Douai : 166 emplois vont être supprimés

La nouvelle est tombée comme un couperet : Sogefi quitte Douai, sacrifiant 166 emplois.

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La mécanique est connue, et elle se répète. Sogefi a annoncé la fermeture progressive de son site de Douai d’ici fin 2026. L’équipementier automobile, spécialisé dans les barres stabilisatrices pour utilitaires, emploie 166 personnes. Pour les salariés, c’est un coup de massue. Ils préparent une mobilisation nationale.

Le 4 décembre, à quelques semaines des fêtes, la direction a annoncé la fermeture définitive du site. L’annonce tombe d’autant plus durement que les équipes s’attendaient à entendre parler d’un accord de rebond et d’une relance de l’activité, pas d’un arrêt programmé.

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Une production divisée par plus de quatre

Derrière la décision, les chiffres racontent une lente dégradation. Le site produisait encore 4,7 millions de barres stabilisatrices il y a dix ans. Il n’en a livré qu’environ 1,1 million en 2025. Les effectifs ont décroché au même rythme : de 300 salariés en 2019, ils sont passés à 166, services centraux compris. Sauf reprise du site, près de 140 postes seront supprimés.
Les syndicats insistent sur ce qui ne se mesure pas seulement en volumes. Un savoir-faire est en péril. L’âge moyen des salariés est de 47 ans, avec souvent plus de vingt ans d’ancienneté. Beaucoup n’ont connu que cette entreprise, et la fermeture annoncée mettrait fin à un parcours professionnel construit, pour une part importante d’entre eux, sur un seul site et un seul métier.

20 centimes de trop, et Douai décroche

La stratégie industrielle est contestée. En 2023, le constructeur turc Tofas a été désigné pour produire le modèle K0, un véhicule utilitaire. Douai a été écartée au profit de sous-traitants turcs, sur la base d’un surcoût de 20 centimes par pièce. À partir de là, les volumes sont partis en Turquie et le site de Douai n’a plus été approvisionné au même niveau. En parallèle, l’usine n’a pas connu d’investissements significatifs depuis 2015.

Sur place, l’activité se poursuit, mais l’incrédulité domine. Pour une partie des salariés, cette usine a structuré une vie entière, et l’idée de sa fin est vécue comme un arrachement. Faute de solution concrète, une journée d’action est prévue à Paris, le 20 janvier. Les salariés espèrent être reçus au ministère de l’Économie, à Bercy, pour exposer l’impact social de cette fermeture.



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