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- Ce que touche Emmanuel Grégoire aujourd’hui comme député
- Un revenu local possible, mais plafonné par la loi
- Avant l’Assemblée, des revenus d’élu bien installés
- 2024 : une année charnière entre Hôtel de Ville et Palais Bourbon
- Où se situe sa rémunération dans l’échelle des salaires ?
- Des revenus toujours conséquents
Depuis son élection à l’Assemblée nationale à l’été 2024, Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint à la maire de Paris, est rémunéré comme député. À ce titre, il perçoit une indemnité mensuelle nette d’environ 5 953 €, composée d’une base, d’une prime de résidence et d’une indemnité de fonction. Il conserve en parallèle un mandat de conseiller de Paris, assorti d’un revenu local plafonné par la loi.
À cette rémunération principale s’ajoutent des enveloppes de fonctionnement et de personnel, strictement dédiées à l’exercice du mandat. Candidat déclaré à la mairie de Paris pour 2026, Grégoire incarne un cas type d’élu cumulant fonctions locales et nationales, dans un cadre légal de plus en plus normé et transparent.
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Ce que touche Emmanuel Grégoire aujourd’hui comme député
Comme tous ses collègues, Emmanuel Grégoire perçoit une indemnité parlementaire composée de trois éléments : une indemnité de base, une indemnité de résidence et une indemnité de fonction. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, leur montant cumulé atteint 7 637,39 € bruts par mois : 5 931,95 € d’indemnité de base, 177,96 € de résidence et 1 527,48 € de fonction. Après cotisations sociales mais avant impôt sur le revenu, cela représente environ 5 953 € nets par mois.
Cette indemnité est indexée sur le traitement de certains hauts fonctionnaires (conseillers d’État) : elle évolue donc avec les revalorisations générales de la fonction publique. Emmanuel Grégoire ne bénéficie pas, à ce stade, de responsabilités parlementaires supplémentaires (présidence de commission, questure, vice‑présidence de l’Assemblée) qui ouvriraient droit à une indemnité additionnelle.
À cette rémunération principale s’ajoutent deux enveloppes qui ne constituent pas un revenu, mais des moyens de travail :
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les députés disposent d’une dotation de fonctionnement parlementaire (DFP) de 7 238,04 € par mois en métropole. Cette dotation résulte de la fusion, décidée par le Bureau de l’Assemblée le 2 juillet 2025, de l’ancienne avance de frais de mandat (6 353 € mensuels) et de la dotation matérielle annuelle (16 790 €). Elle doit couvrir les frais liés au mandat : loyer et charges de permanence, déplacements, communication, matériel, réception, etc. Son usage est encadré et contrôlé, notamment par le déontologue de l’Assemblée.
Les députés disposent par ailleurs d’un crédit mensuel pour rémunérer leurs collaborateurs, d’environ 11 463 € bruts, charges sociales comprises. Là encore, il s’agit d’une enveloppe strictement affectée au paiement d’assistants parlementaires et de chargés de mission, qui ne peut être transformée en revenu personnel.
Dans l’opinion, ces montants sont souvent additionnés au « salaire » du député. Juridiquement, l’indemnité parlementaire demeure pourtant la seule composante assimilable à un revenu personnel.
Un revenu local possible, mais plafonné par la loi
En parallèle de son mandat national, Emmanuel Grégoire conserve un siège de conseiller de Paris. La loi autorise le cumul entre indemnité parlementaire et indemnités locales, mais dans la limite d’un plafond : la somme des rémunérations issues de mandats locaux ne peut excéder 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base, soit 2 965,98 € bruts par mois sur la base de la grille entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2024.
Concrètement, cela signifie qu’un député‑conseiller de Paris ne peut pas encaisser l’intégralité de l’indemnité théorique liée à son mandat local. La part qui dépasse le plafond est écrêtée puis redistribuée (au profit d’autres élus ou reversée au budget).
La Ville de Paris a publié en 2025 le détail des indemnités de ses élus. Selon ce document de transparence, un conseiller de Paris perçoit 4 526,71 € bruts mensuels, soit environ 3 382 € nets avant impôt. Un adjoint à la maire (ou maire d’arrondissement) touche 5 960,26 € bruts, soit 4 363 € nets, tandis que la maire de Paris est indemnisée à hauteur de 9 719,77 € bruts (6 984,20 € nets).
Emmanuel Grégoire, redevenu simple conseiller depuis l’été 2024, se situe donc dans ce cadre. Mais aucun document public ne détaille à ce jour le montant exact qu’il perçoit effectivement, une fois appliqués le plafond légal de 2 965,98 € bruts et les éventuels mécanismes d’écrêtement. On sait seulement dans quelle fourchette il se situe.
