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En 2026, être infirmière en France, c’est exercer sous plusieurs régimes de rémunération, à l’intérieur d’un même pays, d’un même métier. Statut public, secteur privé, intérim, exercice libéral : autant de configurations qui font varier les montants, souvent du simple au double. Dans le secteur hospitalier public, le cadre reste balisé. Ailleurs, les lignes bougent.
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Des grilles publiques à la mécanique bien rôdée
Dans la fonction publique hospitalière, la paie est cadrée par les grilles indiciaires. En 2026, la valeur du point d’indice est figée à 4,92278 euros depuis juillet 2023. Deux grades organisent les parcours des infirmières en soins généraux. Le premier débute à 1 944,50 euros brut, pour finir à 3 337,64 euros à l’échelon 11. Le second, plus valorisé, débute à 2 102,03 euros et grimpe jusqu’à 3 578,86 euros. Les spécialisations (IADE, IBODE, IPDE) ouvrent un troisième grade, culminant à 3 785,62 euros brut en fin de carrière.
En net, cela donne environ 1 550 euros pour une infirmière débutante en grade 1, jusqu’à 2 900 euros pour une fin de carrière en grade 2. L’INSEE indique un net moyen de 2 842 euros tous métiers confondus dans l’hospitalière. Pour les infirmières, certaines sources situent la moyenne en milieu de carrière autour de 2 463 euros.
À ce socle s’ajoute le complément de traitement indiciaire (CTI), fruit du Ségur de la santé : 241,22 euros brut, soit près de 183 euros nets. Il est versé automatiquement aux infirmières des hôpitaux et EHPAD publics, mais proratisé, soumis à cotisations, et suspendu en cas d’absence.
S’ajoutent ensuite les primes. Le travail de nuit, majoré depuis janvier 2024, donne droit à un sursalaire de 25 % du taux horaire : environ 3,46 euros de plus par heure pour un salaire de base à 2 100 euros brut. Dix à douze nuits par mois peuvent ainsi rapporter entre 200 et 500 euros. Les week-ends et jours fériés apportent un forfait de 60 euros pour huit heures travaillées. D’autres compléments ponctuels s’ajoutent : prime Veil (90 euros), prime soins critiques (118 euros), prime de début de carrière (38,35 euros), prime de contagion (0,33 euro par demi-journée).
Clinique privée : départ plus bas, marge de négociation
Dans le privé, la grille est moins lisible. Le départ en clinique privée s’effectue souvent à 1 800 euros brut, contre 2 100 euros brut dans le public. La progression n’est pas garantie, mais la négociation est plus souple. En moyenne, une infirmière touche entre 2 400 et 2 500 euros nets mensuels. La prime Ségur existe aussi, à hauteur de 160 euros nets dans certains établissements.
Intérim : une autre dimension salariale
L’intérim rebat les cartes. Les salaires y sont nettement majorés : entre 2 800 et 3 800 euros nets, parfois plus de 4 500 euros nets dans les services les plus techniques. Le tarif horaire peut atteindre 75 euros pour une infirmière diplômée d’État.
Dans le libéral, les revenus se construisent autrement, en recettes et charges. Une infirmière libérale (IDEL) gagne en moyenne 2 700 euros nets. Une remplaçante, après 25 000 euros de charges, dégage 35 000 euros annuels, soit environ 2 900 euros nets mensuels. Une collaboratrice s’approche des 3 200 euros, une titulaire peut atteindre 4 000 euros nets mensuels, avec 85 000 euros de recettes pour 37 000 euros de charges. Mais tout dépend de la structure, de la zone, et du mode d’exercice.
Spécialisations, coordination, encadrement
Les spécialisations modifient l’équation. Une IADE touche entre 1 600 et 1 800 euros nets en début de carrière dans le public, 2 200 à 2 400 euros nets dans le privé. En fin de carrière, la fourchette monte entre 2 700 et 3 100 euros, hors gardes. Les gardes ajoutent 300 à 600 euros. Un cadre IADE peut dépasser les 4 000 euros. Les IBODE débutent autour de 2 400 euros nets, pour finir à 3 800 euros. Les IPDE relèvent du grade 3, avec des niveaux bruts équivalents.
Les autres postes suivent leurs logiques. Une infirmière scolaire débute à 1 950 euros brut, atteint 3 501 euros brut après 30 ans. Le net moyen est de 2 317 euros. Une revalorisation de 200 euros nets mensuels a été versée en janvier 2024, avec une prime exceptionnelle de 800 euros. En santé au travail, les fourchettes vont de 2 400 à 4 000 euros brut. Dans les services interentreprises, un minimum annuel de 28 869 euros est cité. Les coordinatrices en médico-social se situent entre 2 500 et 3 500 euros brut mensuels, pour un net moyen autour de 2 951 euros.
Les trajectoires d’encadrement offrent d’autres perspectives. Les cadres de santé paramédicaux perçoivent entre 2 264 et 4 784 euros brut selon leur classe et échelon. Les directeurs des soins, en haut de la hiérarchie, naviguent entre 2 855 et 5 011 euros brut mensuels dans la fonction publique. Dans le privé, les salaires annuels vont de 46 498 à 88 862 euros, avec des primes variables pouvant porter le total entre 43 000 et 75 000 euros.
Mais une constante subsiste : le point d’indice reste gelé. L’évolution salariale continue de dépendre de l’ancienneté, du passage d’échelon ou de grade. Le saut du grade 1 au grade 2, quand il survient, élargit immédiatement l’écart. Le grade 3, réservé aux spécialisations, permet de s’extraire des plafonds. Pour aller au-delà, il faut changer de fonction, franchir le cap de l’encadrement, ou bien sortir du giron hospitalier.


