Ubisoft va-t-il quitter Montpellier ?

En pleine crise, Ubisoft envisage des fermetures de studios. Le site montpelliérain est au cœur des interrogations.

Afficher le sommaire Masquer le sommaire

Le groupe Ubisoft traverse une période de turbulences majeures. Début janvier, l’éditeur de jeux vidéo a annoncé une vaste réorganisation interne, accompagnée de l’annulation de six jeux, du report de sept autres titres et d’un nouveau plan d’économies de 200 millions d’euros sur deux ans.
Ce plan s’ajoute aux 300 millions déjà économisés depuis 2023. Le groupe prévoit une perte opérationnelle d’environ un milliard d’euros pour l’exercice 2025-2026, là où un résultat à l’équilibre était encore attendu. Dans ce contexte, plusieurs studios seront fermés, bien que leur liste n’ait pas été rendue publique.
Ubisoft indique vouloir regrouper ses sites en « maisons » thématiques autonomes, organisées autour de grands types de jeux. Ce bouleversement intervient alors qu’un appel à la grève massive et internationale est lancé par les salariés du 10 au 12 février pour dénoncer une gestion jugée catastrophique.

A LIRE AUSSI
Jeux annulés, postes supprimés, grève : Ubisoft est-il condamné ?

Un studio historique et stratégique pour Ubisoft

Implanté à Castelnau-le-Lez, en périphérie de Montpellier, Ubisoft Montpellier fait figure de pilier historique. Créé dans les années 1990 autour de Michel Ancel, le studio est à l’origine de franchises majeures telles que Rayman, Les Lapins Crétins ou Beyond Good & Evil. Il est né du regroupement d’Ubisoft Pictures et Tiwak et s’est imposé comme l’un des studios les plus créatifs du groupe.
Fin 2025, il comptait plus de 400 salariés couvrant l’ensemble des métiers du jeu vidéo, de la conception au marketing. Son rôle est central dans l’écosystème numérique régional, dans lequel gravitent également de jeunes studios indépendants fondés par d’anciens employés d’Ubisoft.

Des inquiétudes grandissantes sur le devenir du site montpelliérain

La restructuration engagée par Ubisoft en 2026 prévoit jusqu’à 200 suppressions de postes en France, soit près de 5 % des effectifs du siège. Les syndicats soulignent que les studios français avaient déjà été touchés par des grèves en 2024, en particulier sur la question du télétravail, révélant un malaise durable. Le communiqué officiel du groupe évoque la fermeture de « certains studios » et confirme la poursuite des restructurations, tout en maintenant une certaine opacité sur les sites visés.
Ubisoft a par ailleurs déjà fermé des sites jugés non prioritaires, comme récemment en Suède, où un studio de Stockholm a été supprimé dans le cadre des coupes touchant Massive Entertainment. Montpellier ne figure pas parmi les sites mentionnés, mais dans un contexte de réduction de coûts, aucun studio ne peut se considérer à l’abri.

Les raisons d’un possible maintien d’Ubisoft à Montpellier

Malgré les incertitudes, plusieurs facteurs plaident pour le maintien du site montpelliérain. Le studio bénéficie d’un fort ancrage dans l’histoire d’Ubisoft et reste associé à des licences mises en avant dans la nouvelle organisation, notamment les jeux familiaux et les univers fantastiques.
Montpellier dispose en outre d’un bassin de talents reconnu, soutenu par des écoles spécialisées et un réseau d’entreprises du secteur. Les responsables du groupe ont précisé que la moitié des studios seraient rassemblés dans des « maisons » responsables de franchises, tandis que l’autre moitié assurerait des fonctions transversales.
Ce modèle pourrait permettre à Montpellier de conserver un rôle, même redéfini. Certains économistes du secteur considèrent que cette concentration des compétences autour de pôles spécialisés peut s’avérer efficace, à condition de s’appuyer sur les équipes les plus expérimentées.

Quels scénarios pour l’avenir du studio ?

Le scénario le plus probable à court terme est celui d’un redimensionnement. Ubisoft pourrait réduire la taille de ses équipes montpelliéraines tout en recentrant leur mission sur certains types de jeux. Une autre hypothèse serait la transformation du site en studio de soutien, intégré au réseau mondial de production mais moins visible. Enfin, une fermeture complète ne peut être exclue, bien qu’elle soit politiquement sensible pour un groupe attaché à son image française. Une telle décision aurait des répercussions économiques et symboliques importantes pour la métropole.



L'Essentiel de l'Éco est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire