Enyo habille les femmes pour les sports de combat

Myriam Benadda crée Enyo, une marque de sport dédiée aux femmes qui combattent. Des vêtements taillés sur-mesure, éthiques et fonctionnels.

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Myriam Benadda a 25 ans, un diplôme de finance en poche et des années de MMA dans les jambes. Elle aurait pu opter pour un poste bien balisé dans un cabinet ou une banque. Elle a préféré se glisser dans un tout autre ring : celui, balisé lui aussi, des vêtements de sport, mais à sa manière. Enyo, la marque qu’elle a lancée, ne s’adresse qu’aux femmes qui montent sur le tatami, dans une cage ou sur un ring. Pas celles qui regardent. Celles qui combattent.

Sortir les sportives des vêtements d’emprunt

Car dans l’équipement sportif, comme ailleurs, la norme reste masculine. Coupes larges, matières épaisses, maintien aléatoire : tout est pensé pour des corps qui ne sont pas les leurs. Elle, décide d’inverser l’approche. Des vêtements conçus pour la morphologie féminine, techniques mais esthétiques, avec des tissus recyclés. Pas un manifeste, un outil. Pour que bouger ne soit plus une négociation avec le tissu.

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Le projet prend forme dans le cadre d’un programme entrepreneurial. Pas question d’hypothéquer l’avenir pour démarrer : elle écarte le prêt bancaire et préfère une SASU, des aides ciblées, un prêt d’honneur et une subvention arrachée en concours. Une méthode prudente, presque défensive, pour un premier round maîtrisé. Le véritable test vient après : trouver des fabricants. Huit mois de démarches, de prototypes ratés, de refus polis ou silencieux. Deux usines retenues : l’une en Turquie pour le streetwear, l’autre en Chine, spécialisée dans les textiles recyclés, pour les vêtements de performance. Pas l’idéal du made in local, mais le compromis jugé nécessaire à ce stade.

Maîtriser chaque fibre comme un combat

En novembre 2023, elle teste son marché : une campagne sur Ulule, avec des attentes mesurées. Trente pièces à vendre, soixante-quinze écoulées. Suffisamment pour lancer la production, viser les 30 000 euros de chiffre d’affaires annuels. En attendant, elle enchaîne les petits boulots et les missions freelance, sans salaire fixe. Myriam Benadda n’a pas l’intention d’en rester à l’intuition. Elle lit les cahiers des charges, apprend les termes techniques, impose un cadre aux fournisseurs. S’assurer que chaque couture, chaque matière, chaque coupe correspond à l’idée de départ. Dans cet univers où les raccourcis sont nombreux – surtout pour les femmes – elle construit sa légitimité avec méthode.



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