne), le Rafale F4 : Dassault investit dans le futur. En 2024, 437 millions d’euros consacrés à la R&D, soit 7 % du chiffre d’affaires. Le Rafale F4 pousse plus loin la connectivité, les capteurs, la guerre électronique. Ces avancées migrent ensuite sur les Falcon. La boucle est bouclée.
Alors que beaucoup d’acteurs du secteur peinent à conjuguer rentabilité et investissements, Dassault affiche un résultat net de 1,056 milliard d’euros en 2024 pour un chiffre d’affaires de 6,23 milliards, en hausse de 30 %. Le carnet de commandes pèse 43,2 milliards, soit 299 avions.
Un outil industriel renforcé
À Mérignac, 3 400 salariés produisent les avions. Et depuis 2025, une nouvelle usine à Cergy — la première depuis les années 70 — complète l’ensemble. 40 000 m², 1 200 personnes, des tronçons avant et fuselages pour Rafale et Falcon. Un investissement structurant, en phase avec la montée en cadence.
Familial, rentable, technologique. Dassault Aviation poursuit sa route sans tapage, fidèle à son ADN. À contre-cycle parfois. Mais avec une constance rare dans le secteur.


