C’était censé être un moment d’élévation, un de ces discours où Emmanuel Macron aime jouer les vigies du monde libre, planté sur la scène du Forum économique mondial à Davos. Mais à des milliers de kilomètres de là, depuis la Maison Blanche, Donald Trump a choisi une autre tonalité. Il s’est moqué du président français, tournant en dérision son intervention. Un rappel brutal de la grammaire trumpienne : l’outrage d’abord, la diplomatie ensuite, parfois.
« Il a essayé de faire le dur à cuire », a lancé le président américain devant les caméras, évoquant le discours de son homologue avec une ironie appuyée, soulignant au passage les « très belles lunettes de soleil » de Macron. Davos s’était à peine remis de la tirade française contre la politique « agressive » de Washington que Trump dégainait déjà ses munitions verbales. Le moment était trop tentant : une estrade mondiale, un président français en posture d’opposant, et une occasion de rabaisser un allié jugé trop critique.
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« J’aime beaucoup Emmanuel Macron »
Mais fidèle à son style, Trump n’a pas tardé à tempérer. « J’aime beaucoup Emmanuel Macron », a-t-il assuré, comme pour adoucir le trait, ou peut-être simplement rejouer la comédie bien rodée d’une relation personnelle au-dessus des tensions diplomatiques. Une phrase déjà entendue, souvent recyclée, et qui n’efface pas les coups portés.
Car au-delà de la scène et des mots, le différend reste intact. Sur le fond, Trump a ressorti les griefs américains sur les prix des médicaments en France. Trop bas, estime-t-il, une concurrence déloyale pour les laboratoires américains. Une vieille dispute commerciale que Washington n’entend visiblement pas enterrer.
Et pour enfoncer le clou, Trump a rappelé qu’il avait déjà menacé Macron d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les vins et champagnes français. Une pression directe, articulée cette fois à la question pharmaceutique, dans une mécanique bien connue où le vin devient levier, où la menace sert de langage.


