Comment fonctionne l’algorithme de Parcoursup ?

Parcoursup 2026 : décryptage du fonctionnement réel de son algorithme et des étapes de sélection.

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Souvent accusé d’opacité, Parcoursup repose sur une architecture hybride : évaluation humaine d’un côté, logique algorithmique de l’autre. Il ne s’agit pas d’une intelligence artificielle autonome, mais d’un dispositif structuré, découpé en étapes précises.

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Formuler ses vœux : une logique sans hiérarchie

La première phase : la formulation des vœux, entre le 19 janvier et le 12 mars 2026. Chaque candidat peut formuler jusqu’à dix vœux, sans ordre de préférence. Objectif : éviter les stratégies de classement et les biais cognitifs.

Deuxième phase : l’évaluation des candidatures, réalisée directement par les établissements, avec leurs propres critères.

Troisième temps : l’admission, du 2 juin au 11 juillet 2026. C’est là que l’algorithme entre en jeu.

Qui évalue les dossiers et comment ?

Contrairement à une idée répandue, l’évaluation initiale n’est pas algorithmique. Chaque formation réunit une Commission d’Examen des Vœux (CEV), composée surtout d’enseignants. Elle analyse les dossiers selon plusieurs critères : notes de première et terminale, appréciations, projet motivé, compétences transversales, centres d’intérêt, savoir-être.

Certaines formations utilisent des algorithmes locaux pour préclasser les candidatures. Outils d’aide à la décision, pas de sélection automatisée. Les cas particuliers sont réexaminés.
Les formations sélectives (CPGE, BTS, BUT, écoles) disposent d’un nombre de places limité. Elles peuvent refuser des candidats, même si des places restent vacantes.

Les formations non-sélectives, comme les licences générales, doivent accepter tout bachelier. En théorie. En pratique, elles sont souvent en tension, avec plus de demandes que de places. Un classement est alors établi. Le tirage au sort, utilisé sous APB, a été supprimé.

Ce que fait (vraiment) l’algorithme chaque jour

Le cœur du système, c’est un algorithme fondé sur le principe du mariage stable, formalisé en 1962 par David Gale et Lloyd Shapley. Il garantit une répartition équitable : aucune formation ni candidat ne peut préférer une autre affectation.

Chaque jour, l’algorithme suit le même cycle :

  • Le matin : les formations font des propositions d’admission selon leur classement, en anticipant les refus.
  • À midi : chaque candidat conserve la proposition qu’il préfère.
  • Le soir : les refus implicites sont enregistrés, les places libérées.
  • Le lendemain : les propositions restantes deviennent définitives si aucune réponse n’a été donnée.

Ce cycle se répète jusqu’à la fin de la phase principale.

Attente, effets domino, quotas : les coulisses du tri

À partir du 2 juin, beaucoup de candidats sont sur liste d’attente. Ils reçoivent trois informations : leur rang actuel, le nombre total d’attentes, le rang du dernier admis l’année précédente.
Les listes évoluent chaque jour, selon les désistements. Quand un candidat accepte une place, il en libère d’autres. Un effet domino se met en place. Des candidats très loin dans le classement peuvent être admis rapidement.

Des quotas de boursiers et des plafonds de non-résidents sont fixés par les recteurs. Un algorithme secondaire ajuste les classements pour respecter ces quotas. Il a permis à plusieurs milliers de boursiers d’obtenir une place qu’ils n’auraient pas eue autrement.

Du 11 juin au 10 septembre 2026, une phase complémentaire permet de formuler dix nouveaux vœux dans les formations avec des places disponibles. L’algorithme reste le même.

Parcoursup plus efficace qu’APB ?

Le système présente plusieurs avantages. Il supprime le classement obligatoire des vœux, en vigueur dans APB, et permet aux candidats d’exprimer leurs préférences au fil de l’évolution des propositions, sans risque stratégique. Le tirage au sort, très critiqué dans l’ancien système, a été supprimé.
Les critères d’évaluation sont désormais publics, ce qui marque un progrès en matière de transparence. L’algorithme n’est pas manipulable. Mentir sur ses préférences ne procure aucun avantage.

En contrepartie, la durée d’admission est plus longue : jusqu’à 40 jours, contre quelques jours seulement dans APB. Cela allonge l’attente, avec un stress accru pour de nombreux candidats. Enfin, malgré les ajustements, les inégalités territoriales et sociales ne disparaissent pas, et l’évaluation humaine continue d’introduire une part de subjectivité.



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