Combien rapporte la TVA à la France ?

Vous payez la TVA tous les jours… Mais savez-vous vraiment où va cet argent ?

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C’est un chiffre massif, qui donne le ton des finances publiques françaises : 210,7 milliards d’euros. En 2024, la taxe sur la valeur ajoutée s’est imposée comme la première source de recettes fiscales de l’État, loin devant l’impôt sur le revenu, qui n’a généré que 88 milliards d’euros. C’est la Direction générale des finances publiques (DGFiP) qui en donne la mesure, dans une photographie budgétaire arrêtée en septembre 2025.

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La TVA représente ainsi 38 % des recettes fiscales collectées par la DGFiP. Une domination indiscutable, mais qui s’exprime selon plusieurs méthodes. L’Insee, de son côté, retient un chiffre légèrement inférieur : 206,3 milliards d’euros. Cette divergence ne traduit pas une erreur, mais un choix de méthode. Là où le ministère des Finances raisonne en comptabilité budgétaire – en enregistrant les encaissements effectifs – l’Insee applique les règles de la comptabilité nationale, qui comptabilise les droits constatés. Un écart technique, mais révélateur d’une réalité administrative à deux vitesses.

Progression contenue

La dynamique, elle, ne laisse pas de doute. Depuis 2019, la progression est continue, même si le rythme s’est ralenti. En 2021, la TVA nette atteignait 185,9 milliards d’euros selon la comptabilité nationale. Elle est passée à 202,7 milliards en 2022, soutenue par une reprise économique vigoureuse après la pandémie et une inflation qui a grimpé à 5,2 %. En 2023, la tendance s’est poursuivie, avec 205 milliards d’euros engrangés, soit 7,3 % du PIB. Et 2024 a confirmé la trajectoire avec 206,3 milliards d’euros, toujours selon l’Insee.

Derrière ces montants, une autre mesure éclaire les mécanismes économiques : la TVA économique, calculée comme la différence entre la TVA collectée par les entreprises et celle qu’elles peuvent déduire. Elle atteint 209 milliards d’euros en 2024, en légère hausse (+1,1 %) par rapport à 2023. Ce gain modeste s’explique par une contraction des bases taxables de 1,8 %, en partie compensée par une baisse plus forte de la TVA déductible (–2,9 %). À l’échelle européenne, le poids de la TVA dans les prélèvements obligatoires en France – 17 % en 2022 – reste dans la moyenne.

Des prévisions revues à la baisse en 2025

Mais les prévisions n’ont pas toujours tenu. Pour 2025, le projet de loi de finances initial anticipait 216,2 milliards d’euros de recettes. Quelques mois plus tard, le gouvernement a revu ses ambitions à la baisse : 210 milliards dans le projet de loi de finances pour 2026. Les recettes effectives pourraient même se situer entre 205 et 210 milliards d’euros. À la clé, un manque à gagner estimé entre 5 et 10 milliards d’euros. En cause : une hausse des exportations – exonérées de TVA française – et un basculement de la consommation vers l’épargne. Le gouvernement a mandaté une mission conjointe de l’Inspection générale des finances et du Trésor pour y voir plus clair.

Qui reçoit quoi ?

Au-delà des montants, la répartition de la TVA montre une transformation silencieuse. Sur les 289,2 milliards d’euros collectés en 2024, 78,8 milliards sont partis en crédits et remboursements. Reste une TVA nette de 210,7 milliards. Et l’État n’en perçoit plus que 96,7 milliards d’euros, soit 46 %. Le reste est ventilé : 57,9 milliards d’euros pour la Sécurité sociale, afin de compenser les allègements de cotisations patronales ; 52,1 milliards pour les collectivités locales, en échange de la suppression de la taxe d’habitation et de la CVAE ; 4 milliards pour l’audiovisuel public, via une affectation pérennisée par la loi organique de décembre 2024.

Ce glissement est récent. En 2017 encore, la quasi-totalité de la TVA revenait à l’État. En 2019, le budget général percevait 129 milliards d’euros – déjà amputés par les premiers transferts. En 2026, la part affectée à l’État devrait rester stable autour de 96,5 milliards d’euros, selon le projet de loi de finances. La DGFiP répartit désormais les recettes fiscales nettes entre l’État (55 %), les collectivités locales (27 %) et les administrations de sécurité sociale (18 %).

Des taux multiples pour des usages différenciés

Quatre taux structurent le système : 20 % pour la majorité des biens et services, 10 % pour la restauration, les transports et certains travaux, 5,5 % pour les produits de première nécessité, et 2,1 % pour les médicaments remboursés et certaines publications de presse. Autant de strates qui composent un impôt à la fois discret et omniprésent.



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