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- Préparation et choix de l’itinéraire
- Utiliser les bons outils de navigation
- Anticiper la météo et la saisonnalité
- Logistique et équipement : l’art de l’autonomie
- L’équipement technique recommandé
- Réglementation, sécurité et préservation
- Focus : l’aventure de l’itinérance et des « Jas »
- Conseils spécifiques pour la nuit en cabane
Surnommé le « Géant de Provence », le Mont Ventoux culmine à 1 910 mètres d’altitude et domine le paysage du Vaucluse. Ce massif calcaire, apparu il y a environ 95 à 40 millions d’années, est une réserve de biodiversité exceptionnelle située entre les Alpes et la Méditerranée.
Le site, occupé dès la Préhistoire, offre une richesse naturelle abritant plus de 1 500 espèces végétales et 150 espèces d’oiseaux. Que ce soit pour une balade familiale ou une ascension sportive, ce guide compile les expertises locales pour une expérience réussie.
A LIRE AUSSI
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Préparation et choix de l’itinéraire
Sélectionner son parcours selon son niveau
Le Mont Ventoux propose une diversité de sentiers adaptée à tous les profils, des familles aux randonneurs aguerris.
Pour les familles et la découverte : Il est conseillé de s’orienter vers des sentiers thématiques sans grande difficulté technique. Le Sentier Jean-Henri Fabre, au départ du Mont Serein, est une boucle accessible (environ 3h30 ou raccourci en 2h) passant en balcon sans pente prononcée. Le Sentier de découverte de la grande faune, jalonné d’œuvres de Land’Art, est idéal pour une sortie d’une heure en famille.
Pour les sportifs (L’Ascension du Sommet)
Par le Nord (Mont-Serein) : C’est l’itinéraire le plus court pour atteindre le sommet (4,3 km aller), mais la montée finale est exigeante. Cette face offre une ambiance alpine avec des forêts de sapins et de hêtres.
Par le Sud (Bédoin/Sainte-Colombe) : Cette ascension classique (+1 463 m de dénivelé) traverse des forêts de cèdres avant de déboucher sur le paysage minéral et lunaire typique du sommet.
Depuis Sault : Une montée plus longue (17,6 km) mais progressive, passant par des zones boisées avant d’atteindre les crêtes offrant des vues sur les Alpes et la vallée du Rhône.
Le « Bout du Monde » : Un itinéraire sauvage partant du hameau des Alazards (Malaucène) qui traverse un grand pierrier éblouissant de blancheur.
POUR EN SAVOIR PLUS
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Utiliser les bons outils de navigation
Pour se repérer efficacement, il est recommandé de combiner les supports numériques et physiques.
Applications et GPX : Le téléchargement de tracés GPX ou PDF est indispensable avant le départ, le réseau pouvant faire défaut. L’application « Chemins des Parcs » est particulièrement indiquée pour suivre les itinéraires officiels et découvrir les points d’intérêt patrimoniaux.
Topo-guides : Pour une fiabilité maximale sur le terrain, les TopoGuides de la FFRandonnée, comme « Le PNR du Mont-Ventoux à pied », restent la référence pour le balisage (GR, GRP, PR).
Anticiper la météo et la saisonnalité
Le facteur Vent : Le nom « Ventoux » pourrait venir de Ventvri ou Ventosus, rappelant que le Mistral y souffle une grande partie de l’année. Sur les crêtes, les rafales peuvent être puissantes et rendre le passage dangereux.
Saison idéale : Les randonnées sont préconisées au printemps, en été et en automne. Attention cependant, fin avril, la neige peut encore tenir au sommet.
Hiver : Le climat au sommet est montagnard et rude ; l’accès nécessite des équipements spécifiques comme des raquettes ou des crampons, et les sentiers GR peuvent devenir difficiles.
Logistique et équipement : l’art de l’autonomie
La gestion critique de l’eau
Le massif du Ventoux est calcaire et l’eau s’y infiltre rapidement, rendant les sources rarissimes en altitude.
