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Le Kremlin dit avoir reçu une invitation de la Maison-Blanche pour intégrer l’équipe chargée de superviser la reconstruction de la bande de Gaza. « Les États-Unis ont invité Vladimir Poutine à rejoindre la “Junte de la paix” », a annoncé ce lundi le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov. Vladimir Poutine, ajoute-t-il, n’a pas encore pris de décision.
Trump compose sa “Junte de la paix”
Le président américain doit présider le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG, selon son sigle anglais). Donald Trump a aussi retenu, pour siéger à ses côtés, deux figures centrales des échanges avec le président russe : Steve Witkoff, son envoyé spécial « pour tout », y compris le Proche-Orient, et son gendre Jared Kushner. « Nous étudions tous les détails de la proposition. Nous espérons prendre contact avec la partie américaine pour clarifier toutes les nuances », a poursuivi Dmitri Peskov lors de sa conférence de presse quotidienne.
Une trêve en toile de fond
Washington a annoncé la création de cette « Junte de la paix » vendredi dernier. Les nominations arrêtées par Donald Trump coïncident avec l’entrée en vigueur de la deuxième et dernière phase de la trêve conclue en octobre entre la milice palestinienne Hamas et le gouvernement israélien, avec une médiation américaine.
La feuille de route portée par Donald Trump prévoit un arrêt complet des hostilités, le désarmement du Hamas et le retrait des troupes israéliennes. Selon un projet de statuts de ce comité consulté par l’agence Bloomberg, la junte serait une « organisation internationale » visant à « rétablir une gouvernance solide et légitime » dans la zone.
Une organisation cadrée par Trump et par l’argent
Mais cette organisation internationale, sur le papier, reste arrimée à la volonté de Donald Trump. Le président américain pourrait inviter et expulser les membres, sauf si une majorité de la junte s’y oppose par un vote. Autre garde-fou, plus financier que politique : la présence des pays membres serait limitée à trois ans, à moins qu’ils n’apportent 1 milliard de dollars à la plateforme.
Sur les autres dossiers susceptibles de compliquer la relation avec Donald Trump, Dmitri Peskov s’est gardé de tout commentaire : l’avenir de l’alliée vénézuélienne de Moscou, ou encore les projets américains pour le Groenland, où la Maison-Blanche veut déployer une partie de son nouveau bouclier antimissile, la toute récente « Coupole dorée ».
« Questions mises à part sur sa légalité, ou sur le fait que l’annexion du Groenland soit positive ou négative, il est difficile de ne pas partager l’opinion selon laquelle Trump entrera ainsi dans l’histoire mondiale », a simplement lâché le porte-parole de Vladimir Poutine — un président qui a lui-même créé un précédent avec l’annexion illégale de la péninsule ukrainienne de Crimée, en 2014.
Au Kremlin, la priorité demeure que les États-Unis lâchent définitivement l’Ukraine. Le reste, y compris le sort de ses alliés, passe au second plan. « Poutine n’a pas l’intention de parler à Delcy Rodríguez pour l’instant, mais une rencontre pourrait être organisée rapidement », a déclaré Dmitri Peskov, trois jours après la réunion de la nouvelle présidente vénézuélienne avec le directeur de la CIA, John Ratcliffe.


