Ballot-Flurin : pionnier français des soins à base de miel

A Maubourguet, cette PME française fait du miel un actif cosmétique puissant, appuyé par des brevets.

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À Maubourguet, dans les Hautes-Pyrénées, on fabrique des soins comme ailleurs on brasse de la bière artisanale : avec de la patience, une certaine foi dans le vivant, et un rejet poli de l’industrie à gros sabots. Ballot-Flurin n’a pas attendu la mode du naturel pour s’intéresser aux abeilles autrement qu’en termes de rendement.
Depuis 1978, la maison trace son sillon dans le monde encore marginal de l’apithérapie. Mais voilà qu’à force de rigueur, d’intuitions et de brevets, elle commence à piquer l’attention bien au-delà des frontières françaises.

Une croissance tranquille mais décidée

2025 aura été une bonne année : +16 % de chiffre d’affaires, près de 1,3 million d’unités produites, 168 références au catalogue, 80 salariés sur place. Rien d’exubérant. Mais une constance qui tranche avec les emballements habituels du secteur du bien-être. Ballot-Flurin cultive son modèle intégré, depuis la ruche jusqu’au flacon, avec un réseau de 80 apiculteurs partenaires et une production concentrée autour de Maubourguet, Lahitte-Toupière et Cauterets. L’entreprise tient à son territoire comme elle tient à ses abeilles. Pas question d’externaliser la production : tout passe par la maison, à commencer par la matière première.

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Le cœur du dispositif, c’est la « Bee Factory ». Un nom un peu gadget pour un lieu qui ne l’est pas. Inauguré en 2016, le site mêle production, recherche, accueil du public et soins immersifs. Là, les visiteurs découvrent des chambres vibratoires, des dispositifs pour respirer l’air des ruches, des installations qui tiennent autant du laboratoire que de l’expérience sensorielle.
L’entreprise a breveté certains procédés, comme cet extrait de propolis blanche dans l’eau, dont elle explore les effets sur le microbiote humain. Il y a quelque chose d’expérimental dans cette approche, mais sans esbroufe : les innovations ne sortent qu’après un développement long, de six mois à deux ans, avec validation par des labos extérieurs.

Premiers pas dans le monde scientifique

Jusqu’ici, Ballot-Flurin vivait un peu à côté des radars académiques. En janvier 2026, elle publie sa première étude scientifique dans une revue spécialisée. Le sujet : la fameuse propolis blanche et son action sur les microbiotes cutané, buccal et intime. L’étude est in vitro, mais les résultats sont là : un effet rééquilibrant sur les micro-organismes pathogènes. Ce n’est pas encore un passeport pour le consensus scientifique, mais un pied dans la porte. Et une manière d’asseoir une légitimité face aux grands noms de la cosmétique.

La singularité du modèle économique de Ballot-Flurin réside dans son obstination à tout maîtriser : les ruches, la récolte, la transformation, la distribution. Chaque innovation naît d’un besoin identifié sur le terrain, souvent partagé entre les clients et les salariés eux-mêmes. La boucle est courte, l’écoute permanente, le catalogue construit sans emballement. L’entreprise cultive son autonomie, refuse les levées de fonds tapageuses et tient à son indépendance. L’innovation est là, mais sous contrôle. Et la croissance, mesurée, reste au service de la vision.

À l’export, en douceur

Le virage international est engagé. Lentement, à l’image de tout le reste. L’efficacité des actifs maison, la singularité des produits, les brevets, l’éthique affichée : tout cela commence à porter. Ballot-Flurin entend s’installer dans un marché mondialisé sans renoncer à sa grammaire. L’objectif : faire entendre la petite musique de l’apithérapie française, même au milieu du vacarme cosmétique global.

Repères
Création : 1978
Siège : Maubourguet (Hautes-Pyrénées)
Effectif : 80 salariés
Chiffre d’affaires 2025 : +16 %
Production annuelle : 1,3 million d’unités
Références au catalogue : 168
Partenaires apiculteurs : 80
Brevets : propolis blanche dans l’eau
Première publication scientifique : janvier 2026



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