L’Allemagne refuse que l’Ukraine achète en priorité de l’armement européen

Berlin s’oppose à toute priorité accordée à l’industrie de défense européenne dans les achats ukrainiens.

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L’Union européenne a validé, le 18 décembre, un prêt à taux zéro de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine. Mais l’accord ouvre une nouvelle ligne de fracture : Berlin s’oppose à toute incitation à acheter en priorité du matériel militaire européen.

La France pousse pour une « préférence européenne ». En clair : utiliser cet argent pour soutenir l’industrie de défense du continent. L’idée s’inscrit dans un contexte où Kiev a déjà manifesté son intérêt pour des équipements français, notamment une centaine de Rafale. Mais l’Allemagne, appuyée par les Pays-Bas, rejette cette approche. Elle estime qu’elle limiterait la liberté de l’Ukraine à se procurer des armes adaptées à ses besoins.

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La Haye plaide l’urgence et la réalité industrielle

La Haye met en avant l’urgence. Selon une note diplomatique citée par Politico, l’Ukraine a besoin d’équipements que seule l’industrie américaine peut fournir à court terme : systèmes de défense aérienne, intercepteurs, pièces pour F-16, capacités de frappe en profondeur. L’industrie européenne n’est pas en mesure, selon elle, de livrer ces matériels dans les délais.

Les Pays-Bas proposent d’allouer 15 milliards d’euros à des achats hors d’Europe. Début décembre, plusieurs membres de l’Otan, dont l’Allemagne, ont annoncé des commandes d’armement américain au profit de l’Ukraine, pour environ un milliard d’euros, dans le cadre du programme PURL.

Berlin veut sa part du gâteau européen

Berlin va plus loin. Dans une lettre aux États membres, le gouvernement allemand affirme ne pas vouloir de « restrictions excessives » sur les achats ukrainiens. Il refuse toute limite sur les pays fournisseurs. Mais il demande que les entreprises des pays ayant fourni le plus d’aide bénéficient d’un traitement préférentiel. L’Allemagne rappelle qu’elle est le deuxième donateur mondial, derrière les États-Unis.

La France, isolée, ne reçoit pour l’instant que le soutien de la Grèce et de Chypre. Cette dernière assure la présidence tournante du Conseil de l’UE et se retrouve en position d’arbitre dans un débat où Berlin campe sur sa position.



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3 commentaires sur « L’Allemagne refuse que l’Ukraine achète en priorité de l’armement européen »

  1. Mon père né allemand est devenu francais de droit en 1920
    Après trois guerres les casques à pointes devraient être à la botte de l europe

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    • il est clair que l’Europe sous la direction de vander leyen prend toutes les décisions dans l’intérêt de l’Allemagne. son voyage en Inde où elle a été rejointe par Mertz en est le dernier exemple.

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  2. L’Allemagne est clairement anti-europe et anti-France, elle nous fait payer l’échec du Scaf qu’elle tente de ramener à elle.
    Elle ne fonctionne que pour elle quitte a écraser les autres pays Européens. Le Mercosur en est une flagrante démonstration, tant qu’elle vend ses bagnoles, les autres pans économiques Européens peuvent s’écrouler.
    Elle déclare qu’elle a aidé le plus l’Ukraine… ok! Mais qui assure et assume la défense Européenne depuis toutes ses années et pour quel prix pour les Français ! Je pense que la Syrie, la Libye, le Mali….. ne lui ai coûté grand chose! Elle ne rembourse qu’une infime partie de ce qu’elle doit en aidant l’Ukraine!

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