Avant l’Assemblée, des revenus d’élu bien installés
La déclaration d’intérêts déposée par Emmanuel Grégoire auprès de la HATVP en juillet 2024 permet de reconstituer ses revenus lorsqu’il était premier adjoint à la maire de Paris.
Pour l’année 2023, il déclare notamment :
- 67 600 € nets d’indemnités en tant que premier adjoint à la maire de Paris, montant stable de 2020 à 2023
- Entre 5 880 € et 11 761 € nets par an comme conseiller métropolitain, avec 11 761 € pour 2023
- 15 245 € nets en tant que président de la société d’économie mixte Accor Hôtel Arena
- 1 748 € nets pour des enseignements à Sciences Po
Au total, ces montants représentent environ 96 354 € nets sur l’année, soit un peu plus de 8 000 € nets par mois avant impôt. Cette somme ne prend pas en compte sa fiscalité personnelle, mais illustre ce que rapportait le cumul de ses fonctions dans la sphère publique parisienne.
Il précise également que plusieurs sièges dans des établissements publics (Paris La Défense, Grand Paris Aménagement, etc.) n’étaient pas rémunérés — une donnée utile pour éviter les amalgames sur d’éventuels « jetons de présence ».
2024 : une année charnière entre Hôtel de Ville et Palais Bourbon
L’année 2024 marque une transition. Emmanuel Grégoire quitte ses fonctions locales en cours d’année pour rejoindre l’Assemblée nationale, ce qui se reflète dans ses revenus déclarés :
- 33 800 € nets en tant que premier adjoint pour les six premiers mois
- 5 880 € nets au titre de son mandat métropolitain
- 7 800 € nets comme président de la SAE POPB, avant sa démission le 27 juillet 2024
- 4 200 € nets pour une mission d’enseignement à l’INSEEC
- 1 748 € nets pour la poursuite de ses cours à Sciences Po
- 14 000 € de dividendes liés à une participation dans une société (M2C)
Ces montants, bien que couvrant une période réduite, témoignent d’une bascule progressive vers son rôle parlementaire. Toute tentative de calcul de revenu mensuel moyen serait artificielle : 2024 est avant tout une année de transition.
Où se situe sa rémunération dans l’échelle des salaires ?
Pour mesurer les revenus d’un député, il est utile de les comparer aux repères nationaux. Le salaire net médian en France en 2024 est d’environ 2 190 € nets par mois pour un temps plein dans le privé. Le SMIC net à temps plein atteint 1 426 € nets en 2025, après revalorisations.
Avec environ 5 953 € nets d’indemnité parlementaire, un député gagne donc près de 2,7 fois le salaire médian et plus de 4 fois le SMIC net. En ajoutant l’indemnité locale plafonnée à 2 965,98 € bruts, Emmanuel Grégoire se situe dans la tranche supérieure des revenus, même si l’écrêtement empêche de connaître précisément ce qu’il touche net.
Et s’il devient maire de Paris en 2026 ? Il devrait alors abandonner son mandat parlementaire. Selon le barème adopté par la Ville, la maire de Paris perçoit 9 719,77 € bruts mensuels, soit 6 984,20 € nets avant impôt. Des frais de représentation viennent s’y ajouter : 19 720 € annuels pour la maire, 9 860 € pour les adjoints — remboursables sur justificatifs, mais non considérés comme un revenu.
Ce changement signifierait :
- La perte de l’indemnité parlementaire (5 953 € nets)
- Le gain d’une indemnité de maire plus élevée (6 984,20 € nets)
Autrement dit, accéder à l’Hôtel de Ville n’entraînerait pas de baisse de revenu. Au contraire, la fonction de maire de Paris est l’une des plus fortement indemnisées de France.
Des revenus toujours conséquents
Au-delà du cas personnel d’Emmanuel Grégoire, ses revenus illustrent deux tendances majeures :
D’abord, une professionnalisation et une transparence croissantes de la vie publique. La Ville de Paris a publié en octobre 2025 un document détaillant les indemnités et frais des élus. De son côté, l’Assemblée a fusionné en 2025 les anciennes enveloppes en une DFP unique, plafonnée et contrôlée, rendant les montants plus lisibles.
Ensuite, un encadrement strict du cumul des rémunérations : le plafond de 2 965,98 € bruts pour les indemnités locales des parlementaires, l’écrêtement des rémunérations dans les SEM, ou encore l’obligation de déclarer à la HATVP l’ensemble de ses revenus, freinent les cumuls opaques.
Reste que, même dans ce cadre législatif resserré, le parcours d’Emmanuel Grégoire montre qu’un élu de premier plan à Paris peut atteindre un revenu nettement supérieur au revenu médian, tout en restant dans les règles. Rendre ces chiffres publics ne tranche pas le débat sur ce que « vaut » un élu, mais permet aux citoyens de juger en toute connaissance de cause.


