Quelle retraite pour les pharmaciens ?

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La pension moyenne des pharmaciens libéraux plafonne à 1 930 euros par mois. Un chiffre qui semble stable, mais dont la façade masque une réalité bien plus mouvante. Le système, longtemps considéré comme robuste, voit sa structure fragilisée par l’évolution rapide des formes d’exercice en officine.

Des réformes contournées par les nouvelles structures

Deux réformes successives ont redessiné les contours de ce régime. En 2009, la capitalisation obligatoire a été instaurée pour tous, avec un effet mécanique : la hausse temporaire des pensions. Puis en 2015, une cotisation proportionnelle aux revenus a été introduite. Un virage logique, mais dont l’impact réel a été largement neutralisé par la montée en puissance des sociétés d’exercice libéral. Avec ce modèle, les cotisations ne portent plus que sur la rémunération technique. Les dividendes, en dessous d’un certain seuil, échappent à toute ponction. Résultat : les droits à la retraite reculent, en silence.

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Face à cette érosion, la CAVP (Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens) travaille sur plusieurs scénarios. Une hausse du taux de cotisation est sur la table. À 19 % aujourd’hui, il reste bien en dessous des 28 % appliqués aux cadres salariés. Autre différence : contrairement à d’autres professions de santé, les pharmaciens ne peuvent compter sur un régime complémentaire adossé à la Sécurité sociale. Le socle est donc plus étroit.

Préparer tôt une retraite devenue incertaine

Mais difficile de corriger le tir sans regarder la réalité économique en face. Les marges des officines fondent. La transmission devient un casse-tête. Chaque année, entre 250 et 300 pharmacies ne trouvent pas de repreneur. Dans ce contexte, la caisse insiste : il faut anticiper, préparer sa retraite dès les premières années d’exercice. Certains choix — acquisitions trop chères, montages financiers mal calibrés — grèvent les cotisations, et donc les droits.

Le régime conserve pourtant des fondations saines. Il repose sur un modèle hybride, combinant répartition et capitalisation, avec une gouvernance assurée par les professionnels eux-mêmes. La gestion, prudente, a permis d’assurer, les bonnes années, des revalorisations supérieures à l’inflation. Mais ces bases ne suffisent plus. Le système doit s’adapter.



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