SNCF : nouvelle augmentation de salaire pour les cheminots

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À la SNCF, les négociations annuelles obligatoires viennent de s’achever. Sans surprise, elles débouchent sur une nouvelle hausse des salaires en 2026. Une confirmation dans un paysage qui change peu : la direction reste fidèle à une ligne de compromis social, de discussions posées et d’ajustements ciblés. Jean Castex, désormais officiellement aux commandes après l’intérim prolongé de Jean-Pierre Farandou, inscrit son action dans la continuité.

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SNCF : une prime de 400 euros pour éviter la grève

La méthode reste la même : dialogue « à froid », concessions progressives et stratégie de désamorçage. Cette année encore, la SNCF joue la montre en décalant les discussions à janvier, pour éviter toute montée de tension pendant les fêtes. L’entreprise a aussi dégainé une prime de 400 euros pour calmer les ardeurs. Résultat : aucune grève à Noël, un fait suffisamment rare pour être souligné.

Grève limitée, revendications élevées, hausse modeste proposée

Mais les syndicats les plus combatifs ne désarment pas. Ce 13 janvier, Sud Rail et la CGT avaient posé un préavis de grève. Faiblement suivi, affirme la direction, qui évoque une circulation normale. L’objectif était clair : peser sur le dernier tour de table. Les chiffres donnent le ton du bras de fer. En trois ans, les salaires ont progressé de +16,4 %, soit le double de l’inflation (+8,1 %). Pourtant, les revendications pour 2026 montent à +12 %. La direction répond par une proposition moyenne de +2,57 %, en mettant l’accent sur les plus bas revenus. Et elle fixe un plancher : aucun cheminot sous Smic +10 %, soit 1 594 euros nets.

Des bénéfices records pour alimenter les hausses salariales

Cette politique salariale ne tombe pas du ciel. Depuis la sortie de crise sanitaire, les comptes sont dans le vert. La direction évoque un bénéfice autour de 2 milliards d’euros pour 2025. En trois ans, le cumul atteindrait 5 milliards d’euros. La locomotive financière, c’est SNCF Voyageurs, et notamment les TGV. Les résultats permettent des redistributions, même si l’essentiel des dividendes alimente le fonds de concours du groupe, avec 1,7 milliard d’euros injecté en 2024 pour financer la régénération du réseau.

Face à la concurrence, garder les talents coûte que coûte

Mais le fond de l’affaire est ailleurs. La SNCF se prépare à la concurrence. Les appels d’offres régionaux se multiplient, les opérateurs alternatifs avancent leurs pions. Dans certaines villes, des cheminots envisagent déjà de changer de maison pour rejoindre Transdev ou RATP Dev. Même sur la grande vitesse, l’ère du monopole touche à sa fin : Trenitalia, Renfe, Velvet entrent en scène. La maintenance est sous surveillance, avec un risque de fuite des compétences vers l’aéronautique.

Enfin, il faut gérer les effets de la réforme de 2020. Le statut cheminot ne s’applique plus aux nouveaux entrants. La part des salariés sous contrat privé monte, avec un objectif de 50 % d’ici 2030. En attendant, la SNCF joue la carte de l’attractivité. Elle prévoit 6 000 recrutements en 2026. Et elle met en avant un record de candidatures : 450 000 CV reçus l’an dernier.



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