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Pas de salaire minimum légal en Suède. Pas de chiffre uniforme gravé dans la loi pour fixer un plancher de rémunération. Le modèle suédois repose ailleurs : dans les accords collectifs. Branches professionnelles et syndicats déterminent les minima, secteur par secteur, âge par âge, dans un pays où environ 80 % des salariés sont syndiqués. Ce système pactise avec la réalité des métiers, plutôt qu’avec une norme centrale. En France, à titre de comparaison, le SMIC brut mensuel s’élève à 1 823,03 € (2026), valable pour tous, tous secteurs confondus.
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Des salaires planchers qui varient fortement selon les cas
Les barèmes planchers varient largement en Suède. Un jeune de 18 ans dans un supermarché ne touche pas la même chose qu’un salarié de 19 ans dans un hôtel. Dans la grande distribution, les minima vont de 20 959 SEK (1 950 €) à 21 279 SEK (1 979 €) selon l’âge. Dans la restauration, un jeune de 19 ans perçoit au moins 18 016 SEK (1 676 €). L’industrie manufacturière, plus gourmande en compétences, fixe l’entrée à 19 766 SEK (1 838 €). Certains métiers qualifiés tirent plus haut : 22 762 SEK (2 117 €) dans le nettoyage pour les adultes, 26 208 SEK (2 438 €) pour les conducteurs de poids lourds.
En haut du paysage salarial, le salaire médian atteint 37 100 SEK (3 450 €). Ce chiffre n’est pas qu’une statistique : depuis juin 2025, il sert de référence pour les travailleurs venus de pays hors Union européenne. Pour décrocher un permis de travail, il faut toucher au moins 80 % de ce salaire médian, soit 29 680 SEK (2 759 €). Objectif affiché : éviter les effets de dumping social.
Sur le terrain du salaire moyen, les chiffres divergent. On lit 2 812 €, puis 4 010 €, selon les sources. À Stockholm, les estimations vont de 2 887 € à 3 090 €. En octobre 2025, le salaire horaire moyen était de 207 SEK (19,25 €). Pour les employés non-manuels du secteur privé, le salaire mensuel moyen s’établissait à 52 045 SEK (4 840 €), avec une hausse de 3,5 % sur un an.
Un coût de la vie nettement au-dessus de la moyenne
En 2026, la vie en Suède coûte 11 % de plus qu’en France. Stockholm, elle, creuse l’écart : +34 % au-dessus de la moyenne nationale. Un studio en centre-ville ? Entre 1 315 € et 1 362 € par mois. En banlieue, entre 857 € et 898 €. Pour un trois pièces, les loyers montent à plus de 2 340 € dans l’hypercentre, entre 1 481 € et 1 529 € en périphérie. À Göteborg, un studio se loue entre 650 € et 1 000 €. À Malmö, entre 550 € et 900 €.
L’alimentation suit : 28 % plus chère qu’en France. Un déjeuner au restaurant coûte 13,1 €, un dîner complet 38 €, un menu de fast-food 10,2 €, un litre de lait 1,5 €. En décembre 2025, l’inflation alimentaire grimpait encore de 3,72 % sur un an. L’inflation globale, elle, restait modeste : 0,3 % en novembre 2025. Le gouvernement a annoncé une baisse temporaire de la TVA sur les produits alimentaires, de 12 % à 6 %, entre avril 2026 et fin 2027.
Au quotidien, les dépenses pèsent. L’essence est à 1,7 € le litre. L’abonnement mensuel de transport public atteint 970 SEK (90,21 €). Comptez 115 € pour l’électricité et l’eau, 26 € pour un forfait mobile, 14,9 € pour une place de cinéma. Les services de garde d’enfants restent abordables : 140 € pour une crèche privée, 3 876 € par an pour une école primaire privée.
Une fiscalité lourde mais modulée pour les revenus modestes
L’impôt municipal s’applique dès le premier krona gagné : entre 30 % et 33 % pour les revenus inférieurs à 598 500 SEK (55 660 €). Au-delà, un impôt national s’ajoute. Le taux global peut grimper à 55 %. Depuis janvier 2026, le gouvernement a renforcé le crédit d’impôt sur le travail et augmenté l’abattement de base, avec une attention déclarée aux bas et moyens revenus. Côté employeurs, les cotisations de sécurité sociale atteignent 31,42 % du salaire brut. La TVA standard reste à 25 %. L’impôt sur les sociétés est à 20,6 %. Une annonce du gouvernement de droite promet une amélioration nette : 5 000 SEK (465 €) de plus chaque mois en 2026 pour les familles moyennes, comparé à 2022.
Inflation maîtrisée, pouvoir d’achat en progression
L’inflation est sous contrôle. En janvier 2026, Aino Bunge notait qu’elle restait en deçà des prévisions. Le gouverneur de la Banque centrale, Erik Thedeen, évoque un retour de l’inflation vers les 2 %, couplé à une hausse des salaires réels. De quoi, selon lui, soutenir le pouvoir d’achat et la consommation. Le PIB devrait croître de 3 % en 2026. Le chômage baisserait à 8,4 %, contre 8,7 % l’an passé. Le chômage de longue durée s’établissait à 1,8 % fin 2025. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat est annoncé à 64 811 USD.
La Suède affiche des indicateurs flatteurs. Un indice de qualité de vie à 188,69, un indice de pouvoir d’achat à 136,30, tous deux qualifiés de « très hauts ». Stockholm, malgré ses loyers, reste bien classée, 174e mondiale. En Europe du Nord, le pays se positionne derrière ses voisins nordiques et l’Estonie. Mais le contraste avec la France reste visible : en 2021, le pouvoir d’achat moyen par habitant atteignait 23 557 € en Suède, contre 20 662 € en France. Le salaire moyen y est 15 % plus élevé. Déjà en 2018, selon l’INSEE, le salaire horaire brut moyen était de 20,2 € en Suède contre 18,1 € en France.


