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Coup de théâtre à la veille de l’audience décisive du tribunal de commerce de Nanterre. Le groupe Eneris, seul candidat à la reprise de Naarea, a retiré son offre dans les dernières heures. Un désistement brutal qui menace directement l’avenir de la start-up nucléaire, en redressement judiciaire depuis septembre.
L’information est tombée mercredi, peu avant que le tribunal ne statue. Dans un courrier adressé à la juridiction, Eneris annonce qu’il ne reprendra pas Naarea. Aucune justification publique n’a été apportée. Le groupe, fondé par Artur Dela et immatriculé au Luxembourg, était pourtant le seul à avoir présenté une offre structurée.
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Une offre financière qui cochait toutes les cases
Cette offre, déposée le 7 janvier, prévoyait un apport immédiat de 5,5 millions d’euros, incluant le prix de cession et les premiers fonds propres. À cela s’ajoutait un plan de financement de 21 millions d’euros pour 2026, ainsi que la reprise de 107 salariés sur les 165 que compte l’entreprise. Le projet avait été examiné de près. Il n’en reste plus rien.
Naarea, créée en 2020, développe un mini-réacteur nucléaire à sels fondus. Un projet complexe, dans un secteur stratégique. La technologie vise à produire de l’électricité et de la chaleur décarbonée à partir de combustibles usés, avec une ambition claire : s’inscrire dans la course aux SMR et AMR. Elle avait levé 90 millions d’euros depuis sa création, dont 10 millions issus du plan France 2030.
Un secteur stratégique sans soutien suffisant
Mais cela ne suffit plus. Faute de nouveaux financements, la trésorerie s’est effondrée. La dette atteint 15 millions d’euros. Et malgré le soutien affiché de l’État, la start-up n’a pas trouvé d’ancrage suffisant dans un écosystème encore fragile. Le retrait d’Eneris laisse le tribunal sans alternative crédible. La liquidation judiciaire semble désormais l’option la plus probable.


