Afficher le sommaire Masquer le sommaire
Le 12 janvier, plusieurs sources industrielles et militaires asiatiques ont signalé une nette accélération de la production du J-35A, aussi appelé FC-31 à l’export. Construit par Shenyang Aircraft Corporation, ce chasseur furtif de catégorie moyenne entre dans une phase de montée en cadence qui s’inspire clairement du modèle du F-35 américain. Pékin affiche une ambition explicite : occuper une place crédible sur le marché des avions furtifs, avec une offre politiquement moins contraignante et plus accessible financièrement.
A LIRE AUSSI
Rafale et F-35 : le duel stratégique se précise
Une industrie au service d’une stratégie d’influence
L’augmentation des cadences n’est pas qu’une affaire d’usines. Elle s’inscrit dans une stratégie nationale de renforcement de l’autonomie technologique et de conquête de parts de marché dans l’armement. Là où le FC-31 avait démarré timidement, le J-35A bénéficie désormais d’un soutien étatique clair. L’expérience du J-20 a laissé une leçon : la valeur d’un avion de combat ne se limite pas à ses performances, elle repose aussi sur la capacité à produire en série et à soutenir une flotte sur la durée.
Les informations disponibles début 2026 évoquent une cadence de production de plusieurs dizaines d’appareils par an, avec un objectif à moyen terme de 40 à 50 unités annuelles. Loin des 150 F-35 produits certaines années, mais suffisant pour peser. Le J-35A est destiné à équiper les forces chinoises et à alimenter une stratégie commerciale offensive. Sa cible : les pays écartés du programme F-35 pour raisons politiques ou budgétaires, ou ceux souhaitant s’affranchir de la tutelle américaine.
Un avion pensé pour séduire les marchés intermédiaires
Le J-35A est une évolution du FC-31, initialement démonstrateur, devenu une plateforme opérationnelle. Les observateurs évoquent une cellule retravaillée, une signature radar réduite, des soutes internes et une avionique modernisée. Le prix annoncé est inférieur à celui du F-35, pour un contrat incluant avions, formation, armement et soutien, entre 4 et 6 milliards de dollars pour une flotte moyenne. La Chine vise les pays d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Afrique, là où elle dispose déjà d’une assise diplomatique et industrielle.
Chaque vente s’accompagne d’un package étendu : formation des pilotes, maintenance, parfois transferts technologiques. L’objectif est clair : établir une dépendance logistique durable. Le chasseur devient un outil de projection d’influence. Même si le J-35A ne prétend pas égaler le F-35 sur le plan technologique, il occupe une niche stratégique. Pékin ne cherche plus seulement à rattraper, elle veut imposer son propre modèle.


