Combien gagnent William et Kate ?

Entre domaine royal et fortune privée, les revenus du prince William posent question. Découvrez la face cachée de sa richesse.

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Le chiffre est connu, inscrit noir sur blanc dans le rapport intégré du Duché de Cornouailles publié en juin 2025 : 22,9 millions de livres sterling (26,34 millions d’euros) pour l’exercice fiscal 2024-2025. Environ 26 millions d’euros. Ce montant, en léger recul par rapport aux 23,6 millions de livres (27,14 millions d’euros) perçus l’année précédente, constitue l’excédent distribuable du Duché, c’est-à-dire ce qui reste une fois les dépenses opérationnelles déduites.

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Ce n’est pas un salaire, du moins pas au sens habituel. Le Prince William, en tant qu’héritier du trône, ne perçoit pas une rémunération fixe comme un cadre supérieur. Il reçoit les revenus du Duché pour financer ses obligations officielles, les activités caritatives du couple et les dépenses privées de sa famille : Kate et leurs trois enfants, George (12 ans), Charlotte (10 ans) et Louis (7 ans).

Un domaine médiéval devenu empire foncier

Le Duché de Cornouailles, établi en 1337 par Édouard III, est un mécanisme médiéval conçu pour garantir une indépendance financière à l’héritier du trône. Aujourd’hui, il s’étend sur près de 53 000 hectares dans 20 comtés d’Angleterre et du Pays de Galles. Son portefeuille comprend terres agricoles, forêts, résidences, actifs commerciaux et investissements financiers. Valeur totale estimée : plus d’un milliard de dollars.

Parmi les biens emblématiques : Highgrove House, Guy’s Estate, Cradley Estate, et l’Oval, terrain de cricket londonien. Le domaine dégage chaque année plus de 25 millions d’euros de revenus bruts avant dépenses.

Sur les 22,9 millions de livres (26,34 millions d’euros) perçus, une part significative est absorbée par les frais liés à la fonction : déplacements officiels, sécurité, entretien des résidences, personnel domestique, et dépenses familiales. Rien n’indique que cet argent vienne gonfler un compte personnel.

Impôts : la rupture avec la transparence du roi Charles

Reste la question de la fiscalité. Le Roi Charles, lorsqu’il était duc de Cornouailles, publiait le montant de ses impôts – 5,89 millions de livres (6,77 millions d’euros) pour l’exercice 2021-2022. William a rompu avec cette tradition. Il affirme payer des impôts, mais sans en divulguer les montants. Le communiqué de son secrétaire personnel, Ian Patrick, se limite à indiquer que le Prince paie le taux marginal le plus élevé, soit 45 % au-delà de 125 140 livres (143 911 euros) annuelles. Les analystes estiment qu’il aurait versé environ 10,2 millions de livres (11,73 millions d’euros) d’impôt en 2024-2025, après déduction des frais admissibles.

Le Prince pourrait légalement se prévaloir de l’exemption fiscale accordée à la Couronne. Il choisit de ne pas le faire. Mais l’absence de transparence alimente les doutes.

Résidences et patrimoine privé : un couple très fortuné

En octobre 2025, William et Kate ont quitté le Palais de Kensington pour Forest Lodge, propriété de huit chambres située dans le Windsor Home Park Estate. Valeur estimée : 16 millions de livres (18,4 millions d’euros). Un « forever home » selon leurs proches. Ils conservent Anmer Hall en Norfolk, résidence secondaire de dix chambres, offerte par la Reine Elizabeth II en 2013.

À ces revenus réguliers s’ajoute une fortune personnelle. Le Sunday Times estimait en 2024 que William possédait 1,3 milliard de livres (1,495 milliard d’euros) – davantage que Charles avant son accession au trône. Kate, issue d’une famille aisée, détient environ 10 millions de dollars. Les Middleton ont bâti leur fortune grâce à leur entreprise Party Pieces. William a également hérité d’une partie des 10 millions de dollars de Diana, ainsi que d’un trust de la Reine Mère.

Ils n’encaissent pas directement les revenus du Sovereign Grant132,1 millions de livres (151,92 millions d’euros) pour 2025-2026 –, destiné aux fonctions officielles de la monarchie et à l’entretien des palais. Ce budget, financé par les revenus du Crown Estate, couvre les frais d’État, pas les dépenses privées.

Une fondation à plusieurs millions pour quelques causes clés

Sur le plan philanthropique, leur fondation – la Royal Foundation – a enregistré 12 168 503 livres (13,99 millions d’euros) de revenus en 2024, en hausse de 53 %. Elle consacre entre 80 et 86 % de ses fonds à ses missions : lutte contre le sans-abrisme (Homewards), développement de la petite enfance, protection de la faune sauvage, résilience communautaire. Le couple supervise aussi l’Earthshot Prize, doté de 5 à 6 millions de livres (5,75 à 6,9 millions d’euros) annuels, pour l’innovation environnementale.

Mais cette richesse ne va pas sans critiques. L’association Republic dénonce la structure même du Duché, qu’elle considère comme propriété publique, non privée. Selon cette logique, les revenus de William proviendraient en réalité d’un détournement de ressources collectives. Le rapport Ditch the Duchies pointe un paradoxe : des coupes budgétaires dans les services publics locaux pendant que le Duché engrange 23 millions de livres (26,45 millions d’euros) par an. En Cornouailles, des associations ferment faute de financements – pendant que le Duché loue des prisons vides ou des entrepôts au NHS pour plusieurs millions.

Les défenseurs de la monarchie rappellent que ces revenus sont liés à des actifs détenus depuis des siècles et gérés comme n’importe quel portefeuille foncier privé. Les opposants, eux, soulignent le caractère hérité et les mécanismes d’exemption fiscale. Une vieille histoire britannique, entre rente, fonction symbolique et enjeux démocratiques.



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