Derrière les drones, la nouvelle stratégie de Renault

Renault surprend avec un projet de drones militaires.

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Le constructeur automobile revient sur le terrain militaire, en s’associant avec Turgis Gaillard pour la fabrication de drones. Le partenariat s’inscrit sous l’égide de la Direction générale de l’armement. L’objectif : mobiliser des capacités industrielles éprouvées pour répondre aux nouveaux besoins des armées françaises, dans un contexte où la filière défense réclame des processus d’achat plus simples et plus rapides.

Une ETI de l’aéronautique pour un projet de drones ambitieux

Turgis Gaillard, fondée en 2011, est passée en quelques années d’un bureau d’études à un acteur industriel reconnu. L’entreprise emploie aujourd’hui 400 personnes, réalise 80 millions d’euros de chiffre d’affaires, et fabrique depuis 2023. Son profil d’ETI agile et spécialisée dans la maintenance industrielle en fait un partenaire complémentaire pour Renault, qui met en avant sa capacité à produire à grande échelle des objets technologiques complexes.

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L’Usine Nouvelle évoque un montant d’un milliard d’euros sur dix ans, mais Renault ne confirme ni ce chiffre, ni les volumes, ni le calendrier. Le groupe renvoie à la DGA, seule autorité en charge de ces éléments. Des sites comme Cléon et Le Mans sont mentionnés pour produire des pièces, avec une cadence mensuelle de 600 drones, mais là encore, aucune validation officielle. Le Mans, centre d’excellence pour les châssis, fonctionnerait déjà à plein régime.

Retour sur un segment abandonné depuis 25 ans

Le projet marque une rupture dans la trajectoire récente du groupe. Renault n’était plus actif dans la défense depuis la cession de Renault Trucks à Volvo, actée en 2011. Depuis, seules des versions civiles de ses modèles étaient livrées à des entités publiques. Le partenariat avec Turgis Gaillard signe un véritable retour sur un marché stratégique. Le groupe précise toutefois qu’il consulte d’abord ses instances syndicales. La CGT a déjà exprimé son opposition, demandant que les salariés réfractaires à cette activité militaire puissent être protégés.

En parallèle, Renault affiche de bonnes performances commerciales. Avec un chiffre d’affaires de 39,1 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2025, et 2,3 millions de véhicules vendus sous les marques Renault, Dacia et Alpine, le groupe enregistre une progression de 3,2 % sur un marché moins dynamique. Une trajectoire industrielle qui pourrait désormais s’élargir à un autre type de mobilité : celle des drones militaires.



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