Rafale : Safran mise gros sur son usine high-tech

Avec ce chantier industriel de grande ampleur, Safran renforce sa position en France et son rôle dans l’aéronautique militaire.

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Au Creusot, les murs vont s’élargir, les machines s’activer et les effectifs gonfler. Safran Aircraft Engines, filiale du groupe Safran, a officialisé un investissement de 70 millions d’euros dans son site industriel de Saône-et-Loire. Une décision qui pèse dans un contexte où le gouvernement appelle les industriels de défense à accélérer la cadence. Jusqu’ici dédiée aux moteurs civils, l’usine élargit désormais son horizon vers l’aviation militaire.

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Une extension stratégique et des emplois à la clé

Le plan prévoit 9 000 m² de bâtiments supplémentaires, portant la surface totale à 26 000 m². Les premières opérations d’usinage démarreront dès cette année dans les locaux existants, mais les nouvelles installations ne seront opérationnelles qu’en 2029. L’agrandissement s’accompagnera du recrutement d’une centaine de salariés, pour atteindre environ 300 personnes sur site. L’objectif : faire du Creusot un pilier à part entière de la production aéronautique française.

Le site ne se contentera plus de fabriquer des pièces pour les moteurs LEAP et CFM56, destinés aux Airbus A320 et Boeing 737. Il s’attaquera à des pièces tournantes complexes pour le M88, moteur du Rafale, et le GE90, conçu par CFM International pour le Boeing 777. Une diversification qui renforce la position stratégique du Creusot sur des segments critiques de l’aéronautique, civile et militaire.

Sécurité industrielle et transformation technologique

Ce repositionnement n’a rien d’anecdotique. En devenant seconde source de production pour le moteur M88 — aux côtés de l’usine d’Évry-Corbeil — le Creusot s’inscrit dans une logique de double sourcing destinée à réduire les vulnérabilités industrielles. Une stratégie assumée par Olivier Andriès, directeur général de Safran, lors de son audition début janvier devant la commission des affaires économiques du Sénat. L’ambition : renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, tout en répondant à la montée en charge des besoins de la défense.

Mais l’élargissement ne s’arrête pas à la production. Le projet porte aussi une ambition technologique : faire du site une usine 4.0. Automatisation poussée, digitalisation renforcée des processus qualité, haut niveau d’autonomie… L’ensemble vise un fonctionnement plus fluide, avec une présence humaine réduite, dans un environnement industriel toujours plus concurrentiel.

Alors que les annonces industrielles de cette ampleur restent rares en ce début d’année, ce projet consolide l’ancrage territorial de Safran, renforce les capacités productives nationales et illustre une stratégie industrielle alignée sur les priorités de l’exécutif. Le Creusot, longtemps cantonné à l’aviation civile, entre de plain-pied dans le cœur battant de l’aéronautique et de la défense française.



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