L’Assurance maladie voit rouge. En 2025, 21 médicaments franchissent les 100 000 euros de coût annuel par patient. Dix ans plus tôt, un seul dépassait ce seuil. L’explosion des traitements innovants pèse de plus en plus lourd sur les finances publiques.
Le phénomène s’est emballé. Des traitements montent jusqu’à 185 000 euros par an, avant rabais négociés avec les laboratoires. Ces remises sont devenues la soupape du système, sans quoi la facture serait intenable.
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Des médicaments à plus d’un million d’euros
Le plus spectaculaire reste ailleurs. Deux médicaments, Bylvay et Myalepta, atteignent chacun plus de 1 million d’euros par an. Quelques dizaines de patients concernés, mais un impact budgétaire bien réel.
Le gros des dépenses vient du cancer. Deux anticancéreux, Keytruda et Darzalex, dépassent le milliard d’euros de remboursement en 2024. Une première. Le nombre de patients progresse de 3 % par an. L’effet de masse commence à compter.
La distorsion entre volume et coût est flagrante. Moins de 0,5 % des volumes remboursés, mais un tiers des dépenses. En moyenne, un médicament innovant coûte 3 801 euros par patient. Pour les anciens, c’est 161 euros.
L’alerte est claire. Le directeur de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, parle d’un risque sur la soutenabilité du système. L’arrivée massive de traitements très chers pour des maladies graves oblige à revoir les équilibres. L’appel est lancé. Il faut continuer à réguler les prix, mais aussi faire le ménage. Les médicaments sans bénéfice médical avéré, les fameux ASMR V, doivent laisser la place aux génériques et aux biosimilaires. Question de survie budgétaire.


