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Combien gagne un policier de la BRI ? Une question simple, une réponse en mille morceaux. Car à la Brigade de recherche et d’intervention, le salaire n’a rien de spécifique. Pas de grille à part, pas de barème autonome. Tout dépend du grade, de la zone géographique et du jeu des primes.
Les agents de la BRI sont des policiers comme les autres, sur le plan statutaire. Gardien de la paix, brigadier, brigadier-chef, major : la paie suit les indices de la fonction publique. À Paris, un gardien titularisé gagne autour de 2 344 euros nets en 2025, contre 2 161 euros en province. En fin de carrière, ce même grade peut grimper à 3 917 euros en Île-de-France, 3 704 euros ailleurs. Les données varient peu d’une source à l’autre : France Travail et la Police nationale convergent.
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Des primes qui changent la donne
À ce socle s’ajoutent les fameuses primes. L’ISSP, 28,5 % du traitement brut, constitue l’un des piliers. Elle est due à tous les policiers actifs, donc aussi aux agents BRI. Mais elle n’est pas seule. Le travail de nuit, les astreintes, les dimanches, les qualifications — tout cela pèse. Et dans les unités comme la BRI, l’intensité opérationnelle fait monter l’addition. Les cycles 2/2/3, les rappels à toute heure, les longues journées sont monnaie courante. Le ministère de l’Intérieur reconnaît ce rythme, sans en tirer de données consolidées. Ni moyenne, ni médiane, ni fourchette complète.
À Paris, une prime d’intervention spécifique
Les seules différences visibles concernent la prime d’intervention. À Paris, la BRI-PP a décroché, en 2018, une prime alignée sur celle du RAID : environ 600 euros mensuels. Une revendication ancienne, soldée sans revalorisation indiciaire.
En province, la prime BRI toujours absente
En province, rien. Depuis 2017, les syndicats réclament l’équivalent : 500 euros par mois. Sans succès. En avril 2025, une grève du zèle est déclenchée, FO-UN1TÉ parle d’« injustice ». L’expression revient souvent. À Marseille, à Nantes, les policiers s’en tiennent au minimum. Europe 1, Ouest-France, ActuPolice racontent la même histoire.
Ce paradoxe revient dans plusieurs tribunes : un policier de la BRI, en province, gagnerait parfois moins qu’un agent de Police secours en service de nuit. En face, la BAC empile les compléments — ISSP, prime de voie publique, bonus exceptionnels. Le système est opaque, éclaté, localisé. Et la BRI reste une exception : pas de grille dédiée, pas de moyenne affichée, pas de prime unifiée. Seulement des chiffres à trous, et des revendications en attente.


