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Un petit nuage rose qui trouble les lignes. Fondée à Dijon en juillet 2023, Re.Snack ne ressemble à rien de connu dans la confiserie. Moins de deux ans après sa création, la startup vise 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 avec un produit unique en son genre : une barbe à papa sans sucre, notée A au Nutri-Score. L’affaire n’est pas une lubie de salon bio, mais une offensive structurée sur un marché européen estimé à 69 milliards d’euros.
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Derrière cette douceur qui ne colle pas aux doigts, une technologie. Sucr’a, substitut de sucre mis au point avec AgroSup Dijon et le cabinet SINOV en six mois, marie isomalt et inuline pour recréer la texture filamenteuse de la barbe à papa. 2 g de sucre pour 100 g de produit, contre 100 % dans la version traditionnelle. Un brevet verrouille la formule. Lindt a tenté une entrée par rachat. Refus net des fondateurs. L’objectif : ne pas devenir sous-traitant, construire une marque.
Nuage, le nom du produit, coche toutes les cases du snacking d’aujourd’hui. Fibres, arômes naturels, index glycémique contrôlé, compatibilité avec les régimes diabétiques. Une première barbe à papa sans sucre distribuée à grande échelle. Prix public : entre 2,90 € et 3,49 € le sachet de 20 g. Trustpilot : 4,4/5.
Du B2B événementiel à la grande distribution
Le chemin n’a rien de linéaire. À l’origine, Re.Snack opérait dans l’événementiel B2B avec des clients prestigieux (Porsche, LVMH, Meta). Les contraintes nutritionnelles et les limites de rentabilité ont forcé un virage. C’est ce pivot qui a mené au développement de Nuage. La reconnaissance vient au SIAL 2024 avec un prix de l’Innovation mondiale, tremplin vers la grande distribution.
Carrefour ouvre la voie avec un référencement national en six mois. Intermarché suit, puis Leclerc. Une opération nationale en décembre 2025 chez Carrefour dope la visibilité. En un an, la marque passe de 100 à 5 000 points de vente. La grande distribution pèse aujourd’hui 85 % des ventes, devant le B2B (10 %) et l’e-commerce (5 %). La production est internalisée via neuf ateliers en France.
Une croissance rapide sans levée massive
Re.Snack a évité les levées de fonds massives. Deux propositions de rachat refusées en 2025. Croissance autofinancée, sauf pour répondre à un besoin opérationnel. Le chiffre d’affaires bondit de 200 000 € en 2023 à 2 millions € en 2024. L’équipe passe de 2 à 9 personnes.
Le savoir-faire technologique devient plateforme. En février 2026, lancement prévu d’un pop-corn sans sucre ni huile. Même logique : reprendre les codes du snacking, repenser le produit. L’intelligence artificielle est mise à profit pour automatiser l’administratif, fluidifier les flux internes, libérer du temps.
Une startup offensive dans un marché figé
La stratégie se structure : extension de gamme (nougats, guimauves, sucettes), internationalisation (Allemagne, Benelux, Espagne), renforcement de l’organisation (recrutements, systèmes ERP). Une communauté de clients se forme autour de la marque et de ses fondateurs.
Le marché du bonbon sans sucre, estimé à 12,75 milliards USD, affiche une croissance annuelle de 7,5 %. En France, les alternatives existent mais peinent à convaincre. Re.Snack évite les arrière-goûts chimiques. Elle rivalise avec d’autres jeunes pousses (Rebelle Snacks, Elsy, Yacon & Co) grâce à sa technologie, sa vitesse d’exécution et un produit signature.
Le 22 janvier 2026, la startup apparaît dans l’émission « Qui veut être mon associé ? » sur M6. Une vitrine marketing utile alors que de nouveaux distributeurs entrent en négociation.
Les défis sont nombreux : montée en charge industrielle, qualité constante, trésorerie tendue par les délais de paiement GMS, menace d’imitation par les géants. La dépendance à la grande distribution reste un talon d’Achille. Mais Re.Snack n’a pas l’intention de s’arrêter au premier nuage.


