Afficher le sommaire Masquer le sommaire
Cette année, le Ramadan devrait débuter en France dans la soirée du mardi 17 février. Mais comme chaque année, rien n’est tout à fait figé. Le premier jour de jeûne est attendu autour du mercredi 18 ou du jeudi 19 février, pour s’achever le jeudi 19 mars. L’Aïd el-Fitr, cette fête qui marque la fin du mois sacré, est lui prévu le vendredi 20 mars. Une mécanique bien huilée, mais toujours soumise à un grain de sable céleste : la visibilité du croissant lunaire.
A LIRE AUSSI
Le hahal, un marché deux fois plus important que le bio
Le Conseil Français du Culte Musulman a tranché dès le 2 février : la nouvelle lune aura lieu le 17 février à 13h01, heure de Paris, mais les conditions d’observation ne seront réunies que le lendemain. Résultat : le Ramadan débuterait officiellement le jeudi 19 février. De son côté, la Grande Mosquée de Paris joue la carte de la tradition : une commission religieuse se réunira pour la « nuit du doute » dès le 17 février à 18h, pour scruter le ciel tout en tenant compte des calculs astronomiques. Deux approches, une même quête.
C’est que le calendrier musulman est lunaire. Chaque mois commence lorsque le premier fin croissant, le hilal, devient visible à l’œil nu. D’où les écarts entre pays, entre institutions, entre méthodes. Et ce fameux décalage : onze à douze jours de moins que le calendrier solaire. Ce qui fait que le Ramadan avance chaque année, grignotant le calendrier grégorien jour après jour.
Jeûner en hiver : un rythme plus allégé
Cette année, entre février et mars, les musulmans de France jeûneront environ 12 à 13 heures par jour. Une pause bienvenue après les longues journées d’été. À Paris, la rupture du jeûne, iftar, aura lieu autour de 18h20 le 18 février, puis à 18h57 le 19 mars. Le mois est ponctué par deux repas essentiels : le suhoor, pris avant l’aube, et l’iftar, souvent partagé en famille, autour de dattes, premier geste de la rupture.
Mais c’est dans les dix derniers jours que le rythme s’intensifie. Entre le 9 et le 19 mars 2026, les croyants entreront dans une période de recueillement particulier. Au cœur de cette séquence : Laylat al-Qadr, la Nuit du Destin, prévue dans la nuit du 15 au 16 mars. Une nuit « meilleure que mille mois », selon le Coran. On y prie davantage, on lit, on donne. Et les mosquées résonnent des Tarawih, ces prières nocturnes où l’on récite progressivement l’ensemble du texte sacré.
Au bout du mois, l’Aïd el-Fitr. Fête religieuse, moment de famille, parenthèse joyeuse. Avant d’y arriver, une étape : la Zakat al-Fitr, aumône obligatoire destinée aux plus démunis.
Entre conviction personnelle et cadre républicain
Dans la vie professionnelle, la règle est simple : le droit français garantit la liberté religieuse mais n’impose rien aux employeurs. Pas d’obligation d’aménagement des horaires, mais des ajustements sont possibles au cas par cas. Tout se joue dans le dialogue. Le cadre légal, lui, est clair : interdiction de discriminer en raison de la religion. Charge à chacun de trouver l’équilibre entre convictions et contraintes.
Le Ramadan n’est pas qu’un rite. C’est un moment de cohésion. On se retrouve, on partage, on perpétue. En France, cela donne un mois à part, entre traditions importées et ancrage local, entre spiritualité et convivialité. Un moment suspendu, au rythme du ciel et des hommes.