Quantité recommandée : Il faut impérativement prévoir 2 à 3 litres d’eau par personne, les réserves descendant vite en été.
Filtration : Pour l’itinérance, emporter une gourde filtrante ou des pastilles de purification est nécessaire si vous comptez utiliser l’eau des puits (comme au Jas Forest) ou des rares fontaines, dont le débit dépend des précipitations.
L’équipement technique recommandé
Chaussures : Des chaussures à tiges moyennes sont conseillées pour protéger les chevilles, notamment dans les sentiers rocailleux comme ceux de la Combe de Curnier ou les pierriers sommitaux.
Protection thermique : L’amplitude thermique entre le bas et le sommet peut être importante. Adoptez le système multicouche (t-shirt mérinos, polaire, doudoune, coupe-vent) pour vous adapter au froid et au vent.
Couchage : Si vous dormez en cabane non gardée (Jas), un sac de couchage adapté à la saison et un matelas avec une bonne isolation (R-Value entre 3 et 4,5) sont requis, car le sol est froid et les bat-flancs sont en bois.
Réglementation, sécurité et préservation
Restrictions liées aux incendies et au bivouac
Période critique : Du 15 juin au 15 septembre, l’accès aux massifs forestiers est strictement réglementé par arrêté préfectoral pour prévenir les incendies. Durant cette période, le bivouac est formellement interdit.
Feu : L’usage du feu (réchaud, briquet, cigarette) est interdit toute l’année dans les massifs.
Vérification : Il est impératif de vérifier les conditions d’accès la veille de votre randonnée auprès de la préfecture ou des offices de tourisme (tél : 04 28 31 77 11).
Cohabitation avec la faune et le pastoralisme
Chiens de protection (Patous) : Les troupeaux sont gardés par des chiens de protection présents toute l’année. À leur approche, il faut rester calme, ne pas les menacer et contourner le troupeau.
Chiens de compagnie : Ils doivent être impérativement tenus en laisse dans les Réserves Biologiques Intégrales (RBI) et sur la face Nord pour ne pas perturber la faune sauvage (chamois, mouflons).
Respect des lieux
Gestion des déchets : La règle est simple : redescendez tous vos déchets, y compris organiques.
Étiquette des refuges : Les « Jas » sont des abris ouverts à tous et gratuits. Il convient de les laisser propres, de remplacer le bois utilisé pour le poêle et de partager l’espace avec courtoisie.
Focus : l’aventure de l’itinérance et des « Jas »
Qu’est-ce qu’un « Jas » ?
Le terme provençal « Jas » désigne d’anciennes bergeries en pierre sèche, situées à l’écart des fermes. Certaines sont en ruines, tandis que d’autres ont été rénovées par des associations comme « Tous à Poêle » pour servir de refuge aux randonneurs.
Itinéraire suggéré : Traversée de Sault à Bédoin (3 jours)
Cet itinéraire de 34 km permet une immersion totale dans le Parc naturel régional.
Jour 1 (Sault → Jas Forest) : Une marche courte mais avec une montée finale raide vers le Jas Forest, une cabane « grand luxe » (poêle, table, couchettes).
Jour 2 (Jas Forest → Jas de la Couanche) : Passage par le Chalet Reynard et traversée de paysages désertiques vers le Jas de la Couanche, un abri plus sommaire et rustique (couchage au sol).
Jour 3 (Jas de la Couanche → Bédoin) : Descente via la spectaculaire Combe de Curnier, un canyon étroit où l’on marche parfois les pieds dans l’eau, et passage devant des formations ocres rappelant le Colorado.
Conseils spécifiques pour la nuit en cabane
Capacité limitée : Les places ne sont pas réservables (premier arrivé, premier servi). Le Jas Forest accueille environ 5 personnes, celui de la Couanche 3 ou 4.
Solution de repli : Hors de la période d’interdiction estivale, emportez toujours un tarp ou une tente légère au cas où la cabane serait complète.
Protection des vivres : Dans ces milieux rustiques, suspendez votre nourriture pour la protéger des souris.


