Coala, la blouse qui soulage les soignants et les aidants

La blouse Coala réduit les TMS des soignants grâce à un design ergonomique, léger et pensé pour les gestes du quotidien.

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C’est une pièce de tissu à peine plus lourde qu’un tee-shirt, mais elle pourrait peser lourd dans le quotidien des soignants. Coala, la blouse mise au point par la société Connect-Link, lancée à l’automne 2024, n’a rien d’un gadget. Son ambition est limpide : soulager les aides-soignants, ces travailleurs du lien, en prise directe avec les gestes les plus répétitifs et les postures les plus contraignantes, en particulier lors des transferts ou de l’aide à la marche. Une innovation textile discrète, ergonomique, pensée pour durer – et surtout, pour préserver.

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Les chiffres sont connus dans le secteur, mais continuent d’être traités comme un bruit de fond. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent la première cause d’absentéisme dans le médico-social. Des arrêts qui s’accumulent, des équipes désorganisées, une perte de qualité de l’accompagnement – et derrière tout cela, des corps abîmés par la routine.
Chez l’un des partenaires de Connect-Link, une structure de 4 800 soignants, 61 % des salariés ont été concernés par ces accidents ou maladies en trois ans. Avec une moyenne de 43 jours d’arrêt à chaque fois, la facture annuelle atteint 1,4 million d’euros. Ce sont les mots de François Roche, directeur général et co-fondateur, mais aussi le nerf d’une bataille trop longtemps menée sans armes adaptées.

Un vêtement intelligent pour rééquilibrer l’effort

C’est à ce vide que la blouse Coala entend répondre. Développée pendant dix-huit mois avec les équipes de VYV3 dans les Pays de la Loire, elle a déjà trouvé sa place dans le quotidien d’une centaine de professionnels auprès de personnes âgées dépendantes. Son originalité : un harnais-exosquelette dissimulé dans la structure du vêtement, complété par des poignées extérieures.
L’idée est simple, presque évidente : permettre au patient de participer au mouvement, réduire l’effort du soignant, alléger la tâche là où elle pèse le plus. Le résultat est tangible : douleurs en recul, gestes plus sûrs, meilleure prise sur les situations les plus sensibles. Et surtout, un usage qui s’installe. « Les soignants ne veulent plus s’en passer. On nous en redemande », note François Roche. Un indicateur comme un autre, mais rarement trompeur.

Une interaction repensée entre patients et soignants

La blouse change aussi la relation avec les patients. En leur fournissant des points d’appui, elle réintègre leur corps dans la dynamique du soin. Le mouvement redevient possible, la peur recule, l’autonomie – même partielle – se réinstalle. Ce gain, imperceptible à première vue, transforme l’atmosphère : moins de tensions, plus de fluidité, une présence partagée plutôt qu’imposée. Dans un secteur où la population vieillit plus vite que les solutions, cette modification des interactions n’est pas un détail.

Et tout cela tient dans 280 grammes de textile. Pas d’armature rigide, pas de dispositif mécanique visible, pas de formation complexe. Coala se porte comme une blouse classique, s’enfile en quelques secondes, s’ôte tout aussi vite. Une technologie textile à coût contenu, pensée pour les établissements aux budgets contraints. C’est là que réside peut-être l’essentiel : dans cette capacité à se glisser dans le quotidien, sans rupture ni friction.

Une innovation discrète qui gagne du terrain

Le secteur n’a pas manqué de saluer cette démarche. En 2024, la blouse Coala a reçu le prix de l’innovation produit aux Trophées SilverEco, dans la catégorie Bien-Être. Une reconnaissance qui ne tient pas seulement à l’objet, mais à ce qu’il incarne : une tendance de fond où l’intelligence du textile rejoint la réinvention des outils du soin. Pas de surenchère technologique, mais un retour au concret – à ce qui change, réellement, les conditions de travail et de prise en charge.

Connect-Link ne compte pas en rester là. Des déploiements plus larges sont en cours, avec des cohortes de 100 à 150 soignants par enseigne. Un projet à 40 000 euros permettrait, selon Vincent Perrin, co-fondateur en charge des finances et de la stratégie, de sécuriser durablement 125 professionnels. Une logique d’échelle, mais aussi d’impact. La société prépare déjà son expansion européenne. En ligne de mire, une gamme complète fondée sur le même principe de harnais breveté intégré dans le textile.

La blouse Coala ne prétend pas tout résoudre. Mais elle s’inscrit dans cette lignée d’innovations silencieuses qui s’adressent aux mains, aux dos, aux gestes de ceux que l’on n’écoute pas toujours. Une technologie de terrain, taillée pour les marges, qui redonne de la valeur à l’acte soignant sans l’alourdir.



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