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Un programme d’avenir qui coûte de plus en plus cher. Derrière les communiqués d’intention, les jalons franchis et les sourires diplomatiques, le Global Combat Air Programme (GCAP), réunissant le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, affiche une trajectoire budgétaire de plus en plus lourde. Selon un document du ministère italien de la Défense, les coûts de développement des deux premières phases ont été multipliés par trois en cinq ans. De 6 à 18,6 milliards d’euros.
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Calendrier maintenu, mais tension sur les budgets
Le contraste est saisissant. D’un côté, un calendrier toujours aussi ambitieux – démonstrateur en 2027, mise en service en 2035 –, des accords signés, une coentreprise industrielle créée, et des chefs de gouvernement saluant les avancées du projet. De l’autre, une ardoise qui s’alourdit, avant même de parler de production en série.
Rome, Londres et Tokyo ont officialisé en décembre 2024 leur coopération via l’accord GIGO. Puis, en juin, les industriels BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement (JAIEC) ont lancé Edgewing, la structure chargée de porter le développement. Objectif : un avion de chasse de 6e génération, accompagné de drones d’escorte, dopé à l’intelligence artificielle et bardé de technologies de pointe.
Pourquoi la facture s’emballe dès la conception
Mais la modernité a un prix. Selon les données rapportées par Analisi Difesa, les estimations budgétaires initiales pour la conception et le développement du système ont été révisées à la hausse pour refléter la montée en puissance des exigences technologiques, les essais, le développement logiciel et l’inflation sur les matériaux critiques. Les sources citées évoquent également la nécessité d’intégrer plus vite que prévu l’évolution de l’IA.
À ce stade, l’Italie a déjà versé 2 milliards d’euros pour le démarrage. Mais pour terminer la phase 1 et achever la phase 2, il faudra encore mobiliser 16,6 milliards.
Plus cher que le F-35
À titre de comparaison, le programme F-35 italien, destiné à acquérir 90 avions, a été évalué à 18,3 milliards d’euros. Le GCAP, lui, atteint déjà 18,6 milliards, sans même inclure le coût des appareils à produire.
Et le financement reste délicat. Le programme, bien que structuré par un accord international, n’est pas européen. Il ne peut donc pas bénéficier du prêt SAFE de 14,9 milliards d’euros prévu pour d’autres projets de défense. Tout devra être financé par des ressources nationales.
Londres et Rome espèrent donc élargir le cercle. L’Allemagne est courtisée, sans trop de discrétion. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a évoqué cette possible adhésion en décembre. Le raisonnement est connu : plus il y a de pays, plus la charge est partagée, plus les retombées industrielles sont prometteuses, plus les coûts unitaires baissent.


